Ecole libre Waldorf

Institut pour une triarticulation sociale
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Collection: 111 - Qu'est-ce qu'une école libre ?

Sujet : Déçu par les anthroposophes.

 
Les références Rudolf Steiner Oeuvres complètes GA298 156-161 (1980) 20/06/1922
Traducteur: Vincent Choisnel Editeur: Novalis

 

En fin de compte, le mouvement de l’école Waldorf est lié au mouvement pour la tri-articulation sociale. Le mouvement de l’école Waldorf est seulement pensable dans une libre vie de l’esprit. Ce que nous avons d’abord trouvé comme intérêt de la pensée n’est pas passé à un intérêt volontaire. Quand nous avons tenté de mettre en pratique le seul moyen d’aller au-delà de l’Europe du Centre, la fondation de l’Union mondiale des écoles 4°, la fondation de l’Union mondiale des écoles qui devait embrasser tout le mode civilisé a échoué. La tentative de secouer la foi qu’avaient les gens dans la nécessité d’un autre système scolaire, ce que nous avons tenté de faire sous la forme de l’Union mondiale des écoles a connu un lamentable fiasco. On se sent si affreusement repoussé quand on fait appel à la volonté. Je ne parle pas ici de lancer un appel financier. Nous manquons d’argent mais nous manquons beaucoup plus de volonté. L’intérêt des gens n’est pas assez profond, sinon cet intérêt s'étendrait aux domaines qui conviennent. [
Nous avons pu fonder l'école Waldorf. Monsieur Stockmeyeen a lu le décret42 dont le résultat est qu'à la date de Pâques 1925, nous perdrons la première classe et progressivement les quatre classes inférieures. Nous n'aurions guère pu les fonder ailleurs. Avec la fondation de l'école Waldorf a été saisi le moment opportun où il était possible de faire une chose pareille. C'est toujours pour nous l'occasion de désigner quelque chose comme l'action de puissantes forces de décadence, quand l'enseignement est livré ä un schématisme général. On peut toujours ä nouveau dire comment ce qui est donné dans la constitution de l'école primaire est arrivé ä sa phase ultime, on peut le dire : dans le système scolaire de Lounatcharski en Russie soviétique c'est désormais réalisé ! Les gens pensent là-bas comme ils penseront chez nous quand on appliquera cela dans toutes ses conséquences. La misère dans l'Est de l'Europe est ce qui résulte du fait qu'une telle manière de penser portant sur des écoles non libres trouve ses voies dans la pratique.
Pour susciter aujourd'hui l'enthousiasme avec des discours tels que les gens sentent ruisseler dans leurs âmes le sang spirituel, et sentir : Il faut qu'un grand nombre de personnes qui comprennent cela s'investissent, il faut répandre une opinion publique —, avec de tels discours, je dois dire, quand j'ai toujours pu passer au cours des vingt dernières années de la diffusion de l'idée spirituelle ä un langage qui ne faisait pas seulement appel aux coeurs dans un sens théorique, mais aussi aux coeurs en tant qu'organes de volonté —,] je me sentais ainsi dans la Société anthroposophique, plus tard aussi dans d’autres sociétés, tel que je me disais : est-ce que ces gens n’ont pas d’oreilles ? — Il semble qu’on n’ait pas su entendre ce qui devait passer des paroles aux actes. Assister au fiasco de l’Union mondiale des écoles était une chose qui pouvait mener au désespoir.
Les chiffres du budget scolaire parlent par eux-mêmes ; mais ce qui va au-delà du langage des chiffres, c’est ce qu’il faudrait souligner : c’est la souffrance immense que l’on éprouve aujourd’hui quand on se heurte au manque d’intérêt qui existe dans de très vastes cercles. C’est là que nous sommes obligés de nous dire : Certes, dans ces cercles, l’intérêt existe pour une chose comme l’école Waldorf, mais il faut aussi que l’intérêt pour les bases qui ont été données à l’école Waldorf se répande de façon beaucoup plus intense que cela ne se manifeste aujourd’hui d’une façon ou d’une autre. [Comment pense-t-on quand est donné lecture d'un texte tel que ce décret ? On pense : Oui, peut-être trouvera-t-on des moyens et des solutions pour faire passer les petites classes pendant quelques années. Même dans des cercles plus étroits, on ne pense pas grand-chose d'autre : Peut-être aurons-nous encore pendant quelques petites années la possibilité de faire passer cela. Mais ce dont il s'agit, c'est que chacun se mette ä l’œuvre aujourd’hui. ] Il faut que le système scolaire se développe librement, comme cela a été souligné depuis 1919. Cela ne peut, bien entendu, pas se réaliser autrement que si, en plus des membres de nos différentes associations, qui sont tout à fait d’accord qu’une telle chose existe, que l’on reçoive ce qu’ils veulent offrir, on trouve en plus d’eux toujours plus de gens qui deviennent des membres participant activement. Il faut d’abord que la volonté naisse !
Je dirais que mon calcul est le suivant : si les chiffres parlent, nous pouvons dire que nous n’avons pas d’argent. Alors, on va de nouveau boucher un trou tant bien que mal en faisant une collecte. Mais même dans la méthode, nous n’avançons pas. Nous n’avançons qu’avec la méthode que nous nous étions proposée quand nous avions parlé de l’Union mondiale des écoles. Nous devons avoir énergiquement foi dans le fait que ce qu’on entreprend devienne vraiment une composante de l’opinion publique. Pour maintenir l’école Waldorf et pour continuer à fonder des écoles, il nous faut une opinion publique qui devienne de plus en plus grande, qui soit convaincue que l’esprit de l’ancien système scolaire ne mène dans l’humanité qu’à des forces de décadence. C’est cela qu’il nous faut. Ce n’est que si nous pouvons nous renforcer dans l’idée de ne pas seulement fonder, exclusivement, ici ou là une école de plaisantins, pour pratiquer une sorte de charlatanerie pédagogique, ce n’est que si nous nous décidons à introduire nos principes éducatifs dans l’opinion publique, de sorte qu’ils deviennent une conviction intime pour des parents comme pour des gens qui ne le sont pas, que nous avancerons !

Maintenant, pardonnez-moi si je n’évite vraiment pas, en quelque sorte, de dire : Je sais que beaucoup reconnaîtront comme juste ce que je viens de dire, qu’ils le trouveront tout à fait juste, mais on ne le reconnaîtra vraiment comme juste que si l’on fait quelque chose ! Si l’on fait quelque chose ! C’est pourquoi il faudrait surtout veiller à ce que nous ne fondions pas seulement des écoles à partir du cercle des moyens que nous avons déjà, à partir de nos branches et des bourses qu’on a déjà vidées, aussi bien que possible nous devons nous efforcer d’agir pour les idées, de sorte que les idées gagnent un nombre toujours plus grand de personnes.
À cet égard, nous avons fait l’expérience opposée. L’actuel numéro du journal pour la tri-articulation sociale annonce qu’il sera à l’avenir une revue pour l’anthroposophie.

Pourquoi ? Parce que les débuts très prometteurs accomplis dans la connaissance de la tri-articulation sociale se sont perdus dans le sable. Parce que nous devons, au fond, revenir à ce qui était déjà notre ligne de conduite autrefois, avant le mouvement pour la tri-articulation. Bien qu’on ait beaucoup parlé de la tri-articulation sociale, il en est de nouveau ainsi que l’on tombe dans le désespoir quand on discute avec les gens. Que cela doive devenir une chose appelée à devenir opinion publique, c’est ce qu’il nous faut avant tout si nous voulons avancer avec l’école Waldorf.
Il faut bien dire que je parle de cela depuis assez longtemps. Mais tout trouve un écho plutôt que ce que j'ai dit aujourd’hui.