Ecole libre Waldorf

Institut pour une triarticulation sociale
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Collection: 111 - Qu'est-ce qu'une école libre ?
Sujet : Le professeur est "autonome" aussi avec le plan scolaire Waldorf.
 
Les références Rudolf Steiner Oeuvres complètes GA311 036-037 (1989) 13/08/1924
Traducteur: Henriette Bideau Editeur: Triades

 

Entrez chez nous dans la classe A, vous y verrez un maître ou une maîtresse qui fait de l’écriture. Elle fait faire aux enfants toutes sortes de formes, disons à l’aide de fils, puis ces formes sont reprises en peinture, et peu à peu on voit naître les lettres. Une autre maîtresse aura envie de procéder tout autrement. Si vous entrez dans la classe B, vous verrez danser les enfants. La maîtresse veut qu’ils vivent les formes par leur corps tout entier. Puis elle les leur fait fixer sur le papier. Vous ne verrez jamais les choses se faire de même dans la classe A, en B et en C. On y fait bien le même travail, mais par un tout autre chemin. L’imagination créatrice règne librement. On ne connaît pas d’instructions, mais seulement l’esprit de l’École Waldorf, et il est très important de saisir cela. Le maître est indépendant. À l’intérieur du champ d’action de cet esprit, il peut faire ce qu’il tient pour juste. Vous me direz : Mais si chacun peut faire ce qu’il veut, le plus grand chaos peut naître. On entre dans la 5e A, on y trouve Dieu sait quels micmacs. Puis on entre dans la 5` B, et on y voit jouer aux échecs. — Or, ce qui est très important, c’est que cela ne se passe pas ainsi à l’École Waldorf. Partout règne la liberté, et vous rencontrez dans chaque classe l'esprit qui correspond à l’âge des enfants.

Prenez les cours du Séminaire 2, vous verrez qu’ils laissent la plus grande liberté, et pourtant ils introduisent dans chaque classe ce qui doit y être fait. Le plus étrange, c’est qu’aucun professeur ne s’est jamais dressé contre cela. Tous s’ouvrent de bon gré à cet esprit unifiant. Aucun n’est contre, aucun ne veut quelque chose à part. Au contraire, le désir s’est souvent exprimé de parler le plus possible, dans les réunions du collège des professeurs, du travail qui doit être fait dans les classes.
Et pourquoi aucun des maîtres ne s’oppose-t-il au plan scolaire ? Nous travaillons déjà depuis plusieurs années. Quelle est, pensez-vous, la raison de cet accord ? — C’est que chacun trouve le plan plein de sens. Il ne lui voit rien de déraisonnable. Dans sa liberté, il le trouve tout à fait sensé, parce. qu’il est lié à une véritable, à une réelle connaissance de l’être humain. C’est justement lorsqu’on parle de l’enseignement tel qu’il doit naître de l’imagination, que l’on voit combien la liberté est nécessaire. Et celle-ci règne vraiment. Chacun des maîtres a chez nous le sentiment, non seulement qu’il trouve des choses qui sont vraiment nées de lui, qu’il puise dans sa propre imagination, mais j’ai de plus en plus la conviction — soit que je me trouve en conseil avec les professeurs, soit que j’entre dans une classe — que chacun d’eux, lorsqu’il est en classe, oublie que le plan a été établi et fixé. Au moment où il enseigne, il le tient pour son œuvre propre. C’est le sentiment que j’ai lorsque j’entre.
Ce sont les choses que l’on obtient en se fondant sur une connaissance réelle de l’être humain. Il me faut parler ainsi, même si vous pensez que c’est par vanité ; c’est simplement pour que vous le sachiez et que vous puissiez faire de même : que vous voyiez comment une véritable connaissance de l’être humain engendre quelque chose qui pénètre aussi réellement en l’enfant.