Ecole libre Waldorf

Institut pour une triarticulation sociale
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Collection: 111 - Qu'est-ce qu'une école libre ?
Sujet : Abrégé de la tri-articulation.
 
Les références Rudolf Steiner Oeuvres complètes GA337a 202-206 (1999) 16/06/1920
Traducteur: FG Editeur: SITE

 

Aujourd’hui l’humain veut à partir de sa plus profonde intériorité, que l’esprit contribue à la définition des structures sociales. Mais cela peut seulement se passer quand la vie de l’esprit ne reste plus un appendice de l’État issu de la vieille domination du sang, mais quand la vie de l’esprit sera fondée sur elle-même, quand la vie de l’esprit œuvre seulement d’après les impulsions qui résident en elle-même.
Alors, on pourra attendre des humains qui dirigent cette vie de l’esprit, qu’ils fassent ce qui leur incombe – nous allons tout de suite parler de certains plus avant, de ce qui leur incombe ; beaucoup est donc exposé dans les « Points fondamentaux » -, notamment d’introduire les humains dans la structure sociale d’après la reconnaissance des dons, de l’application et ainsi de suite, qu’ils fassent cela vraiment sans lois, purement par la connaissance des conditions naturelles. Et l’on devra dire : sur les domaines de la vie de l’esprit, qui se tiennent là pour eux-mêmes et qui agiront de leurs propres impulsions, là seront les connaissances du factuel qui œuvre déterminant.
Disons donc brièvement : la vie de l’esprit, la partie spirituelle de l’organisme social, promeut comme son droit des connaissances [des forces factuelles], mais qui sont des connaissances-dynamisme (NDT : ou connaissances-énergie)...
Mes très chers participants, jusque dans les conditions factuelles, tout notre organisme social est donc, aussi loin qu’œuvre en lui le spirituel, attaché à ce qui apparaît avec chaque nouvelle génération, oui, ce qui avec chaque nouvel humain introduit de nouvelles forces dans l’organisme social de profondeurs indéterminées. Prenez le temps présent actuel. Avez vous la permission d’une quelconque manière, à partir des conditions du temps actuel, si vous pensez avec l’humanité, d’instituer une quelconque organisation qui détermine d’une manière toute déterminée la vie en commun des humains ?
Non, vous n’en avez pas le droit ! Car avec chaque nouvel humain individuel, de profondeurs inconnues, naîtrons de nouvelles forces ; celles-ci nous avons à éduquer, et nous avons à attendre, ce qu’elles introduisent dans la vie. Nous n’avons pas à tyranniser et dogmatiser par des lois ou une organisation déjà existante ce qui est porté dans la vie par les talents spirituels ; nous devons saisir sans prévention ce qui est introduit par les mondes spirituels, nous n’avons pas le droit de le tyranniser et dogmatiser par ce qui est déjà là. À cause de cela nous avons besoin d’un membre de l’organisme social tel qu’il agit totalement à partir de la liberté, à partir de la liberté naissant toujours nouvelle dans l’humanité par les talents humains.
Le deuxième membre de l’organisme social, la vie étatique-juridique, celle-là est déjà un peu moins dépendante de ce qui vient de mondes spirituels. Car comme nous le savons, dans le domaine de la vie du droit, de la vie de l’état, l’être humain devenu majeur se manifeste. Et mes très chers participants, lorsque nous sommes devenus majeurs, nous a déjà en fait saisi une grosse part de médiocrité.
Là le nivellement de la philistrosité nous a, dans une certaine mesure, tapé dans la nuque. Et aussi loin que nous sommes tous pareil des humains devenus majeurs, nous sommes déjà un peu – ce ne doit pas du tout être dit dans un sens grave – dans une certain sens dans les œillères de la philistrosité. Nous sommes dans ce qui peut être réglé par des lois.
Mais vous direz : oui, nous ne pouvons quand même pas faire dépendre toute la vie spirituelle des enfants ; là le talent spirituel, la faculté spirituelle et le zèle spirituel doivent aller au-delà de l'âge de la maturité. – Au fond pas, aussi paradoxal que cela sonne. Car lorsque nous sommes arrivés au-delà de la vingtaine, nos facultés dépassant la mesure moyenne, reposent justement sur ce que – la recherche en science spirituelle nous le montre sans arrêt – nous nous sommes préservé de ce que avons eu comme talent dans l’enfance et ainsi de suite.
Et le plus grand génie est l’humain qui le plus souvent importe les forces de l’enfance dans la trentaine, quarantaine ou cinquantaine.
On n’exerce alors seulement ces forces de l’enfance avec l’organisme mûr, l’âme mûre et la spiritualité mûre, mais ce sont les forces de l’enfance. Notre culture a maintenant donc malheureusement la particularité, qu’elle abat autant que possible à mort ces forces de l’enfance de sorte que chez un nombre autant que possible réduit d’humains, les particularités enfantines restent jusqu’à un âge philistin et « déphilistrisent » les humains. Car en fait tout le non-être-philistin réside en ce que justement les forces d’enfance conservées nous « déphilistrisent », qu’elles percent au travers dans la tardive « philistinité ».
Mais parce que là surgit quelque chose, qui ne doit pas être renouvelé continuellement en regard des actuels besoins de conscience de l’humanité, dans les temps récents les rapports de la vie de droit et d’État peuvent seulement être réglés par des lois sur un sol démocratique. Les lois ne sont pas des connaissances. Aux connaissances nous devons toujours nous situer face à la réalité, et de la réalité nous devons recevoir l’impulsion pour arriver à ce que nous devons faire. C’est ainsi pour l’éducation et aussi pour tout le reste, dont j’ai montré dans les « Points fondamentaux » que cela doit partir du membre spirituel de l’organisme social. Pour les lois, comment est-ce là ? Les lois seront données, afin que la vie étatique-politique, la vie de droit, puisse exister. Mais on doit attendre jusqu’à ce que quelqu’un ait besoin d’agir dans le sens d’une loi, alors seulement il doit se soucier de cette loi. Ou on doit attendre après la mise en œuvre de la loi, jusqu’à ce que quelqu’un l’enfreigne. Bref, la loi est toujours là pour quelque chose, mais seulement pour le cas, qui éventuellement peut survenir. L’être de l’éventualité, le casus eventualis est toujours mis en avant. C’est toujours ce qui doit être au fondement de la loi. On doit attendre que l’on puisse faire quelque chose avec la loi. La loi peut être là ; quand elle n’interfère pas dans ma sphère, alors la loi ne m’intéresse pas. Il y a donc aujourd’hui beaucoup d’humains qui croient, qu’ils s’intéressent à la loi en général, mais c’est quand même ainsi que je l’ai maintenant esquissé – si quelqu’un est honnête, il doit le concéder. Donc, la loi est quelque chose, qui est là, mais qui doit travailler sur l’éventualité. C’est ce qui a seulement à reposer en fondement de la partie juridique, étatique, politique de l’organisme tri-articulé.
016 – Avec le membre économique on ne s’en sort pas avec la loi, car il ne suffit pas de donner quelque peu purement des lois sur si l'un à partir de tel ou tel autre devrait être livré de telle ou telle autre condition d’une certaine manière. Là on ne peut pas travailler à partir d’éventualités. Là s’introduit un troisième à côté de la connaissance et à côté de la loi, c’est le contrat, le contrat déterminé, qui est conclu entre ceux, – les corporations et les associations – qui gèrent qui ne travaillent pas comme la loi à partir d’éventualités, mais qui travaillent sur ce qui est bien précisément accompli. Tout comme la connaissance doit régner dans la vie spirituelle et comme la loi dans la vie étatique-politique-juridique, ainsi doit régner le contrat, le système de contrat dans toutes ses ramifications dans la vie économique. Le système de contrat qui est basé non sur l’éventualité, mais sur l’engagement, c’est sur cela, que doit agir tout ce que vous trouverez esquissé dans les « Points fondamentaux » comme troisième membre de l’organisme social.
017 – Nous pouvons donc dire, nous avons là trois points de vue évocateurs, à partir desquels nous pouvons comprendre, comment doit être l’essence de ces trois membres. Tout ce qui dépend des connaissances dans la vie, cela doit être administré sur le sol libre du membre spirituel. Tout ce qui, dans la vie, peut être enserré dans des lois, appartient à l’État. Tout ce qui dépend d’un contrat engageant doit être inséré dans la vie économique.
Mes très chers présents, quand les gens croient que ce qui a été exposé dans les « Points fondamentaux » est une paire d’idées tirées par les cheveux, ainsi ils se fourvoient beaucoup. Sur ce qui est exprimé dans les « Points fondamentaux », on peut continuellement parler des points de vue les plus différents, comme c’est pour un arbre qu’on photographie : d’un côté on a cet aspect, du deuxième côté un deuxième, d’un troisième, quatrième, cela donne de nouveau une autre image et ainsi de suite. C’est ce qui est particulier : quand quelque chose est de la vie, quand ce n’est pas purement une utopie embrouillée ou une idée embrouillée, mais vraiment de la vie, ainsi on peut toujours trouver de nouveaux points de vue, parce que la vie est diversement riche dans ses contenus. [La tri-articulation compte avec la diversité de la vie.] On ne peut au fond pas finir d'apprendre [partout dans cette diversité] à voir les nécessités de la tri-articulation de l’organisme social. Mais elle n’est pas une quelque chose d’indéterminé, de nébuleux, mais quelque chose qui peut être saisi dans les concepts les plus aigus, comme je vous le montrais de nouveau aujourd’hui en rapport à la connaissance, la loi et le contrat.