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Œuvres complètes de Rudolf Steiner - GA 082




QUATRIÈME CONFÉRENCE
LA MÉTHODE DE RECHERCHE ANTHROPOSOPHIQUE.
La Haye, 10 avril 1922.
VIERTER VORTRAG
DIE ANTHROPOSOPHISCHE FORSCHUNGSMETHODE.
Den Haag, 10. April 1922.

 


 

Les références Rudolf Steiner Œuvres complètes ga 082 112-145 1994 10/04/1922



Original





Traducteur: FG v.01 - 19/11/2022 Éditeur: SITE


 

Ce qui semble le plus déconcertant dans l'anthroposophie pour beaucoup d'humains qui ne la connaissent pas encore plus exactement, c'est que cette anthroposophie ne doit pas seulement parler d'autre chose que ce que l'on a l'habitude d'entendre aujourd'hui dans la science extérieure et dans la vie, mais qu'elle doit aussi parler d'une autre manière, sous une autre forme. Et dans un certain sens, c'est justement cette autre manière de s'exprimer, cette autre forme, que l'on pardonne le moins à l'anthroposophie. On commence alors tout de suite à mesurer, à critiquer ce que l'anthroposophie a à dire par rapport à ce que l'on a l'habitude de voir dans la science et la vie actuelles.

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Was an der Anthroposophie für viele Menschen, die sie noch nicht genauer kennen, am meisten befremdend wirkt, das ist, daß diese Anthroposophie nicht nur zu reden hat über anderes, als man heute gewohnt ist, in der äußeren Wissenschaft und im Leben zu hören, sondern daß sie auch in anderer Weise, in anderer Form reden muß. Und in einem gewissen Sinne verzeiht man der Anthroposophie gerade diese andere Ausdrucksweise, diese andere Form am wenigsten. Man beginnt dann sogleich, dasjenige, was Anthroposophie zu sagen hat, zu messen, zu kritisieren durch dasjenige, was man gewöhnt ist, was man sonst in der heutigen Wissenschaft und im heutigen Leben hat.

Ce que je viens de dire devra sans doute ressortir le plus aujourd'hui, alors que je dois m'exprimer devant vous sur la façon et la manière, sur les méthodes par lesquelles l'anthroposophie parvient à ses résultats de recherche. Ces méthodes ont en effet quelque chose de très différent des méthodes d'observation extérieures et des méthodes de pensée habituelles. Aujourd'hui, lorsqu'on parle de méthodologie scientifique, on est habitué à ce que l'on explique des choses qui viennent de l'extérieur à l'humain : Observations, expériences, etc. Et dans le traitement de l'observation et de l'expérimentation, on voit alors les méthodes de la recherche.

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Es wird das, was ich eben gesagt habe, wohl am meisten hervortreten müssen heute, wo ich vor Ihnen zu sprechen habe über die Art und Weise, über die Methoden, wie Anthroposophie zu ihren Forschungsergebnissen gelangt. Diese Methoden haben ja etwas ganz anderes an sich als die äußeren Beobachtungsmethoden und auch als die gewöhnlichen Denkmethoden. Man ist heute gewöhnt, wenn von wissenschaftlicher Methodik geredet wird, Dinge erklärt zu bekommen, die von außen an den Menschen herankommen: Beobachtungen, Experimente und so weiter. Und in der Behandlung der Beobachtung und des Experiments sieht man dann die Methoden der Forschung.

Ce n'est pas le cas de l'anthroposophie, en particulier lorsqu'il s'agit de la fondation de cette anthroposophie. Et c'est principalement de cela que je veux parler aujourd'hui. Certes, si l'anthroposophie, comme il ressort des discussions déjà menées ici, se répand dans les différentes sciences, en mathématiques, en physique, en chimie, en biologie, etc., les méthodes de recherche spirituelle dont je dois parler aujourd'hui entreront en contact, d'une manière ou d'une autre, avec les méthodes d'expérimentation et d'observation auxquelles on est habitué en clinique, en laboratoire, à l'observatoire, etc. Mais aujourd'hui, il doit d'abord s'agir pour nous de la fondation, de la manière dont on entre dans l'état d'âme par lequel on peut présenter au monde des résultats anthroposophiques. Il s'agit ici du fait que l'on ne peut faire de la recherche dans le domaine de l'anthroposophie que si le chercheur développe ses forces de l'âme, ses forces de connaissance, plus qu'elles ne le sont dans la vie ordinaire, dans la science ordinaire. Il faut développer ce que j'appellerais la modestie intellectuelle. On peut caractériser cette modestie intellectuelle de la manière suivante. Pensez à l'époque où vous étiez enfant, pensez aux expériences d'âme sourdes de votre première enfance. On doit se dire que la vision claire de la vie et de l'environnement mondial que l'on a acquise plus tard dans la vie, faisait encore défaut. La capacité d'orientation face au monde faisait encore défaut. On a développé tout cela en soi. Par rapport à l'enfance, on est devenu un tout autre humain, non seulement sur le plan physique et charnel, mais aussi sur le plan psychique et spirituel. Des facultés ont jailli de l'intérieur, qui nous servent désormais dans la vie et dans la science. Tel est aujourd'hui l'état de l'âme humaine, tel est l'humain qui se dit : "Certes, l'éducation et la vie ont fait sortir de mon intérieur certaines facultés depuis mon enfance. Mais maintenant, j'en ai fini. Maintenant, j'ai certaines capacités ; avec elles, je veux connaître le monde, avec elles, je veux me placer dans le monde en tant qu'humain agissant, en tant qu'humain actif ; avec elles, je veux aussi évaluer mes impulsions religieuses, mes impulsions morales. On ne se dit pas : ce qui s'est passé avec l'âme humaine depuis l'enfance jusqu'à maintenant pourrait peut-être continuer à se dérouler. On pourrait aussi se dire : je pourrais tirer d'autres capacités de mon âme. Je ferais alors de moi, en toute conscience, un humain avec une toute autre capacité d'âme, un humain qui se distinguerait peut-être autant de l'humain normal d'aujourd'hui que je me distingue moi-même, dans ma constitution d'âme actuelle, de la constitution d'âme enfantine.

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So ist es bei Anthroposophie nicht, insbesondere dann nicht, wenn es sich um die Grundlegung dieser Anthroposophie handelt. Und von der habe ich ja heute hauptsächlich zu sprechen. Gewiß, wenn dann Anthroposophie, wie ja auch aus den hier schon gepflogenen Auseinandersetzungen hervorgeht, sich verbreitet über die einzelnen Wissenschaften, über Mathematik, Physik, Chemie, Biologie und so weiter, dann werden sich die Methoden der geistigen Forschung, von denen ich heute zu reden habe, in irgendeinem Punkte berühren mit den Experimental- und Beobachtungsmethoden, die man sonst gewöhnt ist in der Klinik, im Laboratorium, auf der Sternwarte und so weiter. Aber heute soll es sich für uns zunächst um die Grundlegung handeln, um die Art gewissermaßen, wie man hineinkommt in diejenige Seelenverfassung, durch die man überhaupt anthroposophische Ergebnisse vor die Welt hinstellen kann. Da handelt es sich durchaus darum, daß auf dem Gebiete der Anthroposophie erst geforscht werden kann, wenn der Forscher seine Seelenkräfte, seine Erkenntniskräfte weiter ausbildet, als sie im gewöhnlichen Leben, in der gewöhnlichen Wissenschaft sind. Man muß dasjenige entwickeln, was ich nennen möchte intellektuelle Bescheidenheit. Diese intellektuelle Bescheidenheit kann man etwa in der folgenden Weise charakterisieren. Man denke zurück an die Zeit, als man ein Kind war, denke an die seelisch-dumpfen Erlebnisse der ersten Kindheit. Man wird sich sagen müssen, der klare Überblick über das Leben und über die Weltumgebung, den man im späteren Leben sich erworben hat, der fehlte da noch. Das Orientierungsvermögen der Welt gegenüber fehlte noch. Das alles hat man in sich entwickelt. Man ist gegenüber seiner Kindheit außer dem Körperlich-Leiblichen auch seelisch-geistig ein ganz anderer Mensch geworden. Fähigkeiten sind herausgesproßt aus dem Inneren, die einem nunmehr im Leben und in der Wissenschaft dienen. So, wie nun heute einmal die menschliche Seelenverfassung ist, so sagt sich eben der Mensch: Gewiß, Erziehung und Leben haben seit meiner Kindheit gewisse Fähigkeiten aus meinem Inneren hervorgezogen. Aber jetzt bin ich auch fertig. Jetzt habe ich gewisse Fähigkeiten; mit denen will ich die Welt erkennen, mit denen will ich mich als handelnder, als tätiger Mensch in die Welt hineinstellen; mit denen will ich auch beurteilen meine religiösen, meine sittlichen Impulse. Man sagt sich nicht: Dasjenige, was von der Kindheit bis jetzt mit der menschlichen Seele sich abgespielt hat, das könnte sich vielleicht auch weiter abspielen. Man könnte sich ja auch sagen: Ich könnte ja weitere Fähigkeiten aus meiner Seele herausholen. Dann würde ich mit voller Bewußtheit aus mir einen Menschen mit einem ganz anderen Seelenvermögen machen, einen Menschen, der sich vielleicht von dem heutigen normalen Menschen ebenso unterschiede, wie ich mich selber in meiner jetzigen Seelenverfassung von der kindlichen Seelenverfassung unterscheide.

Comme je l'ai dit, il faut de la modestie intellectuelle pour se dire, à un certain moment de sa vie, ce que je viens de caractériser, et ensuite le mettre en pratique. Le mettre en pratique de telle sorte que l'on essaie vraiment d'aller plus loin, de faire remonter des facultés cachées dans l'âme dans le but de poursuivre la recherche. Car d'où les résultats de la recherche scientifique actuelle, d'où les impulsions morales et religieuses de la vie actuelle auraient-elles pu prendre place dans le monde si tous les humains n'avaient évolué qu'avec la constitution d'âme qu'ils avaient dans leur enfance ?

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Wie gesagt, es gehört intellektuelle Bescheidenheit dazu, um sich in einem gewissen Zeitpunkte seines Lebens das zu sagen, was ich eben charakterisiert habe, und es dann auch praktisch zu machen. Es praktisch zu machen in der Art, daß man wirklich versucht, nun weiterzukommen, in der Seele verborgene Fähigkeiten heraufzuholen zum Ziele weiteren Forschens. Denn woher sollten denn die Forschungsergebnisse, die man in der heutigen Wissenschaft hat, woher sollten die sittlich-religiösen Impulse, die man im heutigen Leben hat, in der Welt Platz gegriffen haben, wenn alle Menschen nur mit derjenigen Seelenverfassung sich weiterentwikkelt hätten, die sie in der Kindheit hatten?

Et c'est pourquoi il est justement absolument nécessaire pour la recherche anthroposophique spirituelle-scientifique de se placer très sérieusement du point de vue suivant : Je veux faire sortir de mon âme des facultés qui sommeillent encore aujourd'hui, comme les facultés qui se révèlent aujourd'hui ont sommeillé autrefois dans mon âme pendant l'enfance.

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Und so ist es eben durchaus notwendig für anthroposophisch-geisteswissenschaftliche Forschung, einmal ganz ernsthaft sich auf den Standpunkt zu stellen: Ich will in meiner Seele schlummernde Fähigkeiten, die heute noch so schlummern, wie einstmals die heute offenbaren Fähigkeiten während der Kindheit in meiner Seele geschlummert haben, aus meiner Seele herausholen.

J'aurai encore à expliquer que tous ceux qui veulent vraiment s'engager dans la recherche anthroposophique, ou qui veulent eux-mêmes y participer, ne doivent pas devenir des chercheurs dans ce sens, comme je viens de le suggérer. Mais pour obtenir de vrais résultats, de vrais résultats, il faut que cela se produise, comme je l'ai dit. Lorsque ces résultats de recherche sont ensuite transmis au monde, ils sont tout à fait accessibles au bon sens humain, ils peuvent être examinés par lui ; tout comme celui qui n'est pas peintre peut juger artistiquement un tableau. Donc, pour comprendre l'anthroposophie, il n'est pas nécessaire de passer par tout ce que je vais décrire aujourd'hui, mais c'est nécessaire pour la recherche. Et il est aussi nécessaire d'en parler, car le chercheur anthroposophique doit en quelque sorte rendre compte à son entourage, à ses semblables, de la manière dont il parvient à ses résultats.

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Ich werde noch auszuführen haben, daß nicht jeder, der wirklich sich zur anthroposophischen Forschung bekennen will, oder der selber mit darin tätig sein will, in diesem Sinne auch ein Forscher werden muß, wie ich es eben angedeutet habe. Aber um wirkliche Ergebnisse, wirkliche Resultate zu erreichen, muß so etwas eintreten, wie ich gesagt habe. Wenn dann diese Forschungsergebnisse der Welt übergeben werden, dann sind sie durchaus zugänglich für den gesunden Menschenverstand, können von ihm geprüft werden; ebenso gut, wie auch derjenige, der kein Maler ist, ein Bild künstlerisch beurteilen kann. Also, zum Verstehen der Anthroposophie ist nicht nötig, daß man alles dasjenige durchmacht, was ich heute werde zu schildern haben, aber zum Forschen ist es nötig. Und besprochen zu werden ist es auch nötig aus dem Grunde, weil gewissermaßen der anthroposophische Forscher vor seiner Mitwelt, vor seinen Mitmenschen Rechenschaft abzulegen hat, wie er zu seinen Ergebnissen kommt.

Je voudrais maintenant partir du point le plus fondamental dont on peut partir, surtout à notre époque, si l'on veut caractériser la méthode de recherche anthroposophique. Au fond, vous pouvez déjà trouver dans ma "Philosophie de la liberté", et même dans des livres encore plus anciens, tout ce qui est le premier axiome, le premier élément le plus élémentaire pour comprendre la méthode de recherche anthroposophique. Cette "Philosophie de la liberté" est parue en 1894, et a été écrite bien plus tôt. Certains qui connaissent ce livre seront peut-être même surpris que je fasse cette affirmation, et pourtant c'est vrai : la compréhension la plus élémentaire des méthodes de recherche anthroposophiques peut être tirée de cette "Philosophie de la liberté". Il faut cependant que ce que l'on y puise comme compréhension élémentaire soit ensuite formé. Seule la partie la plus élémentaire peut être trouvée dans cette "philosophie de la liberté". Mais il faut justement trouver ce qui est le plus élémentaire.

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Nun möchte ich ausgehen von dem Fundamentalsten, von dem man gerade in der heutigen Zeit ausgehen kann, wenn man die anthroposophische Forschungsmethode charakterisieren will. Sie können im Grunde genommen schon alles, was erstes, sagen wir, Axiom, was erstes Elementarstes ist, um die anthroposophische Forschungsmethode zu durchschauen, in meiner «Philosophie der Freiheit», ja, in noch älteren meiner Bücher finden. Diese «Philosophie der Freiheit» ist 1894 erschienen, und viel früher eigentlich geschrieben. Es wird manche, die dieses Buch kennen, vielleicht sogar überraschen, daß ich diese Behauptung tue, und dennoch ist es wahr: das elementarste Verständnis anthroposophischer Forschungsmethoden kann aus dieser «Philosophie der Freiheit» geholt werden. Es muß dann allerdings dasjenige, was man da als elementares Verständnis holt, weiter ausgebildet werden. Es ist eben nur das Elementarste in dieser «Philosophie der Freiheit» zu finden. Aber dieses Elementarste ist eben aufzufinden.

Dans cette "philosophie de la liberté", j'ai essayé de déterminer d'où viennent les impulsions morales, les impulsions éthiques, les impulsions morales de l'humain. Je vais maintenant caractériser cette "philosophie de la liberté" d'une manière un peu différente de ce que j'ai fait dans le livre lui-même, en m'appuyant sur ce que j'ai dit ici les jours précédents.

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In dieser «Philosophie der Freiheit» habe ich versucht festzustellen, woher die moralischen Impulse, die ethischen, die sittlichen Impulse des Menschen eigentlich kommen. Nun werde ich, weil ich ja heute nur kurz andeutend diese «Philosophie der Freiheit» werde charakterisieren können, sie in etwas anderer Art charakterisieren, als es in dem Buche selbst geschehen ist, anknüpfend an einiges, das ich an den vorhergehenden Tagen hier ausgesprochen habe.

Celui qui lit cette "philosophie de la liberté" trouvera, je crois, qu'il y règne quelque chose comme une pensée mathématique - c'est étrange, mais c'est ainsi -, une pensée mathématique, en ce sens que cette "philosophie de la liberté" vise à trouver l'impulsion humaine de liberté et les impulsions morales. Mais la manière dont cette "philosophie de la liberté" tente de parler du monde moral ne se distingue pas qualitativement de ce qui est présent en nous comme état d'âme lorsque nous mathématisons. J'ai caractérisé cette mathématisation les jours précédents. J'ai montré comment elle est créée de manière vivante à partir de l'intérieur de l'humain, comment nous nous oublions alors en quelque sorte, comment nous oublions que nous avons créé l'espace mathématique à partir de nous-mêmes, comment nous vivons ensuite dans cet espace avec notre conception de l'espace. J'ai également dit que les gens ne s'intéressent pas tellement à l'état d'esprit dans lequel on se trouve lorsqu'on fait des mathématiques, lorsqu'il s'agit de leurs propres capacités humaines. Il n'y a que peu de gens dans le monde qui ont, si je puis me permettre, le juste respect de la mathématisation. Ce juste respect de la mathématisation était par exemple celui d'un poète profond, aimable, extraordinairement sympathique, à savoir Novalis. Celui qui laisse agir sur lui les poèmes de Novalis a l'impression qu'il y a là un merveilleux élan lyrique, qu'il y a un enthousiasme sans faille, que tout est poésie dans l'âme. Et lorsque Novalis, le merveilleux poète lyrique, évoque la mathématisation, il dit à peu près : "Dans la mathématisation, nous avons au fond devant nous la plus belle, la plus grandiose, la plus puissante poésie humaine ! - Je sais combien peu de gens l'admettent au début. Mais, comme je l'ai dit, l'aimable et profond lyrique Novalis a su - car il était mathématicien - ce que l'on ressent dans l'âme lorsqu'on ne se contente pas de résoudre manuellement des problèmes mathématiques isolés, même s'il s'agit de problèmes de théorie des fonctions, de théorie des nombres et autres, ou de géométrie synthétique ; il a su ce que l'âme ressent lorsqu'elle est tellement enlevée qu'elle s'oublie elle-même et se sait dehors dans l'espace.

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Wer diese «Philosophie der Freiheit» liest, der wird, wie ich glaube, finden, daß darin etwas herrscht wie ein mathematisches Denken — sonderbar, aber es ist doch so —, ein mathematisches Denken, indem eigentlich diese «Philosophie der Freiheit» darauf zielt, den menschlichen Freiheitsimpuls und die sittlichen Impulse zu finden. Aber die Art und Weise, wie in dieser «Philosophie der Freiheit» versucht wird, über die moralische Welt zu reden, die unterscheidet sich qualitativ nicht von demjenigen, das in uns als Seelenverfassung vorhanden ist, wenn wir mathematisieren. Ich habe dieses Mathematisieren charakterisiert an den vorhergehenden Tagen. Ich habe gezeigt, wie es aus dem Inneren des Menschen heraus lebendig geschöpft wird, wie wir uns dann wie gewissermaßen vergessen, wie wir vergessen, daß wir den mathematischen Raum aus uns selber geschöpft haben, wie wir dann in diesem Raum mit unserer Raumesanschauung leben. Ich sagte auch: Es interessiert zunächst die Menschen, wenn es sich um ihre eigenen menschlichen Fähigkeiten handelt, nicht gar so sehr, welche Seelenverfassung man hat, wenn man mathematisiert. Man findet nur wenige Menschen in der Welt, möchte ich sagen, welche, wenn ich mich des Ausdrucks bedienen darf, den richtigen Respekt vor dem Mathematisieren haben. Diesen richtigen Respekt vor dem Mathematisieren hatte zum Beispiel ein tiefer, liebenswürdiger, außerordentlich sympathischer Dichter, nämlich Novalis. Wer Novalis' Dichtungen auf sich wirken läßt, der hat den Eindruck: Da ist ein wunderbarer lyrischer Schwung, da ist ein restloser Enthusiasmus, da ist alles Dichtung in der Seele. Und wenn Novalis, der wunderbare Lyriker, auf das Mathematisieren zu sprechen kommt, dann sagt er ungefähr: Im Mathematisieren haben wir im Grunde genommen die schönste, die großartigste, die gewaltigste menschliche Dichtung vor uns! — Ich weiß, wie wenig Menschen das zunächst zugeben. Aber, wie gesagt, der liebenswürdige, tiefe Lyriker Novalis, er hat gewußt — denn er war Mathematiker —, was in der Seele aufgeregt wird, wenn man nicht bloß handwerksmäßig einzelne mathematische Probleme löst, und seien es auch Probleme der Funktionentheorie, der Zahlentheorie und dergleichen oder der synthetischen Geometrie; er hat gewußt, wie die Seele sich fühlt, wenn sie so entrückt ist, daß sie sich selbst vergessend sich im Raume draußen weiß.

Or, une chose est possible. Il est en effet possible, si l'on connaît cet état d'âme de mathématiser dont Novalis parle si merveilleusement, et si l'on peut ensuite se mettre en position d'obtenir quelque chose de tout à fait différent à partir de ce même état d'âme, à savoir l'expérience d'impulsions morales, en d'autres termes, si l'on parvient à saisir et à vivre des problèmes moraux avec la même clarté intérieure, avec la même certitude intérieure que l'on résout, disons, le théorème de Pythagore, alors on sait : avec cette saisie des problèmes moraux, on est dans le monde spirituel, dans le monde suprasensible, et on parle du fait que dans ce monde suprasensible, avec les impulsions morales, les intuitions morales affluent dans l'âme. On sait, en se sentant avec cet état d'âme à l'intérieur du monde moral, que l'on se sent dans un monde suprasensible qui n'a rien à voir d'abord avec ce qui peut être perçu extérieurement par les sens. On sait que l'on se sent dans un monde où, premièrement, on vit les impulsions morales directement avec son intérieur le plus profond ; où l'on est un avec elles ; où elles sont donc, parce que l'on est un avec elles, des connaissances intuitives. Et on sait une deuxième chose. On sait, même si l'on observe longtemps le monde des sens, même si l'on pense et observe avec perspicacité, même si l'on expérimente, que ce que l'on découvre comme intuitions morales, si je puis dire, dans le monde mathématique, ne peut venir d'aucun monde extérieur sensible, cela nous vient du monde suprasensible. En d'autres termes, cela signifie que c'est inspiré. Les impulsions morales réelles, les plus profondes, que l'humain peut recevoir du monde suprasensible, sont des intuitions qui sont en même temps inspirées à notre âme. Et bien qu'elles ne soient pas visibles, qu'elles ne se présentent pas sous forme d'images, elles sont là comme les perceptions sensorielles elles-mêmes. Comme les perceptions sensorielles dans le domaine du sensible, les impulsions morales sont là dans le domaine du suprasensible. C'est-à-dire qu'elles sont des imaginations. Et celui qui a découvert, dans le monde où l'on fait l'expérience de ce qui est mathématique et dont parle Novalis, ce qui est moral, celui-là sait que ce qui est moral se présente sur ce terrain, que, pour l'humain complètement soustrait au monde des sens, il se présente comme des intuitions qui sont en même temps des inspirations et des imaginations. Bref, en essayant d'obtenir une base morale de la vie humaine à partir du monde suprasensible, on apprend à reconnaître comment l'âme doit vivre si elle veut être dans le monde suprasensible. Et il faut dire que pour l'humain d'aujourd'hui - j'ai expliqué comment c'est différent pour l'humain qui pratique le jogging, ou qui pratique la grammaire, la rhétorique, la dialectique et ainsi de suite -, c'est d'abord pour l'humain d'aujourd'hui le meilleur moyen d'apprendre comment l'humain peut sortir de son corps sensible et vivre dans un monde purement spirituel, s'il vit dans un monde purement suprasensible de la manière que j'ai essayé d'indiquer dans ma "Philosophie de la liberté".

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Nun ist aber eines möglich. Es ist nämlich möglich, daß, wenn man diese Seelenverfassung des Mathematisierens kennt, von der Novalis so wunderbar spricht, und sich dann in die Lage versetzen kann, aus derselben Seelenverfassung heraus nun etwas ganz anderes zu gewinnen, nämlich das Erleben moralischer Impulse, mit anderen Worten, wenn es einem gelingt, mit derselben inneren Klarheit, mit derselben inneren Sicherheit, wie man, sagen wir, den Pythagoräischen Lehrsatz löst, zu fassen und zu erleben moralische Probleme, dann weiß man: man ist mit diesem Erfassen der moralischen Probleme in der geistigen, in der übersinnlichen Welt darinnen, und man redet davon, daß in dieser übersinnlichen Welt mit den moralischen Impulsen moralische Intuitionen in die Seele einströmen. Man weiß, indem man sich mit dieser Seelenverfassung innerhalb der sittlichen Welt fühlt, daß man sich in einer übersinnlichen Welt fühlt, die nichts zu tun hat zunächst mit demjenigen, was äußerlich durch die Sinne wahrgenommen werden kann. Man weiß, daß man sich in einer Welt fühlt, wo man erstens die sittlichen Impulse unmittelbar mit seinem tiefsten Inneren erlebt; wo man eins mit ihnen ist; wo sie daher, weil man eins mit ihnen ist, intuitive Erkenntnisse sind. Und man weiß ein zweites. Man weiß, wenn man auch noch so lange in der Sinneswelt herumschaut, wenn man noch so scharfsinnig denkt und beobachtet und experimentiert, dasjenige, was man als die moralischen Intuitionen, wenn ich so sagen darf, in der mathematischen Welt entdeckt, das kann einem von keiner sinnlichen Außenwelt kommen, es kommt einem aus der übersinnlichen Welt herein. Das heißt aber mit anderen Worten: es ist inspiriert. Die wirklichen, die tiefsten moralischen Impulse, die der Mensch erhalten kann aus der übersinnlichen Welt, sie sind Intuitionen, die zu gleicher Zeit für unsere Seele inspiriert sind. Und obzwar sie nicht anschaulich sind, nicht in Bildern auftreten, sind sie doch so da wie die Sinneswahrnehmungen selber. Wie die Sinnes wahrnehmungen auf dem Gebiete des Sinnlichen, so sind die moralischen Impulse auf dem Gebiete des Übersinnlichen da. Das heißt: Sie sind Imaginationen. Und derjenige, der entdeckt hat in der Welt, in welcher das auch von Novalis gemeinte Mathematische erlebt wird, das Moralische, der weiß, daß dieses Moralische auf diesem Felde auftritt, daß es für den der Sinneswelt völlig entrückten Menschen als Intuitionen auftritt, die zu gleicher Zeit Inspirationen und Imaginationen sind. Kurz, indem man also versucht, aus der übersinnlichen Welt heraus eine moralische Grundlegung des menschlichen Lebens zu gewinnen, lernt man erkennen, wie die Seele erleben muß, wenn sie in der übersinnlichen Welt sein will. Und man muß sagen, es ist für den heutigen Menschen — ich habe ja erklärt, wie das anders ist für den Menschen, der die Jogapraxis durchmacht, oder der die Grammatik-, Rhetorik-, Dialektik-Praxis und so weiter durchmacht —, es ist für den heutigen Menschen zunächst der beste Weg, kennenzulernen, wie der Mensch hinauskommen kann aus seinem sinnlichen Leibe und leben kann in einer rein geistigen Welt, wenn er auf die Weise, wie ich versuchte anzudeuten in meiner «Philosophie der Freiheit», sich hineinlebt in eine rein übersinnliche Welt.

Je sais que beaucoup d'humains ne sont pas satisfaits d'une telle vie dans le monde spirituel, parce que dans ce monde n'apparaissent d'abord que les vérités morales, que l'on préfère accepter comme des commandements, comme des faits conventionnels, et ainsi de suite. Mais je n'ai pas à m'étendre ici sur la "philosophie de la liberté", mais seulement sur la méthodologie élémentaire. Mais quand on a appris à connaître cette manière particulière de se tenir à l'intérieur du monde suprasensible, on est incité à aller plus loin, à essayer de voir s'il n'est pas possible, dans d'autres domaines de la vie aussi, de pénétrer dans un monde suprasensible par rapport au monde sensible. Et l'on en arrive peu à peu à ce que des méthodes de développement psychique intérieur soient réellement possibles, qui conduisent l'humain vers le haut du chemin, à regarder le cosmos tout entier et la connaissance intérieure de l'humain, de la même manière que l'on ne regarde autrement, dans le sens de la "philosophie de la liberté", que dans le domaine moral, où l'on ne veut pas encore admettre qu'il s'agit du suprasensible, si l'on n'entre pas dans le fondement même de la chose.

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Ich weiß, daß sehr viele Menschen nicht zufrieden sind mit einem solchen Hineinleben in die geistige Welt, weil ja zunächst in dieser Welt auftreten nur die sittlichen Wahrheiten, die man lieber als Gebote, als konventionelle Tatsachen und so weiter hinnimmt. Aber ich habe mich ja hier weiter nicht zu verbreiten über die «Philosophie der Freiheit», sondern nur über das Elementar-Methodische. Aber man hat, wenn man kennengelernt hat diese besondere Art des Darinnenstehens in der übersinnlichen Welt, den Ansporn, weiter zu gehen, zu versuchen, ob es nicht auch für andere Gebiete des Lebens möglich ist, gegenüber der sinnlichen Welt in eine übersinnliche Welt einzudringen. Und man kommt dann allmählich dazu, daß wirklich Methoden der inneren seelischen Entwickelung möglich sind, welche den Menschen hinaufführen den Pfad, auch den ganzen Kosmos und die menschliche Innenerkenntnis so zu schauen, wie man sonst im Sinn der «Philosophie der Freiheit» nur im Moralischen schaut, wo man noch nicht gelten lassen will, daß es sich um das Übersinnliche handelt, wenn man nicht auf das eigentliche Fundament der Sache eingeht.

Or, les méthodes par lesquelles on parvient à s'élever dans le monde suprasensible dans d'autres domaines consistent à développer les forces ordinaires de l'âme telles qu'on les a dans la vie et la science ordinaires. Et ces facultés de l'âme sont d'abord, si nous les caractérisons extérieurement de manière abstraite, la pensée, le sentiment et la volonté. Nous distinguons certes ces trois facultés de l'âme, penser, sentir et vouloir, mais dans la vie unitaire de l'âme, elles ne sont pas du tout strictement séparées les unes des autres. En fait, on devrait dire que lorsque nous parlons de penser, de se représenter, nous parlons d'une faculté de l'âme dans laquelle il y a bien la volonté et aussi le sentiment, mais c'est surtout la pensée. Dans la volonté, il y a bien des pensées, mais c'est surtout la volonté qui est présente. Ainsi, ce n'est que la partie la plus saillante qui est désignée dans les différentes facultés de l'âme, alors que partout sous la surface, on peut dire que se trouvent aussi les autres facultés de l'âme. Cela devient particulièrement important lorsqu'il s'agit de la formation ultérieure, du développement de la faculté de penser, de la force de pensée. Car là, il faut être clair sur ce qui suit. Il faut d'abord savoir comment on se situe dans la vie ordinaire et dans la science ordinaire par rapport aux choses de l'environnement et par rapport à soi-même. On fait des perceptions sensorielles par les yeux, par les oreilles, etc. Dans ces perceptions sensorielles, nous vivons avec une certaine intensité intérieure. Ensuite, nous nous faisons des idées sur ce que nous percevons sensoriellement. Nous nous éloignons des choses que nous percevons sensoriellement. Il nous reste dans l'imagination une image rémanente de ce qui a vécu dans la perception sensorielle. Mais considérez à quel point la pensée, la représentation est terne, ombrageuse, par rapport à ce que nous avons vécu avec une pleine vitalité dans la perception sensorielle. Ces représentations, qui se rattachent aux perceptions sensorielles, sont ternes et ombrageuses. Et nous sommes habitués, dans la vie et même dans la science ordinaire, à laisser parler les perceptions sensorielles et à nous abandonner passivement à ces perceptions sensorielles, afin qu'elles éveillent en nous les représentations qui nous font percevoir ce que nous avons perçu par les sens comme quelque chose de durable. Et nous pouvons alors, plus ou moins clairement, même après un certain temps ou tout au long de notre vie, faire remonter du fond de notre âme ou de notre être humain, en tant que souvenirs, ce que nous avons vécu extérieurement à travers les sens. Les représentations qui se rattachent habituellement aux perceptions sensorielles et qui sont ternes et ombrageuses par rapport aux perceptions sensorielles peuvent aussi jaillir de nous, du souvenir, de la mémoire. Nous vivons intérieurement dans la vie de représentation ce que nous percevons extérieurement par les sens, nous le revivons à travers la mémoire. Il faut être clair, très clair, sur le fait qu'à peu près toute la vie ordinaire, même celle qui se plonge dans la science, se déroule de la manière suivante par rapport à la représentation : nous nous exposons à la vivacité des perceptions sensorielles, nous obtenons alors des représentations ternes, mais nous pouvons faire remonter de notre être humain, dans la mémoire, ce que nous avons reçu de l'extérieur comme impressions. La plupart du temps, notre vie intérieure n'est rien d'autre qu'une représentation plus ou moins transformée, métamorphosée dans le sens de la perception extérieure.

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Die Methoden nun, durch die man auf anderen Gebieten hinaufgelangt in die übersinnliche Welt, bestehen darin, daß man die gewöhnlichen Seelenkräfte, wie man sie hat im gewöhnlichen Leben und in der gewöhnlichen Wissenschaft, weiterentwickelt. Und diese Seelenkräfte sind ja zunächst, wenn wir sie äußerlich abstrakt charakterisieren, Denken, Fühlen und Wollen. Wir unterscheiden zwar diese drei Seelenfähigkeiten, Denken, Fühlen und Wollen, aber in dem einheitlichen Leben der Seele sind sie durchaus nicht in strenger Weise von einander geschieden. Man müßte eigentlich sagen: Wenn wir vom Denken, vom Vorstellen reden, so reden wir von einer Seelenfähigkeit, in der durchaus zum Beispiel der Wille und auch das Gefühl drinnen ist, aber es ist hauptsächlich das Denken drinnen. Im Willen wiederum sind durchaus Gedanken drinnen, aber es ist hauptsächlich Wille drinnen. So ist es nur das Hervorstechendste, das in den einzelnen Seelenfähigkeiten bezeichnet wird, während überall unter der Oberfläche, kann man sagen, auch die anderen Seelenfähigkeiten liegen. Das wird nun insbesondere wichtig, wenn es sich um die weitere Ausbildung, um die Entwickelung zunächst der Denkfähigkeit, der Gedankenkraft handelt. Denn da muß man über folgendes sich klar sein. Man muß sich zuerst darüber klar sein, wie man im gewöhnlichen Leben und in der gewöhnlichen Wissenschaft zu den Dingen der Umgebung und zu sich selbst steht. Man macht Sinneswahrnehmungen durch die Augen, durch die Ohren und so weiter. In diesen Sinneswahrnehmungen leben wir mit einer gewissen inneren Intensität. Dann machen wir uns Vorstellungen über das, was wir sinnlich wahrnehmen. Wir gehen hinweg von den Dingen, an denen wir sinnlich wahrnehmen. In der Vorstellung bleibt uns ein Nachbild von dem, was in der Sinneswahrnehmung gelebt hat. Aber bedenken Sie, wie matt, wie schattenhaft der Gedanke, die Vorstellung von demjenigen ist, was wir mit voller Lebendigkeit in der Sinneswahrnehmung erlebt haben. Diese Vorstellungen, die sich an die Sinneswahrnehmungen anknüpfen, sind matt und schattenhaft. Und wir sind ja gewöhnt im Leben und sogar in der gewöhnlichen Wissenschaft, die Sinneswahrnehmungen zu uns sprechen zu lassen und uns passiv hinzugeben diesen Sinneswahrnehmungen, damit sie in uns die Vorstellungen erwecken, die uns das, was wir durch die Sinne wahrgenommen haben, zu einem Dauernden machen. Und dann können wir, mehr oder weniger deutlich, auch nach längerer Zeit oder das ganze Leben hindurch aus dem Untergrund unserer Seele oder unseres menschlichen Wesens wiederum hervorholen als Erinnerungen dasjenige, was wir durch die Sinne äußerlich erlebt haben. Die Vorstellungen, die sich sonst an die Sinneswahrnehmungen anknüpfen und die gegenüber den Sinneswahrnehmungen matt und schattenhaft sind, sie können auch aus uns, aus der Erinnerung, aus dem Gedächtnis aufsprossen. Wir erleben innerlich im Vorstellungsleben dasjenige, was wir äußerlich sinnlich wahrnehmen, wir erleben es wieder durch das Gedächtnis. Man sollte sich klar, sehr klar darüber sein, daß so ziemlich alles gewöhnliche Leben, auch dasjenige, das in die Wissenschaft untertaucht, auf die Weise verläuft in bezug auf das Vorstellen, daß wir uns der Lebendigkeit der Sinneswahrnehmungen aussetzen, daß wir dann matte Vorstellungen bekommen, daß wir aber wieder heraufholen können aus unserem menschlichen Wesen in der Erinnerung dasjenige, was wir von außen als Eindrücke empfangen haben. Unser Innenleben ist meistens nichts als höchstens mehr oder weniger umgewandeltes, metamorphosiertes Vorstellen im Sinne der äußeren Wahrnehmung.

Je n'aborderai pas aujourd'hui la nature profonde de la mémoire, car je veux décrire comment ce que je viens de caractériser au représenter peut être développé. Ce peut être développé par le fait que l'on ne pense pas de telle manière que l'on rattache la pensée uniquement aux perceptions sensorielles extérieures, mais que l'on pense par les méthodes que j'ai nommées dans mon livre "Comment acquérir des connaissances des mondes supérieurs" et dans ma "Science secrète", la méditation, la concentration et ainsi de suite - les noms n'ont pas d'importance. Vous trouverez tous les détails sur la manière de procéder dans les livres cités. Je ne veux présenter que les principes.

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Ich werde heute nicht eingehen auf die tiefere Natur des Gedächtnisses, denn ich will ja schildern, wie nun das, was ich eben am Vorstellen charakterisiert habe, weiterentwickelt werden kann. Es kann weiterentwickelt werden dadurch, daß man nun nicht so denkt, daß man das Denken nur anknüpft an die äußeren Sinneswahrnehmungen, sondern daß man denkt durch diejenigen Methoden, die ich in meinem Buche «Wie erlangt man Erkenntnisse der höheren Welten?» und in meiner «Geheimwissenschaft» genannt habe die Meditation, Konzentration und so weiter — auf die Namen kommt es nicht an. Genau geschildert finden Sie alle Einzelheiten, wie man da vorgeht, in den genannten Büchern. Nur das Prinzipielle will ich jetzt darstellen.

Alors que l'on obtient normalement des pensées en s'abandonnant passivement aux perceptions ou en laissant resurgir les échos des expériences à partir des souvenirs, on essaie, pour devenir un chercheur d'esprit anthroposophique, par l'arbitraire intérieur, comme on l'a appris à le faire en mathématisant, en résolvant des problèmes mathématiques, c'est-à-dire en exécutant tout en pleine conscience, et non dans un état de rêverie, d'hallucination - ce qui serait le contraire de ce que je vais décrire aujourd'hui -, en se livrant en pleine conscience à la pensée et à la représentation, de sorte que l'on apprend à se reposer sur des représentations que l'on a arbitrairement introduites dans sa conscience. Il est tout à fait bon de placer au centre de sa conscience des représentations aussi claires que possible, c'est-à-dire non pas des représentations dans lesquelles on peut vivre toutes sortes de choses nébuleuses et mystiques, mais des représentations que l'on peut facilement embrasser du regard. Ce qui compte alors, ce n'est pas ce que l'on a là pour représentation, mais l'activité psychique/de l'âme que l'on développe maintenant dans ce méditer. Remarquez seulement que si vous contractez continuellement un muscle, si vous en avez besoin dans votre travail, le muscle devient fort. Il en va de même pour votre force mentale lorsque vous vous concentrez encore et encore - les exercices durent parfois des années, cela peut aussi durer moins longtemps, selon la prédisposition de l'être humain - sur des représentations que vous poussez au centre de votre conscience. La force de la pensée devient de plus en plus forte, et elle atteint finalement un point où vous pouvez dire : maintenant, je suis en mesure d'avoir mes représentations aussi vivantes que celles que je n'ai normalement que des impressions sensorielles extérieures. Notez bien que je n'ai pas d'hallucinations ou d'illusions. Elles viennent inconsciemment. Je vis maintenant dans des représentations intérieures aussi vivantes que le sont habituellement les perceptions sensorielles extérieures, mais je vis en elles en pleine conscience, et non pas avec cette humeur d'âme rêveuse, cette humeur d'âme mystique et nébuleuse, telle qu'elle existe dans les hallucinations ou les visions. Il doit s'agir d'une constitution d'âme mathématique, par laquelle on s'anime dans une telle expérience intérieure de la pure représentation, comme on ne l'a normalement que lorsqu'on est livré à la perception sensorielle extérieure. Pour le dire encore une fois, il suffit de comparer la vivacité, l'intensité de la perception sensorielle extérieure avec ce que l'on vit habituellement en pensée, pâle et ombrageuse. Mais on apprend de plus en plus, de la manière que j'ai décrite, à être aussi vivement présent intérieurement avec des pensées simplement soulevées intérieurement que l'on ne l'est habituellement que lorsqu'une impression sensorielle extérieure nous stimule. Plus de pensées pâles et ombrageuses - des pensées intérieurement vivantes ! La force de pensée de l'âme s'est renforcée. On a appelé une nouvelle force du fond de l'âme. On a renforcé la pensée. Quand on a renforcé la pensée, on a atteint le premier niveau de la connaissance suprasensible. Dans mes livres, je l'ai appelé le niveau de connaissance imaginative. On a atteint le niveau de l'imagination. Ce niveau de l'imagination nous montre, par le fait que l'on a maintenant une représentation si vivante, que quelque chose se rattache à cette représentation.

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Während man also sonst Gedanken bekommt dadurch, daß man sich passiv den Wahrnehmungen hingibt oder aus den Erinnerungen heraus die Nachklänge der Erlebnisse wieder auftauchen läßt, versucht man, um anthroposophischer Geistesforscher zu werden, durch innere Willkür, wie man sie kennengelernt hat beim Mathematisieren, beim Lösen mathematischer Probleme, also so, daß man vollbewußt alles ausführt, nicht in einem träumerischen, halluzinatorischen Zustande — das wäre das Gegenteil von dem, was ich heute beschreiben werde —, in voller Bewußtheit sich dem Denken und Vorstellen hinzugeben, so daß man lernt, zu ruhen auf Vorstellungen, die man willkürlich in sein Bewußtsein hereinversetzt hat. Es ist durchaus gut, wenn man möglichst überschaubare Vorstellungen, also nicht solche, in denen man allerlei nebuloses, mystisches Zeug erleben kann, sondern solche, die man leicht überschauen kann, in den Mittelpunkt seines Bewußtseins rückt. Es kommt dann nicht darauf an, was man da für eine Vorstellung hat, sondern es kommt auf die seelische Tätigkeit an, die man jetzt in diesem Meditieren entwickelt. Beachten Sie nur: wenn Sie einen Muskel fortwährend anspannen, wenn Sie ihn in der Arbeit brauchen, wird der Muskel stark. Dasselbe geht vor mit Ihrer seelischen Denkkraft, wenn Sie immer wieder und wiederum — die Übungen dauern manchmal jahrelang, es kann auch kürzere Zeit dauern, je nach der Veranlagung des Menschen — auf Vorstellungen sich konzentrieren, die Sie in den Mittelpunkt Ihres Bewußtseins rücken. Die Denkkraft wird immer stärker und stärker, und sie erreicht endlich einen Punkt, an dem Sie sagen können: Jetzt bin ich in der Lage, meine Vorstellungen so lebendig zu haben, wie ich sonst nur äußere Sinneseindrücke habe. Wohl gemerkt, ich habe nicht Halluzinationen oder Illusionen. Die kommen ja unbewußt. Ich lebe jetzt in so lebendigen inneren Vorstellungen, wie sonst die äußeren Sinneswahrnehmungen sind, aber ich lebe in ihnen mit vollem Bewußtsein, nicht mit jener träumerischen Seelenstimmung, jener mystisch-nebulosen Seelenstimmung, wie sie bei Halluzinationen oder Visionen vorhanden ist. Es muß durchaus eine mathematische Seelenverfassung sein, durch die man sich einlebt in ein solches inneres Erleben an der bloßen Vorstellung, wie man es sonst nur hat, wenn man der äußeren Sinneswahrnehmung hingegeben ist. Man vergleiche nur, um das noch einmal zu sagen, die Lebhaftigkeit, die Intensität im äußeren Sinneswahrnehmen mit dem, was man sonst blaß und schattenhaft in Gedanken erlebt. Aber man lernt auf die Weise, wie ich es geschildert habe, immer mehr und mehr, mit bloß innerlich aufgeworfenen Gedanken so lebhaft innerlich dazusein, wie man sonst nur lebhaft da ist, wenn irgendein äußerer Sinneseindruck einen anregt. Nichts mehr von blassen, schattenhaften Gedanken — innerlich lebendige Gedanken! Die seelische Denkkraft hat sich verstärkt. Man hat eine neue Kraft aus dem Inneren seiner Seele herausgerufen. Das Denken hat man erkraftet. Hat man das Denken erkraftet, dann hat man die erste Stufe übersinnlicher Erkenntnis erreicht. Ich habe sie in meinen Büchern genannt die imaginative Erkenntnisstufe. Man hat die Stufe der Imagination erreicht. Diese Stufe der Imagination zeigt einem, indem man jetzt ein so lebendiges Vorstellen hat: da schließt sich an dieses Vorstellen etwas an.

Revenons à la vie sensorielle ordinaire et au représenter ordinaire. Aujourd'hui, nous percevons quelque chose. Nous sommes vivement engagés dans cette perception. Nous nous faisons une représentation pâle, ombrageuse. Au bout d'une semaine, disons, sous l'impulsion de quelque chose, ou bien en se libérant, comme on dit, cette représentation surgit à nouveau de la mémoire. Elle sort de nous, pour le dire trivialement. Le fait que j'ai fait une fois l'expérience sensorielle est la raison pour laquelle, plus tard, cette même représentation réapparaît dans la mémoire de mon être humain intérieur. Maintenant, après m'être exercé, je suis en mesure d'avoir dans ma conscience des pensées renforcées, que j'appelle pensées imaginatives parce qu'elles se présentent avec la vivacité, l'intensité d'images, parce qu'elles sont vraiment comme des images sensorielles, bien qu'elles ne soient d'abord que des pensées. Mais de la même manière que lorsque je pense à une expérience extérieure - si je ne fais que la regarder, aucun souvenir ne me vient plus tard, seulement si j'y ai pensé -, un souvenir peut surgir de mon propre être, de la même manière, lorsque j'ai maintenant une pensée, et de surcroît de manière renforcée, dans l'âme, il me vient de mon propre être quelque chose qui ressemble d'abord à un souvenir, mais qui n'est justement pas un souvenir. Quelque chose s'élève maintenant, qui n'est pas une réminiscence d'un vécu sensoriel extérieur, mais quelque chose que je n'ai jamais perçu auparavant comme s'élevant de l'intérieur de moi. Si je peux m'exprimer ainsi, de la même manière que les souvenirs d'expériences ordinaires remontent normalement, de la même manière, par la force de la pensée renforcée, ce que je n'ai encore jamais vu intérieurement remonte maintenant de l'intérieur. Et je vais très vite reconnaître ce qui s'élève. J'essaie, en avançant de plus en plus dans cette méditation, de l'amener à une clarté de plus en plus grande dans ce qui monte intérieurement, et j'arrive finalement à savoir ce qu'est réellement ce qui monte intérieurement. J'en viens à ceci : cette ascension intérieure, c'est moi-même, tel que je me suis développé depuis ma naissance ici sur terre.

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Knüpfen wir noch einmal an das gewöhnliche Sinnesleben und an das gewöhnliche Vorstellen an. Wir nehmen heute irgend etwas wahr. Wir sind lebhaft in dieser Wahrnehmung drinnen. Wir bilden uns eine blasse, schattenhafte Vorstellung. Nach einer Woche, sagen wir, durch irgend etwas veranlaßt oder auch freisteigend, wie man wohl sagt, tritt diese Vorstellung aus der Erinnerung wieder auf. Sie kommt aus uns heraus, trivial ausgedrückt. Daß ich einmal das sinnliche Erlebnis hatte, das ist die Ursache, daß später in der Erinnerung aus meinem inneren menschlichen Wesen dieselbe Vorstellung wiederum auftaucht. Jetzt, nach meinem Üben, bin ich in der Lage, in meinem Bewußtsein verstärkte Gedanken zu haben, die ich deshalb imaginative Gedanken nenne, weil sie mit der Lebendigkeit, mit der Intensität von Bildern auftreten, weil sie wirklich wie sinnliche Bilder sind, trotzdem sie zunächst nur Gedanken sind. Aber so, wie sonst dadurch, daß ich über ein äußeres Erlebnis gedacht habe — wenn ich es nur anglotze, kommt mir keine Erinnerung später, nur wenn ich darüber gedacht habe —, eine Erinnerung kommen kann aus meinem eigenen Wesen heraus, so kommt mir dadurch, daß ich jetzt einen Gedanken, und noch dazu in verstärktem Maße, in der Seele habe, aus meinem eigenen Wesen heraus etwas, was zunächst so aussieht wie eine Erinnerung, was aber eben keine Erinnerung ist. Es steigt jetzt etwas auf, was nicht eine Reminiszenz von einem äußeren SinnlichErlebten ist, sondern etwas ist, was ich früher überhaupt niemals aus meinem Inneren heraus aufsteigend wahrgenommen habe. Wenn ich es so ausdrücken darf: So wie sonst Erinnerungen an gewöhnliche Erlebnisse aufsteigen, so steigt durch die Kraft des verstärkten Denkens jetzt dasjenige aus dem Inneren herauf, was ich noch niemals innerlich geschaut habe. Und ich werde sehr bald erkennen, was das ist, was da aufsteigt. Ich versuche, indem ich weiter und weiter schreite in diesem Meditieren, es zu immer größerer und größerer Deutlichkeit zu bringen in diesem innerlich Aufsteigenden, und ich komme zuletzt darauf, was dieses innerlich Aufsteigende eigentlich ist. Ich komme darauf: Dieses innerlich Aufsteigende, das bin ich selbst, wie ich in der Zeit seit meiner Geburt hier auf der Erde mich entwickelt habe.

Sinon, nous n'avons qu'un flux de souvenirs, à partir desquels s'élèvent des particuliers qui se trouvent normalement dans l'inconscient. Je ne parle pas de ces souvenirs. Ces souvenirs sont en effet ce qui monte aussi dans la conscience ordinaire. Mais ce qui s'élève maintenant, appelé de l'intérieur par la force de la pensée renforcée, ce n'est pas seulement une pensée, une pensée de souvenir, c'est ce qui me conduit beaucoup plus profondément dans mon être humain intérieur que la force du souvenir. C'est quelque chose qui me fait en quelque sorte descendre dans des couches plus profondes de mon être intérieur que ne le font les pensées de souvenir. C'est quelque chose qui me montre comment, lorsque j'étais petit enfant, j'ai utilisé des capacités que j'avais au niveau de l'âme pour donner une forme plastique à mon organisme à partir du cerveau. C'est ce qui me montre comment, lorsque j'étais un enfant un peu plus grand, j'ai continué à former plastiquement mon être intérieur à l'aide de la faculté de parler. En bref, ma vie intérieure se présente à mon âme dans un grand et immense tableau, comme je ne l'avais jamais vu auparavant. Et ce qui se présente maintenant devant mon âme n'est pas purement une image. Je vous prie d'en tenir compte. Ce n'est pas purement une image, mais c'est quelque chose dont je reconnais, en le saisissant, qu'il est lié à mes forces de croissance, à ce qui croît en moi, à ce qui vit en moi dans les forces d'alimentation, dans les forces de circulation, dans les forces de respiration, à ce qui est en général un corps intérieur, suprasensible, par rapport au corps physique. Je suis en train d'apprendre à connaître un deuxième humain en moi. J'apprends à reconnaître que je peux me dire ceci : tu portes sur toi ton corps extérieur, qui est étendu dans l'espace, qui a des bras, des pieds, une tête et ainsi de suite. C'est un corps spatial. Mais ce que tu viens de découvrir par ta méditation, par la connaissance imaginative, c'est un organisme qui vit dans le temps, pas dans l'espace, un organisme temporel.

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Wir haben sonst nur den Strom von Erinnerungen, aus denen einzelne aufsteigen, die sonst im Unbewußten drunten sind. Diese Erinnerungen meine ich nicht. Diese Erinnerungen sind ja das, was auch im gewöhnlichen Bewußtsein aufsteigt. Aber das, was jetzt aufsteigt, herausgerufen aus dem Inneren durch die Kraft des verstärkten Denkens, das ist nicht bloß Gedanke, Erinnerungsgedanke, das ist dasjenige, was mich viel tiefer hineinführt in mein inneres Menschenwesen als die Erinnerungskraft. Das ist etwas, was mich gewissermaßen in tiefere Schichten meines innenwesens hinunterführt, als mich die Erinnerungsgedanken hinunterführen. Das ist etwas, was mir zeigt, wie ich als kleines Kind Fähigkeiten, die ich seelisch hatte, dazu verwendet habe, meinen Organismus plastisch auszugestalten vom Gehirne aus. Das ist dasjenige, was mir zeigt, wie ich als ein etwas größeres Kind in mir mit Hilfe der Sprachfähigkeit meinen inneren Menschen weiter plastisch ausgebildet habe. Kurz, mein innerstes Leben tritt vor meine Seele in einem großen, gewaltigen Tableau, wie ich es früher nicht gesehen habe. Und dasjenige, was da jetzt vor meine Seele tritt, ist eben nicht bloß Bild. Das bitte ich wohl zu beachten. Es ist nicht bloß Bild, sondern es ist etwas, von dem ich erkenne, indem ich es auffasse, daß es zusammenhängt mit meinen Wachstumskräften, mit demjenigen, was in mir wächst, was in mir auch lebt in den Ernährungskräften, in den Zirkulations-, in den Atmungskräften, was überhaupt ein innerer, übersinnlicher Leib ist gegenüber dem physischen Leibe. Ich lerne jetzt eben einen zweiten Menschen in mir kennen. Ich lerne erkennen, daß ich mir folgendes sagen darf: Da trägst du deinen äußeren Leib an dir, der ist im Raume ausgedehnt, der hat Arme, Füße, einen Kopf und so weiter. Das ist ein räumlicher Leib. Aber dasjenige, was du jetzt entdeckt hast durch deine Meditation, durch imaginatives Erkennen, das ist ein Organismus, der in der Zeit, nicht im Raume lebt, ein Zeitorganismus.

Il est déjà difficile pour l'humain d'aujourd'hui d'entendre parler d'un tel organisme temporel. Mais cet organisme temporel est vraiment présent en nous comme un deuxième humain, et nous pouvons l'appeler un organisme. Car on en arrive, disons, quand on est déjà devenu un vieux gars, comme je peux le dire de moi-même, à savoir que l'on a une certaine configuration d'âme. Cette configuration d'âme que l'on porte maintenant en soi est liée à une configuration d'âme peut-être dans la cinquième ou sixième année de vie. Et de même que ma main gauche dans mon organisme spatial est liée, pour mon bien, à une partie quelconque de mon cerveau dans cet organisme spatial, et que le cerveau est dans cet organisme spatial pour que les différentes parties se rapportent les unes aux autres, de même, dans le temps et non dans l'espace, les différentes parties de l'organisme temporel se rapportent les unes aux autres. Je porte cet organisme temporel en moi. Dans mes livres, je l'ai appelé corps éthérique ou corps de forces formatrices. Ce corps de forces formatrices est justement un organisme temporel. C'est la première chose que nous découvrons sur le chemin de la recherche imaginative. Nous observons notre vie terrestre passée dans ses forces intérieures créatives et suprasensibles. Nous ne spéculons pas sur une force de vie, mais nous regardons notre vie terrestre passée comme un tableau organisé intérieurement, comme un organisme temporel, comme le corps de forces imagées. Des conceptions plus anciennes de ces choses, qui n'étaient pas aussi pleinement conscientes, qui étaient plus pressenties, plus instinctives, mais qui, dans leurs pressentiments, connaissaient quelque chose de ces choses, ont appelé ce corps temporel, ce corps de forces d'images, le corps éthérique. Ce ne sont pas les expressions qui comptent, mais ce que l'on entend par ces choses. Dans ce corps éthérique, on a absolument une réalité, une réalité temporelle en soi, et personne ne comprend la formation de l'humain s'il ne comprend pas ce corps éthérique. Et ce qu'il y a de plus important dans ce corps éthérique, c'est qu'au moment où nous en sommes arrivés à embrasser d'un regard spirituel notre vie terrestre, dans ce tableau de vie qu'est le corps des forces de l'image, nous cessons de faire la distinction entre le subjectif et l'objectif. Le corps éthérique ou corps de forces formatrices que nous portons en nous, qui est un corps temporel fluide, nous pourrions le dessiner schématiquement. Mais nous devons être conscients que nous peignons alors en un instant quelque chose qui s'écoule continuellement. De même qu'on ne peut pas peindre l'éclair, on ne peut pas peindre ce corps éthérique. On ne peint toujours qu'un instant qui est retenu. Il faut justement être conscient que la manière dont on est formé en tant qu'être humain dépend de ce corps de forces imagées. Et dès l'instant où l'on prend conscience que ce corps éthérique est en soi un corps de force, dont on ne peut comprendre l'humain sans connaître la structure interne, on remarque que les mêmes forces qui agissent en soi en tant que tel corps éthérique traversent aussi le monde en tant que forces éthériques ; que le subjectif et l'objectif cessent d'avoir une signification ; que ce corps de forces formatrices est lié au grand déroulement temporel de l'univers ; que nous nous tenons à l'intérieur comme un membre dans ce grand univers. Nous commençons à parler des processus éthériques de l'univers, car ceux-ci deviennent clairs pour nous au moment où nous parvenons à une représentation aussi vivante que celle que nous avons normalement avec les perceptions sensorielles extérieures. Et nous pouvons y parvenir justement par la méditation. Bref, nous nous installons dans un monde d'éther. Mais nous apprenons en même temps à reconnaître la première chose qui est suprasensible en nous-mêmes. Nous ne sortons pas encore de la vie terrestre, mais nous apprenons à reconnaître ce qui est suprasensible en nous au cours de la vie terrestre.

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Es ist für den heutigen Menschen schon schwierig, wenn man ihm spricht von einem solchen Zeitorganismus. Aber es ist wirklich dieser Zeitorganismus als ein zweiter Mensch in uns vorhanden, und wir dürfen ihn einen Organismus nennen. Denn man kommt darauf, sagen wir, wenn man schon ein alter Kerl geworden ist, wie ich es ja von mir sagen darf, man weiß, man hat eine gewisse Seelenkonfiguration. Diese Seelenkonfiguration, die man jetzt in sich trägt, hängt zusammen mit einer Seelenkonfiguration vielleicht im fünften oder sechsten Lebensjahr. Und so, wie meine linke Hand in meinem Raumesorganismus zusammenhängt meinetwillen mit irgendeiner Partie meines Gehirns in diesem Raumesorganismus, und wie das Gehirn in diesem Raumesorganismus ist deshalb, damit die einzelnen Partien sich aufeinander beziehen, so beziehen sich in der Zeit, nicht im Raume, die einzelnen Partien des Zeitorganismus aufeinander. Ich trage diesen Zeitorganismus in mir. Ich habe ihn in meinen Büchern Ätherleib oder Bildekräfteleib genannt. Dieser Bildekräfteleib ist eben ein Zeitorganismus. Er ist das erste, was wir entdecken auf dem Wege der imaginativen Forschung. Wir überschauen unser bisheriges Erdenleben in seinen innerlich schöpferischen, übersinnlichen Kräften. Wir spekulieren nicht über eine Lebenskraft, sondern wir schauen unser bisheriges Erdenleben an als ein innerlich organisiertes Tableau, als einen Zeitorganismus, als den Bildekräfteleib. Ältere, nicht so vollbewußte Anschauungen von diesen Dingen, die mehr ahnungsvoll, mehr instinktiv waren, aber in ihren Ahnungen etwas wußten von diesen Dingen, haben diesen Zeitleib, diesen Bildekräfteleib den Ätherleib genannt. Auf die Ausdrücke kommt es ja nicht an, sondern darauf, was mit diesen Dingen gemeint ist. Man hat in diesem Ätherleib durchaus eine Realität, eine Zeitrealität in sich, und niemand versteht die Bildung des Menschen, der nicht diesen Ätherleib versteht. Und das Bedeutsamste an diesem Ätherleibe ist das, daß wir in dem Augenblick, wo wir soweit sind, daß wir unser bisheriges Erdenleben wie mit einem geistigen Blicke überschauen in diesem Lebenstableau, das der Bildekräfteleib ist, auch aufhören zu unterscheiden zwischen subjektiv und objektiv. Der Ätherleib oder Bildekräfteleib, den wir in uns tragen, der ein fließender Zeitleib ist, wir könnten ihn schematisch aufmalen. Aber wir müssen uns bewußt machen, daß wir dann in einem Augenblick malen etwas, was fortwährend hinfließt. Ebenso wenig, wie man den Blitz malen kann, kann man diesen Ätherleib malen. Man malt immer nur einen Augenblick, der festgehalten wird. Man muß sich eben klar sein, daß es von diesem Bildekräfteleib abhängt, wie man als Mensch gebildet ist. Und in dem Augenblick, wo man gewahr wird, wie dieser Ätherleib in einem ein Kraftleib ist, ohne dessen inneres Gefüge zu kennen man den Menschen nicht verstehen kann, merkt man, daß dieselben Kräfte, die da in einem wirken als solcher Ätherleib, auch die Welt als ätherische Kräfte durchziehen; daß Subjektiv und Objektiv aufhören, eine Bedeutung zu haben; daß dieser Bildekräfteleib zusammenhängt mit dem großen Zeitverlauf des Universums; daß wir drinnenstehen als ein Glied in diesem großen Universum. Wir fangen an zu sprechen von den Äther vorgängen des Universums, denn diese werden uns klar in dem Momente, wo wir zu einem so lebendigen Vorstellen kommen, wie wir sonst nur lebendig die äußeren Sinneswahrnehmungen haben. Und wir können das durch Meditation eben erreichen. Kurz, wir leben uns ein in eine Ätherwelt. Wir lernen aber dadurch zugleich erkennen das erste, was in uns selber übersinnlich ist. Noch nicht kommen wir hinaus aus dem Erdenleben, aber wir lernen erkennen dasjenige, was innerhalb des Erdenlebens in uns übersinnlich ist.

Si nous voulons aller plus loin, nous devons aussi poursuivre nos exercices. Ces exercices comportent beaucoup, beaucoup de détails. Je l'ai décrit dans les livres et je ne veux en donner ici que le principe. La première chose dans ces exercices était de renforcer la force de pensée, d'arriver à former une pensée imaginative, une pensée aussi vivante que l'expérience de la perception sensorielle. La deuxième chose que l'on doit former peut être caractérisée de la manière suivante. Celui qui développe en pleine conscience de telles imaginations, grâce auxquelles il apprend à connaître le monde éthérique, le monde des forces visuelles, est aussi en mesure de comprendre que ces imaginations, ces images - car c'est sous forme d'images que sa propre vie passée se présente à lui dans un grand tableau, que le monde extérieur se présente à lui dans un tableau universel -, que ces images, bien qu'on les ait provoquées de manière tout à fait arbitraire, nous retiennent plus fortement que les pensées ordinaires, pâles et ombrageuses. La plupart des humains savent que ces pensées pâles et obscures tombent malheureusement trop vite dans l'oubli - c'est surtout le cas avant les examens. Mais si l'on a justement utilisé une force puissante dans ses pensées, celles-ci nous retiennent, elles ne veulent plus nous lâcher. Pour progresser, il ne faut pas s'arrêter à ce niveau. Avec la même volonté que celle avec laquelle on a appelé dans l'âme ces images, ces imaginations, avec la même force et la même volonté, on doit aussi savoir les éloigner, les renvoyer de l'âme, de sorte que l'on puisse avoir dans l'âme ce que je voudrais maintenant appeler la vacuité de la conscience.

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Wollen wir nun weiterkommen, dann müssen wir unsere Übungen auch fortsetzen. Diese Übungen bestehen aus vielen, vielen Einzelheiten. Ich habe es in den Büchern geschildert und will hier nur das Prinzipielle angeben. Das erste bei diesen Übungen bestand darin, daß die Denkkraft verstärkt wird, daß man dazu kommt, ein imaginatives Denken auszubilden, ein Denken, das so lebendig ist wie sonst nur das Erleben an der Sinneswahrnehmung. Das zweite, was man ausbilden muß, kann in der folgenden Weise charakterisiert werden. Derjenige, der vollbewußt solche Imaginationen entwikkelt, durch die er dann die Ätherwelt, die Bildekräftewelt kennenlernt, der kommt auch in die Lage einzusehen, daß diese Imaginationen, diese Bilder — denn als Bilder tritt das eigene bisherige Leben einem entgegen in einem großen Tableau, tritt einem die äußere Welt entgegen in einem universellen Tableau —, daß diese Bilder, trotzdem man sie ganz willkürlich hervorgerufen hat, einen stärker festhalten als die gewöhnlichen, blassen, schattenhaften Gedanken. Die meisten Menschen wissen ja, daß diese blassen, schattenhaften Gedanken leider nur zu schnell in Vergessenheit geraten — besonders vor dem Examen ist das meistens der Fall. Aber wenn man eben eine starke Kraft angewendet hat in den Gedanken, so halten einen die Gedanken fest, sie wollen einen nicht mehr loslassen. Man muß nun, um weiterzukommen, nicht auf dieser Stufe stehenbleiben. Mit derselben Willkür, mit der man in die Seele hereingerufen hat diese Bilder, diese Imaginationen, mit derselben Kraft und Willkür muß man sie auch wieder zu entfernen verstehen, sie aus der Seele fortschicken können, so daß man das in der Seele haben kann, was ich nun nennen möchte: Leerheit des Bewußtseins.

Il suffit de voir à quoi ressemble cette vacuité de la conscience dans la vie ordinaire. Lorsque la conscience vide apparaît dans la vie ordinaire, il n'y a généralement plus de conscience, on s'endort. La conscience ordinaire s'endort lorsqu'elle devient vide d'impressions sensorielles, de souvenirs et ainsi de suite. Mais c'est justement la différence entre cette conscience ordinaire et celle que l'on a déjà acquise dans la reconnaissance imaginative, que l'on apprend à atténuer, à réduire complètement ces imaginations, et que l'on se trouve maintenant face au monde dans un état absolument éveillé. J'aimerais dire : totalement dans l'attente. On veille, on n'a rien dans la conscience, parce qu'on a effacé les imaginations avec la force puissante qui était nécessaire. On attend en veillant ce qui va se passer. Et si l'on a créé une conscience vide en éliminant d'abord une force de pensée renforcée, alors cette conscience vide n'attend pas en vain. Le monde suprasensible pénètre alors dans cette conscience vide, il y pénètre exactement de la même manière que le monde sensible pénètre par nos yeux et nos oreilles, par notre organisme thermique et ainsi de suite. Nous découvrons alors qu'un monde suprasensible nous entoure et qu'il pénètre maintenant dans la conscience vide comme le monde spirituel, mais éveillé comme nous avions auparavant le monde sensible autour de nous. Et pourtant, parce que nous accomplissons tout cela avec une conscience arbitraire absolue, la conscience originelle de la vie quotidienne, c'est-à-dire le bon sens, reste toujours présente à côté de cette conscience élevée, contrairement à l'état de quelqu'un qui hallucine et qui a des visions, car dans ce cas, toute sa conscience se transforme en visions particulières. Ce n'est pas le cas de la conscience dont je parle. La conscience quotidienne, par laquelle nous sommes fermement ancrés dans la vie, dans la science ordinaire, reste à côté à chaque étape, elle reste continuellement présente comme contrôleur. Ceux qui parlent du fait que ce qui est décrit comme la conscience anthroposophique pourrait être basé sur des visions ou des hallucinations, ne savent pas de quoi il s'agit. Ils parlent sans se demander de quoi il s'agit.

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Machen Sie sich nur klar, wie diese Leerheit des Bewußtseins im gewöhnlichen Leben ausschaut. Wenn leeres Bewußtsein im gewöhnlichen Leben eintritt, da ist eben meistens kein Bewußtsein mehr vorhanden, da schläft man ein. Das gewöhnliche Bewußtsein schläft ein, wenn es leer von Sinneseindrücken, von Erinnerungen und so weiter wird. Aber das ist eben der Unterschied zwischen diesem gewöhnlichen Bewußtsein und dem, was man sich jetzt schon errungen hat im imaginativen Erkennen, daß man dämpfen lernt, ganz herabdämpfen lernt diese Imaginationen, und daß man doch nun der Welt gegenübersteht in einem absolut wachenden Zustand. Ich möchte sagen: ganz Erwartung. Man wacht, hat nichts im Bewußtsein, weil man mit der starken Kraft, die notwendig war, die Imaginationen getilgt hat. Man erwartet wachend, was sich nun ergibt. Und wenn man leeres Bewußtsein dadurch hergestellt hat, daß man erst verstärkte Denkkraft tilgen mußte, dann wartet dieses leere Bewußtsein nicht vergebens. Dann dringt in dieses leere Bewußtsein ein die übersinnliche Welt, dringt genau so ein, wie die sinnliche Welt durch unsere Augen und Ohren, durch unseren Wärmeorganismus und so weiter eindringt. Da machen wir die Entdeckung, daß uns eine übersinnliche Welt umgibt, die nun in das leere, aber wache Bewußtsein hereindringt als die geistige Welt, wie wir vorher die sinnliche Welt um uns hatten. Dabei bleibt immer, weil wir alles das vollziehen mit absolutem Willkür-Bewußtsein, neben diesem erhöhten Bewußtsein das ursprüngliche Bewußtsein des alltäglichen Lebens, das heißt der gesunde Menschenverstand, vorhanden, im Gegensatz zu dem Zustand, wenn jemand halluziniert und Visionen hat, denn dabei geht sein ganzes Bewußtsein in einzelne Visionen über. Das ist bei dem Bewußtsein, von dem ich spreche, nicht der Fall. Das Alltagsbewußtsein, durch das wir fest drinnenstehen im Leben, in der gewöhnlichen Wissenschaft, das bleibt bei jedem Schritt daneben, bleibt fortwährend als Kontrolleur vorhanden. Diejenigen, die davon sprechen, daß auch das, was da als anthroposophisches Bewußtsein geschildert wird, auf Visionen oder Halluzinationen beruhen könnte, die wissen nicht, um was es sich handelt. Die reden, indem sie sich nicht erkundigen, um was es sich handelt.

Mais si un monde suprasensible pénètre maintenant dans notre environnement à travers la conscience vide, alors nous sommes aussi en mesure de percevoir en nous-mêmes autre chose que le simple corps éthérique en forme de tableau décrit précédemment. Nous sommes maintenant en mesure de voir au-delà de la naissance et de la conception. En éliminant ce qu'est le corps de forces imagées, nous ne voyons plus rien de l'être humain entier entre la naissance et le moment actuel de l'expérience, à travers la conscience vide. Car si nous avons appris à effacer les imaginations et à avoir une conscience vide, nous pouvons aussi effacer tout ce qui nous remplit en tant que corps éthérique et regarder en arrière sur nous-mêmes avec une conscience vide. Certes, cet humain ordinaire reste là pour celui qui se trouve à côté et qui peut le contempler. Mais cette conscience élevée pénètre maintenant dans le monde dans lequel nous étions avant de descendre du monde spirituel et d'adopter un corps terrestre de nos parents et d’arrières (?) parents. Maintenant, nous regardons le monde dans lequel, avant d'être enveloppés d'un corps physique, nous étions unis à ces substances spirituelles qui sont dans le monde spirituel. Nous apprenons maintenant à reconnaître ce que nous étions avant de descendre dans la vie physique. Nous apprenons maintenant à reconnaître une chose supplémentaire de manière suprasensorielle.

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Aber wenn jetzt durch das leere Bewußtsein aus unserer Umgebung eine übersinnliche Welt eindringt, dann sind wir auch in der Lage, noch weiteres an uns selber wahrzunehmen als bloß den vorher geschilderten tableauartigen Ätherleib. Jetzt kommen wir in die Lage, hinauszuschauen über Geburt und Konzeption. Indem wir austilgen können, was der ganze Bildekräfteleib ist, sehen wir durch das leere Bewußtsein nichts mehr von dem ganzen Menschen zwischen der Geburt und dem jetzigen Erlebnis-Zeitpunkte. Denn haben wir gelernt, die Imaginationen zu tilgen und leeres Bewußtsein zu haben, so können wir alles, was uns als Ätherleib erfüllt, auch austilgen und mit leerem Bewußtsein auf uns selbst zurückschauen. Da bleibt zwar dieser gewöhnliche Mensch für den Danebenstehenden da, der kann den betrachten. Aber dieses erhöhte Bewußtsein dringt jetzt hinaus in diejenige Welt, in der wir waren, bevor wir heruntergestiegen sind aus der geistig-seelischen Welt und einen irdischen Leib von unseren Eltern und Ureltern angenommen haben. Jetzt schauen wir in die Welt, in der wir, bevor wir mit einem physischen Leibe umhüllt waren, vereinigt waren mit jenen geistigen Substanzen, die in der geistigen Welt sind. Jetzt lernen wir erkennen, wie wir waren, bevor wir heruntergestiegen sind in das physische Leben. Jetzt lernen wir ein Weiteres übersinnlich erkennen.

Nous avons d'abord, en nous considérant comme des êtres physiques terrestres, notre corps spatial, le corps physique ; nous avons le deuxième corps, que nous saisissons par la connaissance imaginative, qui est suprasensible, mais qui ne mène pas au-delà de la vie terrestre ; mais maintenant nous avons le troisième corps. Parce qu'il mène dans les mondes stellaires, on l'appelle - ce n'est qu'une terminologie - le corps astral. On apprend à connaître la véritable essence de l'âme humaine. On apprend à connaître cette troisième entité, la deuxième entité suprasensible de l'humain.

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Wir haben zuerst, indem wir uns als physisches Erdenwesen betrachten, unseren Raumesleib, den physischen Leib; wir haben den zweiten Leib, den wir durch imaginative Erkenntnis erfassen, der ein übersinnlicher ist, aber nicht über das Erdenleben hinausführt; jetzt aber haben wir den dritten Leib. Weil er in die Sternenwelten führt, nennt man ihn — es ist nur eine Terminologie — den Astralleib. Das eigentliche Seelenwesen des Menschen lernt man kennen. Man lernt dieses Dritte, die zweite übersinnliche Wesenheit des Menschen, kennen.

Mais nous l'avons aussi dans notre corps pendant la vie terrestre. Elle est voilée dans le corps physique. Elle était présente avant notre naissance ou notre conception. C'est alors que l'on parvient, par l'observation, à la connaissance de l'un des aspects de l'éternité de l'humain. Nous avons tellement perdu ce côté de l'éternité de l'humain que les langues modernes n'ont presque plus de mot pour le désigner. Nous parlons d'immortalité, de ce que nous avons à travers les traditions, qui n'étaient pourtant que les traditions des derniers millénaires, nous parlons de prolongement au-delà de la mort. Que l'on puisse aussi parler d'un prolongement au-delà de la naissance, cela nécessiterait que nous connaissions aussi l'autre côté de l'éternité et que nous forgions le mot innatalité, car cette innatalité est l'autre côté de l'éternité.

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Diese haben wir aber auch in unserem Leibe im Erdenleben. Sie verhüllt sich im physischen Leibe. Sie war vorhanden vor unserer Geburt beziehungsweise unserer Empfängnis. Da gelangt man dann durch Anschauung zur Erkenntnis der einen Seite der Ewigkeit des Menschen. Wir haben so sehr diese eine Seite der Ewigkeit des Menschen verloren, daß die modernen Sprachen kaum mehr ein Wort dafür haben. Wir reden von Unsterblichkeit, von demjenigen, was wir durch die Traditionen, die aber nur die Traditionen der letzten Jahrtausende waren, haben, reden von der Verlängerung über den Tod hinaus. Daß man auch reden kann von einer Verlängerung über die Geburt hinaus, das würde notwendig machen, daß wir auch von der anderen Seite der Ewigkeit wissen und das Wort Ungeborenheit prägen, denn diese Ungeborenheit ist die andere Seite der Ewigkeit.

Or, c'est ainsi que nous nous sommes élevés à de telles connaissances, qui ne peuvent pas pénétrer dans notre état d'âme autrement qu'en apprenant à connaître quelque chose qui nous est justement totalement fermé dans notre conscience ordinaire. Je vous ai décrit comment la conscience vide doit entrer et comment, à partir du monde spirituel, le contenu du monde suprasensible doit pénétrer dans cette conscience vide, de la même manière que le monde sensible pénètre dans les yeux et les oreilles. Cette deuxième étape de la connaissance suprasensible, je l'appelle l'inspiration : la connaissance inspirée. Par la connaissance inspirée, nous entrons directement dans le monde suprasensible réel. Nous apprenons avant tout à nous connaître nous-mêmes en tant qu'être suprasensible dans notre existence prénatale. Nous apprenons aussi à reconnaître l'environnement spirituel. Et c'est là que quelque chose de très important se produit. Je ne veux aujourd'hui que l'esquisser, nous le développerons plus précisément dans les jours à venir. Prenez le rapport entre l'environnement et notre propre monde intérieur. Nous pouvons le décrire en disant que pour la conscience ordinaire, il y a le monde matériel à l'extérieur. Si nous nous plaçons maintenant objectivement face à l'humain, nous disons : Lorsque l'humain regarde dans ce monde matériel à travers ses yeux et perçoit autre chose à travers ses oreilles, il y a dehors les choses et les faits matériels, et à l'intérieur de l'être de l'âme, en pensant, en ressentant et en voulant, se trouve ses contenus idéels, ses contenus psychiques/d'âme. En percevant les choses matérielles, l'humain porte dans son âme intérieure, sous forme d'image, de représentation, finement et finement d'âme, ce monde matériel extérieur. Dès l'instant où nous apprenons à saisir dans notre conscience vide le monde spirituel qui nous entoure, quelque chose de nouveau se produit aussi pour notre intérieur.

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Nun, auf diese Weise sind wir aber aufgestiegen zu solchen Erkenntnissen, die nun nicht anders in unsere Seelenverfassung hereinkommen können als dadurch, daß wir etwas kennenlernen, was uns eben ganz verschlossen ist für unser gewöhnliches Bewußtsein. Ich schilderte Ihnen ja, wie leeres Bewußtsein eintreten muß und wie aus der geistigen Welt hereinkommen muß in dieses leere Bewußtsein der Inhalt der übersinnlichen Welt so, wie sonst hereindringt in Augen und Ohren die sinnliche Welt. Diese zweite Stufe der übersinnlichen Erkenntnis nenne ich Inspiration: die inspirierte Erkenntnis. Durch die inspirierte Erkenntnis kommen wir nun unmittelbar hinein in die wirkliche übersinnliche Welt. Wir lernen vor allen Dingen uns selbst als übersinnliches Wesen erkennen in unserem vorgeburtlichen Dasein. Wir lernen auch die geistige Umwelt erkennen. Und jetzt tritt etwas sehr Bedeutsames ein. Ich möchte es Ihnen heute zunächst nur skizzenhaft andeuten, in den nächsten Tagen wird es noch genauer ausgeführt werden. Nehmen Sie das Verhältnis der Umwelt zu unserer eigenen inneren Welt. Wir können dieses so beschreiben, daß wir sagen, für das gewöhnliche Bewußtsein ist da draußen die materielle Welt. Wenn wir uns nun dem Menschen objektiv gegenüberstellen, so sagen wir: Wenn der Mensch durch seine Augen in diese materielle Welt hineinschaut, durch seine Ohren anderes wahrnimmt, so sind da draußen die materiellen Dinge und Tatsachen, und im Seelenwesen drinnen sind denkend, fühlend und wollend seine ideellen, seine seelischen Inhalte. Indem der Mensch das Materielle wahrnimmt, trägt er in seinem seelischen Inneren bildhaft, als Abbild, seelisch fein, seelisch dünn, diese äußere materielle Welt. In dem Augenblick, wo wir lernen, in unserem leeren Bewußtsein die geistige Welt um uns herum zu erfassen, da tritt auch für unser Inneres etwas Neues auf.

Supposons que, pour la conscience inspirée, je voie ce monde matériel désormais imprégné du monde spirituel. Maintenant, à l'intérieur de l'humain, ce n'est pas ce qui est vu comme spirituel à l'extérieur qui apparaît de manière imagée, mais on apprend à reconnaître le spirituel à l'extérieur tel qu'il se reflète à l'intérieur de l'humain, et là, il se reflète comme ses organes physiques, comme ses poumons, son foie, son cœur, ses reins et ainsi de suite, comme tout ce qui est d'abord matériel à l'intérieur. Il y a un retournement complet, une réciprocité. Alors que le monde matériel se reflète en nous d'une manière spirituelle pour la conscience ordinaire, le monde spirituel se reflète en nous à travers nos organes. Nous apprenons à nous connaître intérieurement en tant qu'êtres humains physiques en prenant conscience du monde spirituel qui nous entoure. Avant cela, on ne comprend pas l'humain physique. Avant, on apprend par l'anatomie à connaître extérieurement le cœur, les poumons, le foie, mais aucun lien avec le monde extérieur. On apprend à connaître le cœur, les poumons et le foie par l'anatomie et la physiologie comme si on apprenait que l'humain a toutes sortes de représentations à l'intérieur de lui, mais qu'on ne sait pas que ses images intérieures se rapportent au monde extérieur. On ne sait pas que ces organes se rapportent au monde extérieur spirituel. C'est ici que se trouve l'origine de ce qui devient possible, par exemple, comme effet de la science de l'esprit dans une médecine rationnelle. Car c'est seulement maintenant que l'on apprend à connaître réellement l'humain, que l'on apprend à connaître la nature intérieure de son organisme. On ne peut la connaître d'aucune manière auparavant. On ne peut la connaître que de l'extérieur.

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Nehmen Sie an, ich sähe für das inspirierte Bewußtsein diese materielle Welt nunmehr durchdrungen von der geistigen Welt. Jetzt tritt im Inneren des Menschen nicht bildhaft auf dasjenige, was da draußen als geistig geschaut wird, sondern jetzt lernt man erkennen das Geistige draußen, wie es sich im Inneren des Menschen spiegelt, und da spiegelt es sich als seine physischen Organe, als Lunge, Leber, Herz, Nieren und so weiter, als alles dasjenige, was materiell zunächst im Inneren ist. Es ist ein vollständiges Umkehren, eine Reziprozität vorhanden. Während die materielle Welt sich in uns spiegelt auf geistig-seelische Weise für das gewöhnliche Bewußtsein, spiegelt sich die geistige Weit durch unsere Organe in uns. Wir lernen uns innerlich als physische Menschen kennen, indem wir die geistige Welt um uns herum gewahr werden. Vorher versteht man den physischen Menschen nicht. Vorher lernt man durch Anatomie äußerlich Herz, Lunge, Leber kennen, aber keinen Zusammenhang mit der äußeren Welt. Man lernt durch Anatomie und Physiologie Herz, Lunge, Leber so kennen, wie wenn man kennenlernen würde, daß der Mensch allerlei Vorstellungen in seinem Inneren hat, aber nicht wüßte, daß seine inneren Bilder sich auf die Außenwelt beziehen. Man weiß nicht, daß diese Organe sich auf die geistige Außenwelt beziehen. Hier liegt der Ursprung desjenigen, was zum Beispiel als die Auswirkung der Geisteswissenschaft in einer rationellen Medizin möglich wird. Denn man lernt jetzt erst den Menschen wirklich kennen, man lernt die innere Natur seines Organismus kennen. Die kann man vorher auf keine Weise kennenlernen. Man kann sie nur äußerlich erkennen.

C'est la deuxième étape de la connaissance suprasensible, du chemin de recherche suprasensible, c'est l'étape de l'inspiration. On atteint un troisième niveau en s'adressant à la volonté. On peut aussi former cette volonté, en particulier en devenant tout d'abord très clair sur ce qu'il en est de cette volonté dans la vie ordinaire. Il a déjà été mentionné, y compris par d'autres personnes ces jours-ci, que l'humain est en fait un être constamment endormi en ce qui concerne la nature de sa volonté. Si je ne fais que lever le bras, j'ai d'abord dans la représentation le but de lever le bras. Mais ce qui se passe ensuite, lorsque je plonge cette pensée du but dans l'entité humaine et que je fais naître le mouvement du bras par la volonté, échappe d'abord à la faculté de connaissance humaine. Je deviens à nouveau conscient, et à nouveau par la perception, du bras levé, mais la volonté reste aussi inconsciente pour la conscience ordinaire que les états que nous vivons en dormant restent inconscients pour le dormeur lui-même. En fait, nous ne sommes éveillés dans la conscience ordinaire que pour notre vie imaginaire ; nous dormons dans la conscience ordinaire pour notre vie de volonté. Mais nous pouvons élever cette vie de volonté à l'état de veille. Les exercices pour cela sont très différents des exercices qui sont d'abord des exercices de pensée, comme je les ai décrits. Et la différence nous apparaîtra le mieux si je vous explique la chose par un trait caractéristique.

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Das ist nun die zweite Stufe der übersinnlichen Erkenntnis, des übersinnlichen Forschungsweges, das ist die Stufe der Inspiration. Eine dritte Stufe wird dadurch erreicht, daß man sich an den Willen wendet. Man kann nun auch diesen Willen ausbilden insbesondere dadurch, daß man wiederum zunächst sich ganz klar -wird, was es mit diesem Willen für eine Bewandtnis hat im gewöhnlichen Leben. Es ist ja schon erwähnt worden, auch von anderen Seiten in diesen Tagen, daß der Mensch eigentlich in bezug auf seine Willensnatur fortwährend ein schlafendes Wesen ist. Wenn ich nur meinen Arm erhebe, so habe ich zuerst in der Vorstellung das Ziel, daß ich meinen Arm heben will. Was aber dann vorgeht, indem ich diesen Zielgedanken hinuntertauche in die menschliche Wesenheit und durch den Willen die Armbewegung hervorbringe, das entzieht sich zunächst der menschlichen Erkenntnisfähigkeit. Ich werde wiederum gewahr, und wiederum durch das Wahrnehmen, den gehobenen Arm, aber der Wille bleibt so unbewußt für das gewöhnliche Bewußtsein, wie die Zustände, die wir schlafend durchleben, für den Schläfer selbst unbewußt bleiben. Wir sind eigentlich wach im gewöhnlichen Bewußtsein nur für unser Vorstellungsleben; wir schlafen im gewöhnlichen Bewußtsein für unser Willensleben. Aber wir können dieses Willensleben in den Wachzustand hinaufheben. Die Übungen dazu sind sehr verschieden von den Übungen, die zunächst Denkübungen sind, wie ich sie geschildert habe. Und die Verschiedenheit wird uns am besten dadurch entgegentreten, daß ich Ihnen die Sache an einer charakteristischen Eigenschaft klarmache.

Celui qui veut atteindre quelque chose par de tels exercices, par exemple dans l'observation du corps éthérique, doit cependant passer par des préparatifs. Les exercices préparatoires sont décrits dans les livres mentionnés. Il s'agit par exemple de la préparation à une qualité que j'aimerais appeler la présence d'esprit. Dans la vie ordinaire, la présence d'esprit consiste à pouvoir prendre des décisions rapides face à une situation. Mais cela doit devenir une qualité habituelle pour celui qui veut s'élever dans les mondes spirituels. Car ce qui doit être perçu n'est pas si facile à percevoir, mais en fait, les personnes qui pratiquent très assidûment, si je peux les appeler ainsi, pensent : je ne peux rien percevoir. Ils ne le peuvent pas parce qu'ils ne sont pas suffisamment préparés à la présence d'esprit, car les choses passent si vite qu'il faut les saisir rapidement. La plupart des humains n'ont que des capacités d'âme telles que lorsqu'ils doivent tourner leur attention vers ce qu'ils doivent vivre spirituellement, c'est déjà parti. Il s'agit donc de la présence d'esprit.

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Derjenige, der etwas durch solche Übungen erreichen will, zum Beispiel in der Beobachtung des Ätherleibes, der muß allerdings Vorbereitungen durchmachen. Die vorbereitenden Übungen finden Sie in den genannten Büchern geschildert. Da handelt es sich zum Beispiel um die Vorbereitung zu einer Eigenschaft, die ich nennen möchte die Geistesgegenwart. Geistesgegenwart im gewöhnlichen Leben besteht darin, daß man schnelle Entschlüsse fassen kann gegenüber einer Situation. Das muß aber eine habituelle Eigenschaft werden für den, der in die geistigen Welten hinaufsteigen will. Denn dasjenige, was da wahrzunehmen ist, es ist nicht so bequem wahrzunehmen, sondern es ist tatsächlich so, daß sehr fleißig übende Menschen, wenn ich sie so nennen darf, glauben: Ich kann nichts wahrnehmen. Sie können es nicht, weil sie nicht genügend vorbereitet sind für Geistesgegenwart, denn die Dinge huschen so schnell vorbei, daß man sie schnell ergreifen muß. Die meisten Menschen haben nur solche Seelenfähigkeiten, daß, wenn sie die Aufmerksamkeit wenden sollen auf das, was sie geistig erleben sollen, es schon fort ist. Es handelt sich also um Geistesgegenwart.

C'est exactement la qualité opposée qu'il faut développer pour les exercices de la volonté. Il s'agit là de l'application la plus élémentaire de la volonté accomplie dans la vie ordinaire, quand on marche, quand on saisit, quand on se déplace, en général quand on fait quelque chose, quand on accomplit des actions, des actes. Tant que l'on ne développe la volonté qu'intérieurement dans la vie, il n'y a en fait qu'un désir/souhait, pas de volonté. Une véritable volonté est toujours liée à un processus organique, je pourrais même dire à un processus de combustion. La volonté vraiment accomplie modifie en effet l'organisme. Elle est liée à l'organisme dans le processus métabolique. Mais dans quelle situation nous trouvons-nous par rapport à la volonté ordinaire ? Nous sommes dans une situation où nous ne nous voyons pas du tout. Les impulsions de la volonté se déroulent, nous regardons à l'intérieur de nous-mêmes, nous sommes psychiquement opaques/opaques de l'âme à ces impulsions de la volonté. Nous regardons dans les ténèbres en ce qui concerne la volonté. Mais nous pouvons éclaircir ces ténèbres. Nous pouvons nous rendre psychiquement transparents/transparent de l'âme. Mais pour cela, il faut beaucoup de patience, car nous devons maintenant prolonger nos exercices sur de longues périodes. Je vais vous dire un exercice simple, vous trouverez les exercices plus compliqués dans les livres mentionnés. Prenons donc un exercice simple : j'ai, par exemple, une habitude, j'écris d'une certaine manière, j'ai une écriture. Une fois que l'on est devenu un vieux gars, on ne s'habitue pas volontiers à une autre écriture. Cela demande des efforts, un effort intérieur. C'est quelque chose qui reste en nous, même si cela se manifeste à l'extérieur par l'écriture. Mais tous les processus de volonté pour changer d'écriture se déroulent à l'intérieur. Mis à part le fait que je ne voudrais pas conseiller, même pour des raisons extérieures, que l'on fasse cet exercice trop fortement - je veux seulement illustrer quelque chose, et non pas donner des instructions pour falsifier l'écriture. Mais si l'on parvenait à faire un tel effort de volonté que l'on puisse changer quelque chose d'aussi imbriqué dans l'être humain que l'écriture ou d'autres habitudes, bref, si l'on se transforme en un humain complètement différent par une conscience intérieure, par une culture de la volonté, on peut rendre la volonté transparente. Il faut des années pour cela. En particulier, il est bon d'accepter d'assimiler certaines qualités que l'on trouve d'abord seulement belles, mais que l'on n'a pas, en se disant par exemple : "Je veux être un humain : tu vas consacrer les huit prochaines années à acquérir de force certaines qualités que tu n'as pas, certaines manières particulières de te comporter. Ce que je viens de décrire semble facile, mais on a envie de dire avec Faust : "Mais ce qui est facile est difficile". Et celui qui fait de tels exercices verra qu'il est difficile d'amener ainsi la volonté dans une autre direction par une forte discipline de soi. En bref, ce qui ne s'exprime normalement que dans les moments où la volonté devient pleine en manifestant son existence à l'extérieur par l'action, appliquée au développement de la volonté elle-même, nous amène - vous trouverez également des détails sur ces exercices dans les livres - à regarder vraiment en bas en nous-mêmes, à nous rendre complètement transparents par rapport à la volonté. Je voudrais essayer de vous faire comprendre par une comparaison ce que l'on obtient ainsi. Comment voyons-nous à travers nos yeux ? Uniquement par le fait que l'œil est désintéressé, qu'il ne fait pas valoir sa propre substantialité. Il est transparent. Dès l'instant où l'œil renonce partiellement à ce désintéressement, où il se met lui-même en valeur, il ne peut plus nous servir à voir. Il doit s'effacer lui-même.

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Genau die entgegengesetzte Eigenschaft muß man ausbilden für Willensübungen. Da handelt es sich darum, daß man im gewöhnlichen Leben den vollendeten Willen am elementarsten anwendet, wenn man geht, greift, sich bewegt, überhaupt wenn man etwas tut, wenn man Handlungen, Taten vollführt. Solange man den Willen nur innerlich entwickelt im Leben, ist ja eigentlich nur ein Wunsch, kein Wille vorhanden. Ein wirklicher Wille ist immer verbunden auch mit einem organischen Prozeß, ich könnte auch sagen mit einem Verbrennungsprozeß. Der wirklich vollendete Wille, der ändert in der Tat den Organismus. Der ist im Stoffwechselprozeß mit dem Organismus verknüpft. Aber in welcher Lage sind wir gegenüber dem gewöhnlichen Willen? Da sind wir in der Lage, daß wir uns gar nicht durchschauen. Die Willensimpulse spielen sich ab, wir blicken in unser Inneres, wir sind uns seelisch undurchsichtig für diese Willensimpulse. Wir schauen in ein Finsteres hinein in bezug auf den Willen. Wir können aber dieses Finstere lichten. Wir können uns seelisch durchsichtig machen. Dazu gehört aber viel Geduld, denn jetzt müssen wir unsere Übungen über große Zeitspannen ausdehnen. Ich will Ihnen eine einfache Übung sagen, die komplizierteren finden Sie auch wieder in den genannten Büchern. Nehmen wir also eine einfache Übung: Ich habe zun-i Beispiel eine Gewohnheit, ich schreibe in einer gewissen Weise, ich habe eine Handschrift. Wenn man einmal ein alter Kerl geworden ist, gewöhnt man sich nicht gerne eine andere Handschrift an. Es kostet Mühe, kostet innerliche Überwindung. Es ist etwas, was in einem bleibt, obwohl es ja nach außen sich kundgibt, indem man schreibt. Aber die ganzen Willensvorgänge zum Umändern der Handschrift spielen sich im Inneren ab. Abgesehen davon, daß ich auch aus äußerlichen Gründen nicht raten möchte, daß man gerade diese Übung zu stark macht — ich will ja daran nur etwas veranschaulichen, nicht gerade eine Anleitung geben zum Handschriftenfälschen. Wenn man es aber dazu brächte, den Willen so anzustrengen, daß man etwas so in den Menschen Hineinverwobenes umändern könnte wie die Handschrift oder auch andere Gewohnheiten, kurz, wenn man sich zum völlig anderen Menschen macht durch innere Bewußtheit, durch Willenskultur, kann man den Willen durchsichtig machen. Man braucht dazu Jahre. Insbesondere ist es gut, wenn man sich herbeiläßt, gewisse Eigenschaften, die man zunächst nur als schön empfindet, aber nicht hat, sich einzuverleiben, indem man sich zum Beispiel vornimmt: Du wirst die nächsten acht jahre dazu verwenden, um gewisse Eigenschaften, die du nicht hast, gewisse besondere Arten des SichDarlebens, dir mit aller Gewalt anzuerziehen. Was ich schildere, scheint leicht, doch möchte man mit Faust sagen: «Doch ist das Leichte schwer». Und derjenige, der solche Übungen macht, wird sehen, daß es schwer ist, den Willen in dieser Weise durch starke Selbstzucht in eine andere Richtung zu bringen. Kurz, das, was sich sonst nur auslebt in Momenten, wo der Wille voll wird, indem er nach außen sein Dasein in der Handlung kundgibt, das auf die Willensentwickelung selber angewendet, das bringt uns dazu — das Genauere über diese Übungen finden Sie auch in den Büchern —, durch solche Übungen nun wirklich in sich hinunterzuschauen, sich in bezug auf den Willen ganz durchsichtig zu machen. Durch einen Vergleich möchte ich versuchen Ihnen klarzumachen, was man da erreicht. Wodurch sehen wir eigentlich durch unsere Augen? Nur dadurch, daß das Auge selbstlos ist, daß es seine eigene Substantialität nicht geltend macht. Es ist durchsichtig. In dem Augenblick, wo das Auge teilweise diese Selbstlosigkeit aufgibt, sich selbst zur Geltung bringt, kann es uns nicht mehr dienen zum Sehen. Es muß sich selber auslöschen.

Maintenant, je ne vais pas prétendre que, pour la vie ordinaire, notre corps physique est malade et qu'il doit être rendu sain par des exercices. Il n'en est pas ainsi. Pour la vie et pour la science ordinaire, notre corps est bien sûr sain, mais il ne convient pas à la perception suprasensible. C'est là qu'il doit être transformé. Non pas comme s'il restait continuellement transformé. Il reste toujours l'humain avec son bon sens ordinaire à côté de lui. Il ne s'agit pas non plus d'une absorption de l'un dans l'autre, d'une disparition de l'humain ordinaire et sain. Les deux, la personnalité développée et la personnalité originelle avec le bon sens, restent côte à côte, de sorte que la seconde joue un rôle de contrôle pour la première. Mais pour la conscience supérieure, qui doit déjà être vide, nous arrivons à ce que notre corps ne soit plus là pour la perception psychique. Nous voyons en quelque sorte à travers notre corps. Nous voyons comment la volonté agit en nous.

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Nun werde ich nicht behaupten, daß für das gewöhnliche Leben unser physischer Leib krank sei und gesund gemacht werden müsse durch Übungen. So ist es nicht. Für das Leben und für die gewöhnliche Wissenschaft ist unser Leib selbstverständlich gesund, aber er taugt nichts zum übersinnlichen Wahrnehmen. Da muß er eben umgestaltet werden. Nicht als ob er fortwährend umgestaltet bliebe. Es bleibt immer der Mensch mit dem gewöhnlichen, gesunden Menschenverstand daneben. Es handelt sich auch nicht um ein Aufgehen des einen in den anderen Menschen, ein Verschwinden des gewöhnlichen, gesunden Menschen. Beide, die entwickelte Persönlichkeit und die ursprüngliche Persönlichkeit mit dem gesunden Menschenverstand bleiben nebeneinander, so daß die letztere für die erstere kontrollierend auftritt. Aber für das höhere Bewußtsein, das schon leer sein muß, gelangen wir dazu, daß unser Leib nun nicht mehr für das seelische Wahrnehmen da ist. Wir sehen gewissermaßen durch unseren Leib hindurch. Wir sehen, wie der Wille in uns wirkt.

Dans la science ordinaire, on ne voit pas comment la volonté agit. C'est pourquoi on suppose qu'il existe des nerfs moteurs. On ne sait pas que la volonté agit directement. On a parlé aujourd'hui du fait qu'on ne peut faire la véritable découverte des faits existants ici que lorsqu'on est parvenu à se rendre soi-même transparent comme un organe des sens, de sorte que l'humain tout entier devient comme un seul organe des sens, perméable à l'âme et à l'esprit, comme l'œil est transparent à la lumière. De même que nous devenons libres d'abord par la pensée renforcée et que nous parvenons d'abord au corps de force de l'image, puis au corps astral prénatal, de même nous parvenons maintenant, en ayant ainsi formé la volonté, à connaître l'autre côté de notre être éternel. En rendant notre corps physique transparent, nous sommes en mesure d'évoquer devant notre âme l'image - je dis expressément : l'image - de ce qui se passe avec nous au moment de la mort. Nous quittons alors le corps physique. Celui-ci est remis aux éléments physiques. Le psycho-spirituel/spirituel-âme passe dans le monde spirituel. Ce moment où nous franchissons les portes de la mort pour passer dans le monde spirituel, nous le percevons au moment où notre corps physique devient psychiquement/âmiquement transparent. Dans la connaissance intuitive, cette troisième étape de la connaissance suprasensible, notre corps devient transparent. C'est pourquoi nous apprenons à nous connaître dans l'état dans lequel nous sommes après la mort, lorsque nous n'avons plus de corps physique. Car nous pouvons maintenant faire abstraction de lui, dans la mesure où, au troisième stade de la connaissance, celui de l'intuition, nous nous sommes efforcés de faire abstraction du corps physique. Nous apprenons maintenant à connaître l'autre aspect de l'éternité de l'âme. Nous apprenons à connaître l'immortalité par la contemplation directe.

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Man sieht in der gewöhnlichen Wissenschaft nicht, wie der Wille wirkt. Daher nimmt man an, es gäbe motorische Nerven. Man weiß nicht, daß der Wille unmittelbar wirkt. Es ist heute darüber geredet worden, daß man die wirkliche Entdeckung der hier bestehenden Tatsachen erst dann machen kann, wenn man dazu gekommen ist, sich selber durchsichtig zu machen wie ein Sinnesorgan, so daß der ganze Mensch wie ein einziges Sinnesorgan wird, seelisch-geistig durchlässig, wie das Auge für das Licht durchsichtig ist. Wie wir zuerst durch das verstärkte Denken frei werden und zuerst zum Bildekräfteleib, dann zum vorgeburtlichen Astralleib gelangen, so gelangen wir jetzt dazu, indem wir den Willen auf diese Weise ausgebildet haben, die andere Seite unseres ewigen Wesens kennenzulernen. Dadurch, daß wir unseren physischen Leib durchsichtig gemacht haben, sind wir im Stande, vor unsere Seele zu rufen das Bild — ich sage ausdrücklich: das Bild — dessen, was mit uns vorgeht im Momente des Todes. Da verlassen wir den physischen Leib. Der wird den physischen Elementen übergeben. Das Seelisch-Geistige geht in die geistige Welt hinüber. Dieser Moment, wenn wir durch die Pforte des Todes gehen in die geistige Welt hinüber, wir nehmen ihn wahr in dem Augenblick, wo unser physischer Leib seelisch durchsichtig wird. Im intuitiven Erkennen, dieser dritten Stufe der übersinnlichen Erkenntnis, wird unser Leib durchsichtig. Daher lernen wir uns in dem Zustand er-kennen, in dem wir sind nach dem Tode, wenn wir den physischen Leib nicht mehr haben. Denn wir können jetzt von ihm absehen, indem wir in der dritten, in der intuitiven Stufe des Erkennens uns dazu aufgeschwungen haben, vom physischen Leibe abzusehen. Jetzt lernen wir die andere Seite der Ewigkeit der Seele kennen. Wir lernen die Unsterblichkeit durch unmittelbares Anschauen kennen.

L'anthroposophie n'est pas une spéculation philosophique. Pour connaître l'immortalité, elle ne part pas de la conscience ordinaire, mais elle part du principe qu'il faut réveiller les facultés endormies dans l'âme, dont on se rend compte par la modestie intellectuelle, et s'élever ainsi à la vision du monde spirituel. On apprend à connaître spirituellement l'univers. On apprend à connaître spirituellement son propre être éternel. Et si l'on apprend à connaître ces deux aspects de soi-même, si l'on apprend à reconnaître ce qu'est l'être humain entre la naissance et la mort, lorsque son âme est cachée sous les processus corporels, et si l'on apprend à reconnaître la vie spirituelle et d'âme que nous développons lorsque nous sommes hors du corps avant la naissance ou après la mort, alors les aperçus de notre véritable moi se présentent à nous. Et nous apprenons alors à reconnaître ce qui passe par les vies terrestres répétées. J'aurai d'ailleurs l'occasion de parler demain de ce résultat important, de ce résultat important de la recherche anthroposophique, sur les vies terrestres répétées.

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Anthroposophie ist keine philosophische Spekula-tion. Sie geht, um die Unsterblichkeit kennenzulernen, nicht aus vom gewöhnlichen Bewußtsein, sondern sie geht davon aus, die in der Seele schlummernden Fähigkeiten, über deren Schlummer man sich klar wird durch intellektuelle Bescheidenheit, zu drwecken und sich dadurch zum Schauen der geistigen Welt zu erheben. Man lernt geistig das Universum erkennen. Man lernt geistig sein eigenes, ewiges Wesen kennen. Und lernt man diese beiden Seiten kennen an sich selber, lernt man erkennen, wie auf der einen Seite der Mensch ist zwischen Geburt und Tod, wenn sein Seelisches verborgen ist unter den leiblichen Vorgängen, und lernt man auf der anderen Seite erkennen das geistig-seelische Leben, das wir entfalten, wenn wir außerhalb des Leibes sind vor der Geburt oder nach dem Tode, dann ergeben sich uns auch die Einblicke in unser wahres ich. Und dann lernen wir erkennen dasjenige, was durch die wiederholten Erdenleben durchgeht. Über dieses wichtige Resultat, dieses wichtige Ergebnis anthroposophischer Forschung, über die wiederholten Erdenleben, werde ich allerdings morgen noch zu sprechen haben.

Vous voyez que dans le chemin de la connaissance suprasensible, dans le chemin de la recherche anthroposophique, il s'agit d'abord d'entrer dans le monde des forces formatrices par la connaissance imaginative, de reconnaître la partie suprasensible de nous-mêmes qui est déjà en nous dans la vie physique ordinaire, mais d'une manière suprasensible, le corps des forces formatrices. Ensuite, en nous élevant jusqu'à la connaissance inspirée, nous apprenons à connaître le corps astral, c'est-à-dire le corps de l'âme, nous apprenons à connaître l'entrée dans le corps et la sortie du corps par la mort, et nous apprenons aussi à connaître le moi humain. On entre alors dans un monde spirituel concret, dans un monde d'entités spirituelles. Car ce que l'on reconnaît comme monde spirituel, pour lequel les organes sont formés, avec la conscience vide qui est pourtant éveillée, c'est un monde dans lequel des entités spirituelles se trouvent à côté de notre propre entité spirituelle, à côté de notre propre essence spirituelle-âme. De cette manière, on regarde dans un monde spirituel. Et maintenant, on se rend compte que si l'on veut explorer ce monde spirituel, il faut développer ces trois niveaux de connaissance suprasensible, il faut faire sortir de l'âme la connaissance imaginative, la connaissance inspirée, la connaissance intuitive. Elles se séparent, elles s'articulent en étapes, si l'on veut connaître le cosmos dans son contenu spirituel en soi-même, en tant qu'entité spirituelle.

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Sie sehen, es handelt sich bei dem übersinnlichen Erkenntnispfade, bei dem anthroposophischen Forschungswege darum, daß man zuerst durch imaginative Erkenntnis hineingelangt in die Bildekräftewelt, daß man dasjenige Übersinnliche von uns erkennt, das schon im gewöhnlichen physischen Leben, aber auf übersinnliche Art, in uns ist, den Bildekräfteleib. Dann lernen wir durch das Aufsteigen zu inspirierter Erkenntnis den Astralleib, das heißt Seelenleib kennen, lernen kennen das In-den-Leib-Eintreten und das wiederum Durchden-Tod-Heraustreten aus dem Leibe, lernen dann auch das menschliche Ich kennen. Man gelangt jetzt in eine konkrete geistige Welt hinein, in eine Welt geistiger Wesenheiten. Denn dasjenige, was man da als geistige Welt, wofür die Organe ausgebildet sind, erkennt mit dem leeren Bewußtsein, das aber doch wach ist, das ist eine Welt, in der geistige Wesenheiten sind neben unserer eigenen geistigen Wesenheit, neben unserem eigenen geistig-seelischen Wesen. Man schaut auf diese Art in eine geistige Welt hinein. Und jetzt wird man gewahr: Will man diese geistige Welt erforschen, so muß man diese drei Stufen übersinnlicher Erkenntnis entwickeln, muß herausholen aus der Seele die imaginative Erkenntnis, die inspirierte Erkenntnis, die intuitive Erkenntnis. Sie legen sich auseinander, sie gliedern sich in Stufen, wenn man den Kosmos in seinem geistigen Inhalt in sich selber als geistige Wesenheit kennenlernen will.

On a déjà reçu une trace d'impression lorsqu'on explore le monde moral dans son essence même. Au fond, on en vient à se trouver, ne serait-ce que pour les impulsions morales, dans le même monde que celui où l'on se trouve habituellement, quand on a devant soi le monde imaginatif, le monde inspiré, le monde intuitif. Seulement, il est en quelque sorte présent pour ce qui est moral de telle sorte que seules les impulsions morales s'y trouvent d'abord. Mais on les trouve quand on est passé par l'imagination et l'inspiration pour arriver à l'intuition. Mais il nous est donné, à nous les humains sur la terre, que seul ce monde, le monde de la moralité, dont nous avons besoin pour la vie terrestre, peut se présenter à l'œil de l'esprit dans sa nature suprasensible dès la conscience ordinaire. Et celui qui comprend la présence réelle de la nature suprasensible du moral peut, s'il développe correctement ce qu'il apprend ici de manière élémentaire comme cosmologie et anthropologie, s'élever à une véritable vision spirituelle du monde, de sorte que les formes spirituelles, puis la vie intérieure spirituelle d'autres êtres spirituels, puis l'interpénétration avec le monde spirituel, comme nous sommes ici interpénétrés avec les autres règnes, se présentent à lui, et que sa propre essence d'âme éternelle se présente réellement à ses yeux. C'est ce que l'on peut apprendre à connaître dans la "philosophie de la liberté", si on ne l'étudie pas seulement de manière théorique, mais si on en fait réellement l'expérience. C'est comme si on lisait les axiomes d'Euclide à la première page d'un livre de géométrie et qu'on se faisait une idée de ce qui va suivre. De même que toute la géométrie découle de ces axiomes, de même, de manière axiomatique, tout le monde spirituel est présent par essence dans la compréhension réelle du monde moral. Mais personne ne doit donc croire qu'il connaît la nature du monde spirituel, s'il ne connaît que la nature des impulsions morales. Il ne connaît que l'axiomatique, l'élémentaire.

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Eine Spur von einem Eindruck hat man schon erhalten, wenn man die sittliche Welt in ihrer eigentlichen Wesenheit durchforscht. Da kommt man im Grunde genommen dazu, wenn auch nur für die sittlichen Impulse, in derselben Welt zu sein, wo man sonst ist, wenn man die imaginative, die inspirierte, die intuitive Welt vor sich hat. Nur ist sie gewissermaßen so vorhanden für das Moralisch.e, daß eben nur zunächst die moralischen Impulse darinnen sind. Die findet man aber, wenn man durchgegangen ist durch Imagination und Inspiration zur Intuition. Aber es ist uns Menschen auf der Erde eben gegeben, daß einzig diese Welt, die Welt des Moralischen, die wir brauchen für das Erdenleben, uns schon für das gewöhnliche Bewußtsein in ihrer übersinnlichen Natur vor dem Geistesauge stehen kann. Und wer versteht das wirkliche Vorhandensein der übersinnlichen Natur des Moralischen, der kann, wenn er nur richtig ausbildet das, was er hier auf elementare Art kennenlernt als Kosmologie und Anthropologie, aufrücken zu einer wirklichen Geisteinsicht in die Welt, so daß ihm die geistigen Gestaltungen, dann das geistige Innenleben anderer Geistwesen und dann das Verwobensein mit der geistigen Welt, wie wir hier mit den anderen Reichen verwoben sind, entgegentreten, und daß ihm auch sein eigenes ewiges Seelenwesen wirklich vor das Seelenauge tritt. Das ist dasjenige, was man an der «Philosophie der Freiheit», wenn man sie nicht bloß theoretisch studiert, sondern wirklich erlebt, kennenlernen kann. Das ist ebenso, wie wenn man die Axiome des Euklid liest auf der ersten Seite eines Geometriebuches und einen Begriff bekommt, was da kommen wird. Wie dann die ganze Geometrie folgt aus diesen Axiomen, so ist, wie axiomatisch, in der wirklichen Einsicht in die sittliche Welt vorhanden ihrer Wesenheit nach die ganze geistige Welt. Aber es darf deshalb niemand glauben, daß er die Natur der geistigen Welt kennt, wenn er nur die Natur der moralischen Impulse kennt. Er kennt nur das Axiomatische, das Elementare.

Ce qui est décrit de cette manière comme méthode de recherche pour les mondes suprasensibles est aujourd'hui quelque chose de déconcertant pour la plupart des gens. Seul celui qui se trouve justement au cœur de ces choses se dit : combien de choses dans notre vie spirituelle actuelle qui sont d'abord apparues comme déconcertantes et qui sont ensuite devenues évidentes. Il suffit de connaître réellement l'histoire spirituelle de l'humanité pour pouvoir se dire : aujourd'hui, la plupart des gens considèrent ce qui doit être dit ainsi comme quelque chose d'absurde, de ridicule, de comique. Plus tard viendra un temps où l'on trouvera cela évident, exactement comme le système copernicien du monde a d'abord été considéré comme curieux, puis est devenu une évidence. Mais on ressentira - et les sentiments sont justement ce qui doit ressortir de la vie de la vision anthroposophique du monde - que cette anthroposophie ne veut vraiment pas se présenter en opposition à ce que sont les sciences naturelles justifiées ou toute autre science de l'art contemporain. Car que veut-elle être au fond ? Cette question devrait justement ressortir de ce que j'ai expliqué aujourd'hui sur les méthodes de recherche de cette anthroposophie : Que veut-elle donc être, cette anthroposophie, également par rapport aux autres sciences, comme par rapport à la vie humaine universelle ? Que veut-elle donc être ?

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Was in dieser Weise als Forschungsmethode geschildert wird für die übersinnlichen Welten, das ist allerdings heute für die meisten Menschen etwas Befremdendes. Allein derjenige, der eben drinnensteht in diesen Dingen, der sagt sich: Wie viel gibt es in unserem heutigen Geistesleben, was zunächst als befremdend aufgetreten und dann ein Selbstverständliches geworden ist. Man braucht nur die Geistesgeschichte der Menschheit wirklich zu kennen, und man wird sich sagen können: Heute sehen die meisten Menschen dasjenige, was so gesagt werden muß, als etwas Absurdes, Lächerliches, als etwas komisch Anmutendes an. Später wird eine Zeit kommen, wo es selbstverständlich gefunden wird, gerade so, wie das kopernikanische Weltsystem zuerst kurios genommen worden ist, dann eine Selbstverständlichkeit geworden ist. Das aber wird man doch empfinden — und Empfindungen sind gerade das Wichtigste, was aus dem Leben der anthroposophischen Weltanschauung hervorgehen soll —, daß diese Anthroposophie wahrhaftig nicht in Opposition auftreten will gegenüber dem, was berechtigte Naturwissenschaft oder sonstige Wissenschaft in der Gegenw-art ist. Denn was will sie im Grunde genommen sein? Diese Frage dürfte gerade aus dem, was ich heute auseinandergesetzt habe über die Forschungsmethoden dieser Anthroposophie, hervorgehen: Was will sie denn sein, diese Anthroposophie, auch in bezug auf die anderen Wissenschaften, wie in bezug auf das universelle menschliche Leben? Was will sie denn sein?

Maintenant, quand nous avons un humain devant nous, nous voyons la formation extérieure de son visage, nous voyons sa physionomie, sa démarche, ses mouvements, ses gestes. Nous ne pouvons pas nous contenter d'une simple constatation : sa démarche est ainsi, son visage est ainsi, etc. Nous considérons cela comme une physionomie extérieure, mais nous n'avons une expérience complète avec cet humain que si nous ajoutons à cette apparence extérieure une expérience avec son âme spirituelle, son âme, si nous voyons l'âme à travers la forme extérieure et les mouvements extérieurs. Mais ainsi, si nous comprenons bien les choses, nous avons aussi donné dans la science extérieure ce que nous décrit la physionomie extérieure de la nature et de l'être humain. De même que l'on ne nie pas que l'humain doive être regardé par les sens, même dans sa forme extérieure, si l'on veut vivre avec son âme, de même on ne nie pas que la physionomie extérieure de la nature et de l'être humain doive être expliquée, décrite, saisie par la science extérieure, si l'on fait valoir qu'il y a derrière tout cela quelque chose qui doit être considéré comme l'âme de la nature, l'âme du cosmos.

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Nun, wenn wir einen Menschen vor uns haben, sehen wir seine äußere Gesichtsbildung, sehen seine Physiognomie, seinen Gang, seine Bewegungen, seine Gesten. Wir können uns nicht zufrieden geben, wenn wir einfach konstatieren: So ist sein Gang, sein Gesicht und so weiter. Wir sehen das als äußere Physiognomie an, aber wir haben erst ein vollständiges Miterleben mit diesem Menschen, wenn wir zu diesem Äußerlichen hinzufügen das Miterleben mit seinem Seelisch-Geistigen, seiner Seele, wenn wir durch die äußere Gestalt und die äußeren Bewegungen die Seele sehen. So haben wir aber auch, wenn wir die Dinge richtig verstehen, in der äußeren Wissenschaft dasjenige gegeben, was uns die äußere Physiognomie der Natur und des Menschenwesens beschreibt. Ebenso wenig, wie man leugnet, daß der Mensch auch seiner äußeren Gestalt nach angeschaut werden muß durch die Sinne, wenn man seine Seele miterleben will, ebenso wenig leugnet man, daß durch die äußere Wissenschaft die äußere Physiognomie der Natur und des Menschenwesens erklärt, beschrieben, erfaßt werden muß, wenn man geltend macht, daß hinter alledem etwas ist, was wie die Seele der Natur, die Seele des Kosmos anzusehen ist.

Et c'est pourquoi, de même qu'un humain raisonnable qui reconnaît l'âme de l'humain ne nie pas non plus son corps, sa configuration extérieure, sa physionomie, l'anthroposophe synthétiquement raisonnable ne nie pas la science extérieure. Au contraire. Il veut se tenir pleinement à l'intérieur. Il veut seulement que, de même que l'humain total porte l'âme dans son corps physique, la science extérieure ait elle aussi une âme pour le développement de l'humanité. Et l'anthroposophie ne veut pas être une opposante à l'esprit scientifique actuel, mais elle veut devenir l'âme de cette science dans l'avenir.

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Und darum handelt es sich, daß ebenso, wie ein ver-nünftiger Mensch, der die Seele des Menschen aner-kennt, auch seinen Leib, seine äußere Gestaltung, seine Physiognomie nicht negiert, der vernünftige Anthroposoph die äußere Wissenschaft nicht negiert. Im Gegen-teil. Er will voll darinnenstehen. Er möchte nur, daß ebenso, wie der totale Mensch in seinem physischen Leibe die Seele trägt, auch die äußere Wissenschaft Seele habe für die Weiterentwickelung der Menschheit. ja, er behauptet, daß sie Seele braucht. Und Anthroposophie möchte nicht eine Opponentin des heutigen Wissen-schaftsgeistes sein, sondern möchte werden die Seele dieses Wissenschaftsbetriebes in der Zukunft.


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QUATRIÈME CONFÉRENCE - LA MÉTHODE DE RECHERCHE ANTHROPOSOPHIQUE.
La Haye, 10 avril 1922.
01
Ce qui semble le plus déconcertant dans l'anthroposophie pour beaucoup d'humains qui ne la connaissent pas encore plus exactement, c'est que cette anthroposophie ne doit pas seulement parler d'autre chose que ce que l'on a l'habitude d'entendre aujourd'hui dans la science extérieure et dans la vie, mais qu'elle doit aussi parler d'une autre manière, sous une autre forme. Et dans un certain sens, c'est justement cette autre manière de s'exprimer, cette autre forme, que l'on pardonne le moins à l'anthroposophie. On commence alors tout de suite à mesurer, à critiquer ce que l'anthroposophie a à dire par rapport à ce que l'on a l'habitude de voir dans la science et la vie actuelles.
02
Ce que je viens de dire devra sans doute ressortir le plus aujourd'hui, alors que je dois m'exprimer devant vous sur la façon et la manière, sur les méthodes par lesquelles l'anthroposophie parvient à ses résultats de recherche. Ces méthodes ont en effet quelque chose de très différent des méthodes d'observation extérieures et des méthodes de pensée habituelles. Aujourd'hui, lorsqu'on parle de méthodologie scientifique, on est habitué à ce que l'on explique des choses qui viennent de l'extérieur à l'humain : Observations, expériences, etc. Et dans le traitement de l'observation et de l'expérimentation, on voit alors les méthodes de la recherche.
03
Ce n'est pas le cas de l'anthroposophie, en particulier lorsqu'il s'agit de la fondation de cette anthroposophie. Et c'est principalement de cela que je veux parler aujourd'hui. Certes, si l'anthroposophie, comme il ressort des discussions déjà menées ici, se répand dans les différentes sciences, en mathématiques, en physique, en chimie, en biologie, etc., les méthodes de recherche spirituelle dont je dois parler aujourd'hui entreront en contact, d'une manière ou d'une autre, avec les méthodes d'expérimentation et d'observation auxquelles on est habitué en clinique, en laboratoire, à l'observatoire, etc. Mais aujourd'hui, il doit d'abord s'agir pour nous de la fondation, de la manière dont on entre dans l'état d'âme par lequel on peut présenter au monde des résultats anthroposophiques. Il s'agit ici du fait que l'on ne peut faire de la recherche dans le domaine de l'anthroposophie que si le chercheur développe ses forces de l'âme, ses forces de connaissance, plus qu'elles ne le sont dans la vie ordinaire, dans la science ordinaire. Il faut développer ce que j'appellerais la modestie intellectuelle. On peut caractériser cette modestie intellectuelle de la manière suivante. Pensez à l'époque où vous étiez enfant, pensez aux expériences d'âme sourdes de votre première enfance. On doit se dire que la vision claire de la vie et de l'environnement mondial que l'on a acquise plus tard dans la vie, faisait encore défaut. La capacité d'orientation face au monde faisait encore défaut. On a développé tout cela en soi. Par rapport à l'enfance, on est devenu un tout autre humain, non seulement sur le plan physique et charnel, mais aussi sur le plan psychique et spirituel. Des facultés ont jailli de l'intérieur, qui nous servent désormais dans la vie et dans la science. Tel est aujourd'hui l'état de l'âme humaine, tel est l'humain qui se dit : "Certes, l'éducation et la vie ont fait sortir de mon intérieur certaines facultés depuis mon enfance. Mais maintenant, j'en ai fini. Maintenant, j'ai certaines capacités ; avec elles, je veux connaître le monde, avec elles, je veux me placer dans le monde en tant qu'humain agissant, en tant qu'humain actif ; avec elles, je veux aussi évaluer mes impulsions religieuses, mes impulsions morales. On ne se dit pas : ce qui s'est passé avec l'âme humaine depuis l'enfance jusqu'à maintenant pourrait peut-être continuer à se dérouler. On pourrait aussi se dire : je pourrais tirer d'autres capacités de mon âme. Je ferais alors de moi, en toute conscience, un humain avec une toute autre capacité d'âme, un humain qui se distinguerait peut-être autant de l'humain normal d'aujourd'hui que je me distingue moi-même, dans ma constitution d'âme actuelle, de la constitution d'âme enfantine.
04
Comme je l'ai dit, il faut de la modestie intellectuelle pour se dire, à un certain moment de sa vie, ce que je viens de caractériser, et ensuite le mettre en pratique. Le mettre en pratique de telle sorte que l'on essaie vraiment d'aller plus loin, de faire remonter des facultés cachées dans l'âme dans le but de poursuivre la recherche. Car d'où les résultats de la recherche scientifique actuelle, d'où les impulsions morales et religieuses de la vie actuelle auraient-elles pu prendre place dans le monde si tous les humains n'avaient évolué qu'avec la constitution d'âme qu'ils avaient dans leur enfance ?
05
Et c'est pourquoi il est justement absolument nécessaire pour la recherche anthroposophique spirituelle-scientifique de se placer très sérieusement du point de vue suivant : Je veux faire sortir de mon âme des facultés qui sommeillent encore aujourd'hui, comme les facultés qui se révèlent aujourd'hui ont sommeillé autrefois dans mon âme pendant l'enfance.
06
J'aurai encore à expliquer que tous ceux qui veulent vraiment s'engager dans la recherche anthroposophique, ou qui veulent eux-mêmes y participer, ne doivent pas devenir des chercheurs dans ce sens, comme je viens de le suggérer. Mais pour obtenir de vrais résultats, de vrais résultats, il faut que cela se produise, comme je l'ai dit. Lorsque ces résultats de recherche sont ensuite transmis au monde, ils sont tout à fait accessibles au bon sens humain, ils peuvent être examinés par lui ; tout comme celui qui n'est pas peintre peut juger artistiquement un tableau. Donc, pour comprendre l'anthroposophie, il n'est pas nécessaire de passer par tout ce que je vais décrire aujourd'hui, mais c'est nécessaire pour la recherche. Et il est aussi nécessaire d'en parler, car le chercheur anthroposophique doit en quelque sorte rendre compte à son entourage, à ses semblables, de la manière dont il parvient à ses résultats.
07
Je voudrais maintenant partir du point le plus fondamental dont on peut partir, surtout à notre époque, si l'on veut caractériser la méthode de recherche anthroposophique. Au fond, vous pouvez déjà trouver dans ma "Philosophie de la liberté", et même dans des livres encore plus anciens, tout ce qui est le premier axiome, le premier élément le plus élémentaire pour comprendre la méthode de recherche anthroposophique. Cette "Philosophie de la liberté" est parue en 1894, et a été écrite bien plus tôt. Certains qui connaissent ce livre seront peut-être même surpris que je fasse cette affirmation, et pourtant c'est vrai : la compréhension la plus élémentaire des méthodes de recherche anthroposophiques peut être tirée de cette "Philosophie de la liberté". Il faut cependant que ce que l'on y puise comme compréhension élémentaire soit ensuite formé. Seule la partie la plus élémentaire peut être trouvée dans cette "philosophie de la liberté". Mais il faut justement trouver ce qui est le plus élémentaire.
08
Dans cette "philosophie de la liberté", j'ai essayé de déterminer d'où viennent les impulsions morales, les impulsions éthiques, les impulsions morales de l'humain. Je vais maintenant caractériser cette "philosophie de la liberté" d'une manière un peu différente de ce que j'ai fait dans le livre lui-même, en m'appuyant sur ce que j'ai dit ici les jours précédents.
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Celui qui lit cette "philosophie de la liberté" trouvera, je crois, qu'il y règne quelque chose comme une pensée mathématique - c'est étrange, mais c'est ainsi -, une pensée mathématique, en ce sens que cette "philosophie de la liberté" vise à trouver l'impulsion humaine de liberté et les impulsions morales. Mais la manière dont cette "philosophie de la liberté" tente de parler du monde moral ne se distingue pas qualitativement de ce qui est présent en nous comme état d'âme lorsque nous mathématisons. J'ai caractérisé cette mathématisation les jours précédents. J'ai montré comment elle est créée de manière vivante à partir de l'intérieur de l'humain, comment nous nous oublions alors en quelque sorte, comment nous oublions que nous avons créé l'espace mathématique à partir de nous-mêmes, comment nous vivons ensuite dans cet espace avec notre conception de l'espace. J'ai également dit que les gens ne s'intéressent pas tellement à l'état d'esprit dans lequel on se trouve lorsqu'on fait des mathématiques, lorsqu'il s'agit de leurs propres capacités humaines. Il n'y a que peu de gens dans le monde qui ont, si je puis me permettre, le juste respect de la mathématisation. Ce juste respect de la mathématisation était par exemple celui d'un poète profond, aimable, extraordinairement sympathique, à savoir Novalis. Celui qui laisse agir sur lui les poèmes de Novalis a l'impression qu'il y a là un merveilleux élan lyrique, qu'il y a un enthousiasme sans faille, que tout est poésie dans l'âme. Et lorsque Novalis, le merveilleux poète lyrique, évoque la mathématisation, il dit à peu près : "Dans la mathématisation, nous avons au fond devant nous la plus belle, la plus grandiose, la plus puissante poésie humaine ! - Je sais combien peu de gens l'admettent au début. Mais, comme je l'ai dit, l'aimable et profond lyrique Novalis a su - car il était mathématicien - ce que l'on ressent dans l'âme lorsqu'on ne se contente pas de résoudre manuellement des problèmes mathématiques isolés, même s'il s'agit de problèmes de théorie des fonctions, de théorie des nombres et autres, ou de géométrie synthétique ; il a su ce que l'âme ressent lorsqu'elle est tellement enlevée qu'elle s'oublie elle-même et se sait dehors dans l'espace.
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Or, une chose est possible. Il est en effet possible, si l'on connaît cet état d'âme de mathématiser dont Novalis parle si merveilleusement, et si l'on peut ensuite se mettre en position d'obtenir quelque chose de tout à fait différent à partir de ce même état d'âme, à savoir l'expérience d'impulsions morales, en d'autres termes, si l'on parvient à saisir et à vivre des problèmes moraux avec la même clarté intérieure, avec la même certitude intérieure que l'on résout, disons, le théorème de Pythagore, alors on sait : avec cette saisie des problèmes moraux, on est dans le monde spirituel, dans le monde suprasensible, et on parle du fait que dans ce monde suprasensible, avec les impulsions morales, les intuitions morales affluent dans l'âme. On sait, en se sentant avec cet état d'âme à l'intérieur du monde moral, que l'on se sent dans un monde suprasensible qui n'a rien à voir d'abord avec ce qui peut être perçu extérieurement par les sens. On sait que l'on se sent dans un monde où, premièrement, on vit les impulsions morales directement avec son intérieur le plus profond ; où l'on est un avec elles ; où elles sont donc, parce que l'on est un avec elles, des connaissances intuitives. Et on sait une deuxième chose. On sait, même si l'on observe longtemps le monde des sens, même si l'on pense et observe avec perspicacité, même si l'on expérimente, que ce que l'on découvre comme intuitions morales, si je puis dire, dans le monde mathématique, ne peut venir d'aucun monde extérieur sensible, cela nous vient du monde suprasensible. En d'autres termes, cela signifie que c'est inspiré. Les impulsions morales réelles, les plus profondes, que l'humain peut recevoir du monde suprasensible, sont des intuitions qui sont en même temps inspirées à notre âme. Et bien qu'elles ne soient pas visibles, qu'elles ne se présentent pas sous forme d'images, elles sont là comme les perceptions sensorielles elles-mêmes. Comme les perceptions sensorielles dans le domaine du sensible, les impulsions morales sont là dans le domaine du suprasensible. C'est-à-dire qu'elles sont des imaginations. Et celui qui a découvert, dans le monde où l'on fait l'expérience de ce qui est mathématique et dont parle Novalis, ce qui est moral, celui-là sait que ce qui est moral se présente sur ce terrain, que, pour l'humain complètement soustrait au monde des sens, il se présente comme des intuitions qui sont en même temps des inspirations et des imaginations. Bref, en essayant d'obtenir une base morale de la vie humaine à partir du monde suprasensible, on apprend à reconnaître comment l'âme doit vivre si elle veut être dans le monde suprasensible. Et il faut dire que pour l'humain d'aujourd'hui - j'ai expliqué comment c'est différent pour l'humain qui pratique le jogging, ou qui pratique la grammaire, la rhétorique, la dialectique et ainsi de suite -, c'est d'abord pour l'humain d'aujourd'hui le meilleur moyen d'apprendre comment l'humain peut sortir de son corps sensible et vivre dans un monde purement spirituel, s'il vit dans un monde purement suprasensible de la manière que j'ai essayé d'indiquer dans ma "Philosophie de la liberté".
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Je sais que beaucoup d'humains ne sont pas satisfaits d'une telle vie dans le monde spirituel, parce que dans ce monde n'apparaissent d'abord que les vérités morales, que l'on préfère accepter comme des commandements, comme des faits conventionnels, et ainsi de suite. Mais je n'ai pas à m'étendre ici sur la "philosophie de la liberté", mais seulement sur la méthodologie élémentaire. Mais quand on a appris à connaître cette manière particulière de se tenir à l'intérieur du monde suprasensible, on est incité à aller plus loin, à essayer de voir s'il n'est pas possible, dans d'autres domaines de la vie aussi, de pénétrer dans un monde suprasensible par rapport au monde sensible. Et l'on en arrive peu à peu à ce que des méthodes de développement psychique intérieur soient réellement possibles, qui conduisent l'humain vers le haut du chemin, à regarder le cosmos tout entier et la connaissance intérieure de l'humain, de la même manière que l'on ne regarde autrement, dans le sens de la "philosophie de la liberté", que dans le domaine moral, où l'on ne veut pas encore admettre qu'il s'agit du suprasensible, si l'on n'entre pas dans le fondement même de la chose.
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Or, les méthodes par lesquelles on parvient à s'élever dans le monde suprasensible dans d'autres domaines consistent à développer les forces ordinaires de l'âme telles qu'on les a dans la vie et la science ordinaires. Et ces facultés de l'âme sont d'abord, si nous les caractérisons extérieurement de manière abstraite, la pensée, le sentiment et la volonté. Nous distinguons certes ces trois facultés de l'âme, penser, sentir et vouloir, mais dans la vie unitaire de l'âme, elles ne sont pas du tout strictement séparées les unes des autres. En fait, on devrait dire que lorsque nous parlons de penser, de se représenter, nous parlons d'une faculté de l'âme dans laquelle il y a bien la volonté et aussi le sentiment, mais c'est surtout la pensée. Dans la volonté, il y a bien des pensées, mais c'est surtout la volonté qui est présente. Ainsi, ce n'est que la partie la plus saillante qui est désignée dans les différentes facultés de l'âme, alors que partout sous la surface, on peut dire que se trouvent aussi les autres facultés de l'âme. Cela devient particulièrement important lorsqu'il s'agit de la formation ultérieure, du développement de la faculté de penser, de la force de pensée. Car là, il faut être clair sur ce qui suit. Il faut d'abord savoir comment on se situe dans la vie ordinaire et dans la science ordinaire par rapport aux choses de l'environnement et par rapport à soi-même. On fait des perceptions sensorielles par les yeux, par les oreilles, etc. Dans ces perceptions sensorielles, nous vivons avec une certaine intensité intérieure. Ensuite, nous nous faisons des idées sur ce que nous percevons sensoriellement. Nous nous éloignons des choses que nous percevons sensoriellement. Il nous reste dans l'imagination une image rémanente de ce qui a vécu dans la perception sensorielle. Mais considérez à quel point la pensée, la représentation est terne, ombrageuse, par rapport à ce que nous avons vécu avec une pleine vitalité dans la perception sensorielle. Ces représentations, qui se rattachent aux perceptions sensorielles, sont ternes et ombrageuses. Et nous sommes habitués, dans la vie et même dans la science ordinaire, à laisser parler les perceptions sensorielles et à nous abandonner passivement à ces perceptions sensorielles, afin qu'elles éveillent en nous les représentations qui nous font percevoir ce que nous avons perçu par les sens comme quelque chose de durable. Et nous pouvons alors, plus ou moins clairement, même après un certain temps ou tout au long de notre vie, faire remonter du fond de notre âme ou de notre être humain, en tant que souvenirs, ce que nous avons vécu extérieurement à travers les sens. Les représentations qui se rattachent habituellement aux perceptions sensorielles et qui sont ternes et ombrageuses par rapport aux perceptions sensorielles peuvent aussi jaillir de nous, du souvenir, de la mémoire. Nous vivons intérieurement dans la vie de représentation ce que nous percevons extérieurement par les sens, nous le revivons à travers la mémoire. Il faut être clair, très clair, sur le fait qu'à peu près toute la vie ordinaire, même celle qui se plonge dans la science, se déroule de la manière suivante par rapport à la représentation : nous nous exposons à la vivacité des perceptions sensorielles, nous obtenons alors des représentations ternes, mais nous pouvons faire remonter de notre être humain, dans la mémoire, ce que nous avons reçu de l'extérieur comme impressions. La plupart du temps, notre vie intérieure n'est rien d'autre qu'une représentation plus ou moins transformée, métamorphosée dans le sens de la perception extérieure.
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Je n'aborderai pas aujourd'hui la nature profonde de la mémoire, car je veux décrire comment ce que je viens de caractériser au représenter peut être développé. Ce peut être développé par le fait que l'on ne pense pas de telle manière que l'on rattache la pensée uniquement aux perceptions sensorielles extérieures, mais que l'on pense par les méthodes que j'ai nommées dans mon livre "Comment acquérir des connaissances des mondes supérieurs" et dans ma "Science secrète", la méditation, la concentration et ainsi de suite - les noms n'ont pas d'importance. Vous trouverez tous les détails sur la manière de procéder dans les livres cités. Je ne veux présenter que les principes.
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Alors que l'on obtient normalement des pensées en s'abandonnant passivement aux perceptions ou en laissant resurgir les échos des expériences à partir des souvenirs, on essaie, pour devenir un chercheur d'esprit anthroposophique, par l'arbitraire intérieur, comme on l'a appris à le faire en mathématisant, en résolvant des problèmes mathématiques, c'est-à-dire en exécutant tout en pleine conscience, et non dans un état de rêverie, d'hallucination - ce qui serait le contraire de ce que je vais décrire aujourd'hui -, en se livrant en pleine conscience à la pensée et à la représentation, de sorte que l'on apprend à se reposer sur des représentations que l'on a arbitrairement introduites dans sa conscience. Il est tout à fait bon de placer au centre de sa conscience des représentations aussi claires que possible, c'est-à-dire non pas des représentations dans lesquelles on peut vivre toutes sortes de choses nébuleuses et mystiques, mais des représentations que l'on peut facilement embrasser du regard. Ce qui compte alors, ce n'est pas ce que l'on a là pour représentation, mais l'activité psychique/de l'âme que l'on développe maintenant dans ce méditer. Remarquez seulement que si vous contractez continuellement un muscle, si vous en avez besoin dans votre travail, le muscle devient fort. Il en va de même pour votre force mentale lorsque vous vous concentrez encore et encore - les exercices durent parfois des années, cela peut aussi durer moins longtemps, selon la prédisposition de l'être humain - sur des représentations que vous poussez au centre de votre conscience. La force de la pensée devient de plus en plus forte, et elle atteint finalement un point où vous pouvez dire : maintenant, je suis en mesure d'avoir mes représentations aussi vivantes que celles que je n'ai normalement que des impressions sensorielles extérieures. Notez bien que je n'ai pas d'hallucinations ou d'illusions. Elles viennent inconsciemment. Je vis maintenant dans des représentations intérieures aussi vivantes que le sont habituellement les perceptions sensorielles extérieures, mais je vis en elles en pleine conscience, et non pas avec cette humeur d'âme rêveuse, cette humeur d'âme mystique et nébuleuse, telle qu'elle existe dans les hallucinations ou les visions. Il doit s'agir d'une constitution d'âme mathématique, par laquelle on s'anime dans une telle expérience intérieure de la pure représentation, comme on ne l'a normalement que lorsqu'on est livré à la perception sensorielle extérieure. Pour le dire encore une fois, il suffit de comparer la vivacité, l'intensité de la perception sensorielle extérieure avec ce que l'on vit habituellement en pensée, pâle et ombrageuse. Mais on apprend de plus en plus, de la manière que j'ai décrite, à être aussi vivement présent intérieurement avec des pensées simplement soulevées intérieurement que l'on ne l'est habituellement que lorsqu'une impression sensorielle extérieure nous stimule. Plus de pensées pâles et ombrageuses - des pensées intérieurement vivantes ! La force de pensée de l'âme s'est renforcée. On a appelé une nouvelle force du fond de l'âme. On a renforcé la pensée. Quand on a renforcé la pensée, on a atteint le premier niveau de la connaissance suprasensible. Dans mes livres, je l'ai appelé le niveau de connaissance imaginative. On a atteint le niveau de l'imagination. Ce niveau de l'imagination nous montre, par le fait que l'on a maintenant une représentation si vivante, que quelque chose se rattache à cette représentation.
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Revenons à la vie sensorielle ordinaire et au représenter ordinaire. Aujourd'hui, nous percevons quelque chose. Nous sommes vivement engagés dans cette perception. Nous nous faisons une représentation pâle, ombrageuse. Au bout d'une semaine, disons, sous l'impulsion de quelque chose, ou bien en se libérant, comme on dit, cette représentation surgit à nouveau de la mémoire. Elle sort de nous, pour le dire trivialement. Le fait que j'ai fait une fois l'expérience sensorielle est la raison pour laquelle, plus tard, cette même représentation réapparaît dans la mémoire de mon être humain intérieur. Maintenant, après m'être exercé, je suis en mesure d'avoir dans ma conscience des pensées renforcées, que j'appelle pensées imaginatives parce qu'elles se présentent avec la vivacité, l'intensité d'images, parce qu'elles sont vraiment comme des images sensorielles, bien qu'elles ne soient d'abord que des pensées. Mais de la même manière que lorsque je pense à une expérience extérieure - si je ne fais que la regarder, aucun souvenir ne me vient plus tard, seulement si j'y ai pensé -, un souvenir peut surgir de mon propre être, de la même manière, lorsque j'ai maintenant une pensée, et de surcroît de manière renforcée, dans l'âme, il me vient de mon propre être quelque chose qui ressemble d'abord à un souvenir, mais qui n'est justement pas un souvenir. Quelque chose s'élève maintenant, qui n'est pas une réminiscence d'un vécu sensoriel extérieur, mais quelque chose que je n'ai jamais perçu auparavant comme s'élevant de l'intérieur de moi. Si je peux m'exprimer ainsi, de la même manière que les souvenirs d'expériences ordinaires remontent normalement, de la même manière, par la force de la pensée renforcée, ce que je n'ai encore jamais vu intérieurement remonte maintenant de l'intérieur. Et je vais très vite reconnaître ce qui s'élève. J'essaie, en avançant de plus en plus dans cette méditation, de l'amener à une clarté de plus en plus grande dans ce qui monte intérieurement, et j'arrive finalement à savoir ce qu'est réellement ce qui monte intérieurement. J'en viens à ceci : cette ascension intérieure, c'est moi-même, tel que je me suis développé depuis ma naissance ici sur terre.
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Sinon, nous n'avons qu'un flux de souvenirs, à partir desquels s'élèvent des particuliers qui se trouvent normalement dans l'inconscient. Je ne parle pas de ces souvenirs. Ces souvenirs sont en effet ce qui monte aussi dans la conscience ordinaire. Mais ce qui s'élève maintenant, appelé de l'intérieur par la force de la pensée renforcée, ce n'est pas seulement une pensée, une pensée de souvenir, c'est ce qui me conduit beaucoup plus profondément dans mon être humain intérieur que la force du souvenir. C'est quelque chose qui me fait en quelque sorte descendre dans des couches plus profondes de mon être intérieur que ne le font les pensées de souvenir. C'est quelque chose qui me montre comment, lorsque j'étais petit enfant, j'ai utilisé des capacités que j'avais au niveau de l'âme pour donner une forme plastique à mon organisme à partir du cerveau. C'est ce qui me montre comment, lorsque j'étais un enfant un peu plus grand, j'ai continué à former plastiquement mon être intérieur à l'aide de la faculté de parler. En bref, ma vie intérieure se présente à mon âme dans un grand et immense tableau, comme je ne l'avais jamais vu auparavant. Et ce qui se présente maintenant devant mon âme n'est pas purement une image. Je vous prie d'en tenir compte. Ce n'est pas purement une image, mais c'est quelque chose dont je reconnais, en le saisissant, qu'il est lié à mes forces de croissance, à ce qui croît en moi, à ce qui vit en moi dans les forces d'alimentation, dans les forces de circulation, dans les forces de respiration, à ce qui est en général un corps intérieur, suprasensible, par rapport au corps physique. Je suis en train d'apprendre à connaître un deuxième humain en moi. J'apprends à reconnaître que je peux me dire ceci : tu portes sur toi ton corps extérieur, qui est étendu dans l'espace, qui a des bras, des pieds, une tête et ainsi de suite. C'est un corps spatial. Mais ce que tu viens de découvrir par ta méditation, par la connaissance imaginative, c'est un organisme qui vit dans le temps, pas dans l'espace, un organisme temporel.
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Il est déjà difficile pour l'humain d'aujourd'hui d'entendre parler d'un tel organisme temporel. Mais cet organisme temporel est vraiment présent en nous comme un deuxième humain, et nous pouvons l'appeler un organisme. Car on en arrive, disons, quand on est déjà devenu un vieux gars, comme je peux le dire de moi-même, à savoir que l'on a une certaine configuration d'âme. Cette configuration d'âme que l'on porte maintenant en soi est liée à une configuration d'âme peut-être dans la cinquième ou sixième année de vie. Et de même que ma main gauche dans mon organisme spatial est liée, pour mon bien, à une partie quelconque de mon cerveau dans cet organisme spatial, et que le cerveau est dans cet organisme spatial pour que les différentes parties se rapportent les unes aux autres, de même, dans le temps et non dans l'espace, les différentes parties de l'organisme temporel se rapportent les unes aux autres. Je porte cet organisme temporel en moi. Dans mes livres, je l'ai appelé corps éthérique ou corps de forces formatrices. Ce corps de forces formatrices est justement un organisme temporel. C'est la première chose que nous découvrons sur le chemin de la recherche imaginative. Nous observons notre vie terrestre passée dans ses forces intérieures créatives et suprasensibles. Nous ne spéculons pas sur une force de vie, mais nous regardons notre vie terrestre passée comme un tableau organisé intérieurement, comme un organisme temporel, comme le corps de forces imagées. Des conceptions plus anciennes de ces choses, qui n'étaient pas aussi pleinement conscientes, qui étaient plus pressenties, plus instinctives, mais qui, dans leurs pressentiments, connaissaient quelque chose de ces choses, ont appelé ce corps temporel, ce corps de forces d'images, le corps éthérique. Ce ne sont pas les expressions qui comptent, mais ce que l'on entend par ces choses. Dans ce corps éthérique, on a absolument une réalité, une réalité temporelle en soi, et personne ne comprend la formation de l'humain s'il ne comprend pas ce corps éthérique. Et ce qu'il y a de plus important dans ce corps éthérique, c'est qu'au moment où nous en sommes arrivés à embrasser d'un regard spirituel notre vie terrestre, dans ce tableau de vie qu'est le corps des forces de l'image, nous cessons de faire la distinction entre le subjectif et l'objectif. Le corps éthérique ou corps de forces formatrices que nous portons en nous, qui est un corps temporel fluide, nous pourrions le dessiner schématiquement. Mais nous devons être conscients que nous peignons alors en un instant quelque chose qui s'écoule continuellement. De même qu'on ne peut pas peindre l'éclair, on ne peut pas peindre ce corps éthérique. On ne peint toujours qu'un instant qui est retenu. Il faut justement être conscient que la manière dont on est formé en tant qu'être humain dépend de ce corps de forces imagées. Et dès l'instant où l'on prend conscience que ce corps éthérique est en soi un corps de force, dont on ne peut comprendre l'humain sans connaître la structure interne, on remarque que les mêmes forces qui agissent en soi en tant que tel corps éthérique traversent aussi le monde en tant que forces éthériques ; que le subjectif et l'objectif cessent d'avoir une signification ; que ce corps de forces formatrices est lié au grand déroulement temporel de l'univers ; que nous nous tenons à l'intérieur comme un membre dans ce grand univers. Nous commençons à parler des processus éthériques de l'univers, car ceux-ci deviennent clairs pour nous au moment où nous parvenons à une représentation aussi vivante que celle que nous avons normalement avec les perceptions sensorielles extérieures. Et nous pouvons y parvenir justement par la méditation. Bref, nous nous installons dans un monde d'éther. Mais nous apprenons en même temps à reconnaître la première chose qui est suprasensible en nous-mêmes. Nous ne sortons pas encore de la vie terrestre, mais nous apprenons à reconnaître ce qui est suprasensible en nous au cours de la vie terrestre.
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Si nous voulons aller plus loin, nous devons aussi poursuivre nos exercices. Ces exercices comportent beaucoup, beaucoup de détails. Je l'ai décrit dans les livres et je ne veux en donner ici que le principe. La première chose dans ces exercices était de renforcer la force de pensée, d'arriver à former une pensée imaginative, une pensée aussi vivante que l'expérience de la perception sensorielle. La deuxième chose que l'on doit former peut être caractérisée de la manière suivante. Celui qui développe en pleine conscience de telles imaginations, grâce auxquelles il apprend à connaître le monde éthérique, le monde des forces visuelles, est aussi en mesure de comprendre que ces imaginations, ces images - car c'est sous forme d'images que sa propre vie passée se présente à lui dans un grand tableau, que le monde extérieur se présente à lui dans un tableau universel -, que ces images, bien qu'on les ait provoquées de manière tout à fait arbitraire, nous retiennent plus fortement que les pensées ordinaires, pâles et ombrageuses. La plupart des humains savent que ces pensées pâles et obscures tombent malheureusement trop vite dans l'oubli - c'est surtout le cas avant les examens. Mais si l'on a justement utilisé une force puissante dans ses pensées, celles-ci nous retiennent, elles ne veulent plus nous lâcher. Pour progresser, il ne faut pas s'arrêter à ce niveau. Avec la même volonté que celle avec laquelle on a appelé dans l'âme ces images, ces imaginations, avec la même force et la même volonté, on doit aussi savoir les éloigner, les renvoyer de l'âme, de sorte que l'on puisse avoir dans l'âme ce que je voudrais maintenant appeler la vacuité de la conscience.
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Il suffit de voir à quoi ressemble cette vacuité de la conscience dans la vie ordinaire. Lorsque la conscience vide apparaît dans la vie ordinaire, il n'y a généralement plus de conscience, on s'endort. La conscience ordinaire s'endort lorsqu'elle devient vide d'impressions sensorielles, de souvenirs et ainsi de suite. Mais c'est justement la différence entre cette conscience ordinaire et celle que l'on a déjà acquise dans la reconnaissance imaginative, que l'on apprend à atténuer, à réduire complètement ces imaginations, et que l'on se trouve maintenant face au monde dans un état absolument éveillé. J'aimerais dire : totalement dans l'attente. On veille, on n'a rien dans la conscience, parce qu'on a effacé les imaginations avec la force puissante qui était nécessaire. On attend en veillant ce qui va se passer. Et si l'on a créé une conscience vide en éliminant d'abord une force de pensée renforcée, alors cette conscience vide n'attend pas en vain. Le monde suprasensible pénètre alors dans cette conscience vide, il y pénètre exactement de la même manière que le monde sensible pénètre par nos yeux et nos oreilles, par notre organisme thermique et ainsi de suite. Nous découvrons alors qu'un monde suprasensible nous entoure et qu'il pénètre maintenant dans la conscience vide comme le monde spirituel, mais éveillé comme nous avions auparavant le monde sensible autour de nous. Et pourtant, parce que nous accomplissons tout cela avec une conscience arbitraire absolue, la conscience originelle de la vie quotidienne, c'est-à-dire le bon sens, reste toujours présente à côté de cette conscience élevée, contrairement à l'état de quelqu'un qui hallucine et qui a des visions, car dans ce cas, toute sa conscience se transforme en visions particulières. Ce n'est pas le cas de la conscience dont je parle. La conscience quotidienne, par laquelle nous sommes fermement ancrés dans la vie, dans la science ordinaire, reste à côté à chaque étape, elle reste continuellement présente comme contrôleur. Ceux qui parlent du fait que ce qui est décrit comme la conscience anthroposophique pourrait être basé sur des visions ou des hallucinations, ne savent pas de quoi il s'agit. Ils parlent sans se demander de quoi il s'agit.
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Mais si un monde suprasensible pénètre maintenant dans notre environnement à travers la conscience vide, alors nous sommes aussi en mesure de percevoir en nous-mêmes autre chose que le simple corps éthérique en forme de tableau décrit précédemment. Nous sommes maintenant en mesure de voir au-delà de la naissance et de la conception. En éliminant ce qu'est le corps de forces imagées, nous ne voyons plus rien de l'être humain entier entre la naissance et le moment actuel de l'expérience, à travers la conscience vide. Car si nous avons appris à effacer les imaginations et à avoir une conscience vide, nous pouvons aussi effacer tout ce qui nous remplit en tant que corps éthérique et regarder en arrière sur nous-mêmes avec une conscience vide. Certes, cet humain ordinaire reste là pour celui qui se trouve à côté et qui peut le contempler. Mais cette conscience élevée pénètre maintenant dans le monde dans lequel nous étions avant de descendre du monde spirituel et d'adopter un corps terrestre de nos parents et d’arrières (?) parents. Maintenant, nous regardons le monde dans lequel, avant d'être enveloppés d'un corps physique, nous étions unis à ces substances spirituelles qui sont dans le monde spirituel. Nous apprenons maintenant à reconnaître ce que nous étions avant de descendre dans la vie physique. Nous apprenons maintenant à reconnaître une chose supplémentaire de manière suprasensorielle.
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Nous avons d'abord, en nous considérant comme des êtres physiques terrestres, notre corps spatial, le corps physique ; nous avons le deuxième corps, que nous saisissons par la connaissance imaginative, qui est suprasensible, mais qui ne mène pas au-delà de la vie terrestre ; mais maintenant nous avons le troisième corps. Parce qu'il mène dans les mondes stellaires, on l'appelle - ce n'est qu'une terminologie - le corps astral. On apprend à connaître la véritable essence de l'âme humaine. On apprend à connaître cette troisième entité, la deuxième entité suprasensible de l'humain.
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Mais nous l'avons aussi dans notre corps pendant la vie terrestre. Elle est voilée dans le corps physique. Elle était présente avant notre naissance ou notre conception. C'est alors que l'on parvient, par l'observation, à la connaissance de l'un des aspects de l'éternité de l'humain. Nous avons tellement perdu ce côté de l'éternité de l'humain que les langues modernes n'ont presque plus de mot pour le désigner. Nous parlons d'immortalité, de ce que nous avons à travers les traditions, qui n'étaient pourtant que les traditions des derniers millénaires, nous parlons de prolongement au-delà de la mort. Que l'on puisse aussi parler d'un prolongement au-delà de la naissance, cela nécessiterait que nous connaissions aussi l'autre côté de l'éternité et que nous forgions le mot innatalité, car cette innatalité est l'autre côté de l'éternité.
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Or, c'est ainsi que nous nous sommes élevés à de telles connaissances, qui ne peuvent pas pénétrer dans notre état d'âme autrement qu'en apprenant à connaître quelque chose qui nous est justement totalement fermé dans notre conscience ordinaire. Je vous ai décrit comment la conscience vide doit entrer et comment, à partir du monde spirituel, le contenu du monde suprasensible doit pénétrer dans cette conscience vide, de la même manière que le monde sensible pénètre dans les yeux et les oreilles. Cette deuxième étape de la connaissance suprasensible, je l'appelle l'inspiration : la connaissance inspirée. Par la connaissance inspirée, nous entrons directement dans le monde suprasensible réel. Nous apprenons avant tout à nous connaître nous-mêmes en tant qu'être suprasensible dans notre existence prénatale. Nous apprenons aussi à reconnaître l'environnement spirituel. Et c'est là que quelque chose de très important se produit. Je ne veux aujourd'hui que l'esquisser, nous le développerons plus précisément dans les jours à venir. Prenez le rapport entre l'environnement et notre propre monde intérieur. Nous pouvons le décrire en disant que pour la conscience ordinaire, il y a le monde matériel à l'extérieur. Si nous nous plaçons maintenant objectivement face à l'humain, nous disons : Lorsque l'humain regarde dans ce monde matériel à travers ses yeux et perçoit autre chose à travers ses oreilles, il y a dehors les choses et les faits matériels, et à l'intérieur de l'être de l'âme, en pensant, en ressentant et en voulant, se trouve ses contenus idéels, ses contenus psychiques/d'âme. En percevant les choses matérielles, l'humain porte dans son âme intérieure, sous forme d'image, de représentation, finement et finement d'âme, ce monde matériel extérieur. Dès l'instant où nous apprenons à saisir dans notre conscience vide le monde spirituel qui nous entoure, quelque chose de nouveau se produit aussi pour notre intérieur.
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Supposons que, pour la conscience inspirée, je voie ce monde matériel désormais imprégné du monde spirituel. Maintenant, à l'intérieur de l'humain, ce n'est pas ce qui est vu comme spirituel à l'extérieur qui apparaît de manière imagée, mais on apprend à reconnaître le spirituel à l'extérieur tel qu'il se reflète à l'intérieur de l'humain, et là, il se reflète comme ses organes physiques, comme ses poumons, son foie, son cœur, ses reins et ainsi de suite, comme tout ce qui est d'abord matériel à l'intérieur. Il y a un retournement complet, une réciprocité. Alors que le monde matériel se reflète en nous d'une manière spirituelle pour la conscience ordinaire, le monde spirituel se reflète en nous à travers nos organes. Nous apprenons à nous connaître intérieurement en tant qu'êtres humains physiques en prenant conscience du monde spirituel qui nous entoure. Avant cela, on ne comprend pas l'humain physique. Avant, on apprend par l'anatomie à connaître extérieurement le cœur, les poumons, le foie, mais aucun lien avec le monde extérieur. On apprend à connaître le cœur, les poumons et le foie par l'anatomie et la physiologie comme si on apprenait que l'humain a toutes sortes de représentations à l'intérieur de lui, mais qu'on ne sait pas que ses images intérieures se rapportent au monde extérieur. On ne sait pas que ces organes se rapportent au monde extérieur spirituel. C'est ici que se trouve l'origine de ce qui devient possible, par exemple, comme effet de la science de l'esprit dans une médecine rationnelle. Car c'est seulement maintenant que l'on apprend à connaître réellement l'humain, que l'on apprend à connaître la nature intérieure de son organisme. On ne peut la connaître d'aucune manière auparavant. On ne peut la connaître que de l'extérieur.
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C'est la deuxième étape de la connaissance suprasensible, du chemin de recherche suprasensible, c'est l'étape de l'inspiration. On atteint un troisième niveau en s'adressant à la volonté. On peut aussi former cette volonté, en particulier en devenant tout d'abord très clair sur ce qu'il en est de cette volonté dans la vie ordinaire. Il a déjà été mentionné, y compris par d'autres personnes ces jours-ci, que l'humain est en fait un être constamment endormi en ce qui concerne la nature de sa volonté. Si je ne fais que lever le bras, j'ai d'abord dans la représentation le but de lever le bras. Mais ce qui se passe ensuite, lorsque je plonge cette pensée du but dans l'entité humaine et que je fais naître le mouvement du bras par la volonté, échappe d'abord à la faculté de connaissance humaine. Je deviens à nouveau conscient, et à nouveau par la perception, du bras levé, mais la volonté reste aussi inconsciente pour la conscience ordinaire que les états que nous vivons en dormant restent inconscients pour le dormeur lui-même. En fait, nous ne sommes éveillés dans la conscience ordinaire que pour notre vie imaginaire ; nous dormons dans la conscience ordinaire pour notre vie de volonté. Mais nous pouvons élever cette vie de volonté à l'état de veille. Les exercices pour cela sont très différents des exercices qui sont d'abord des exercices de pensée, comme je les ai décrits. Et la différence nous apparaîtra le mieux si je vous explique la chose par un trait caractéristique.
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Celui qui veut atteindre quelque chose par de tels exercices, par exemple dans l'observation du corps éthérique, doit cependant passer par des préparatifs. Les exercices préparatoires sont décrits dans les livres mentionnés. Il s'agit par exemple de la préparation à une qualité que j'aimerais appeler la présence d'esprit. Dans la vie ordinaire, la présence d'esprit consiste à pouvoir prendre des décisions rapides face à une situation. Mais cela doit devenir une qualité habituelle pour celui qui veut s'élever dans les mondes spirituels. Car ce qui doit être perçu n'est pas si facile à percevoir, mais en fait, les personnes qui pratiquent très assidûment, si je peux les appeler ainsi, pensent : je ne peux rien percevoir. Ils ne le peuvent pas parce qu'ils ne sont pas suffisamment préparés à la présence d'esprit, car les choses passent si vite qu'il faut les saisir rapidement. La plupart des humains n'ont que des capacités d'âme telles que lorsqu'ils doivent tourner leur attention vers ce qu'ils doivent vivre spirituellement, c'est déjà parti. Il s'agit donc de la présence d'esprit.
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C'est exactement la qualité opposée qu'il faut développer pour les exercices de la volonté. Il s'agit là de l'application la plus élémentaire de la volonté accomplie dans la vie ordinaire, quand on marche, quand on saisit, quand on se déplace, en général quand on fait quelque chose, quand on accomplit des actions, des actes. Tant que l'on ne développe la volonté qu'intérieurement dans la vie, il n'y a en fait qu'un désir/souhait, pas de volonté. Une véritable volonté est toujours liée à un processus organique, je pourrais même dire à un processus de combustion. La volonté vraiment accomplie modifie en effet l'organisme. Elle est liée à l'organisme dans le processus métabolique. Mais dans quelle situation nous trouvons-nous par rapport à la volonté ordinaire ? Nous sommes dans une situation où nous ne nous voyons pas du tout. Les impulsions de la volonté se déroulent, nous regardons à l'intérieur de nous-mêmes, nous sommes psychiquement opaques/opaques de l'âme à ces impulsions de la volonté. Nous regardons dans les ténèbres en ce qui concerne la volonté. Mais nous pouvons éclaircir ces ténèbres. Nous pouvons nous rendre psychiquement transparents/transparent de l'âme. Mais pour cela, il faut beaucoup de patience, car nous devons maintenant prolonger nos exercices sur de longues périodes. Je vais vous dire un exercice simple, vous trouverez les exercices plus compliqués dans les livres mentionnés. Prenons donc un exercice simple : j'ai, par exemple, une habitude, j'écris d'une certaine manière, j'ai une écriture. Une fois que l'on est devenu un vieux gars, on ne s'habitue pas volontiers à une autre écriture. Cela demande des efforts, un effort intérieur. C'est quelque chose qui reste en nous, même si cela se manifeste à l'extérieur par l'écriture. Mais tous les processus de volonté pour changer d'écriture se déroulent à l'intérieur. Mis à part le fait que je ne voudrais pas conseiller, même pour des raisons extérieures, que l'on fasse cet exercice trop fortement - je veux seulement illustrer quelque chose, et non pas donner des instructions pour falsifier l'écriture. Mais si l'on parvenait à faire un tel effort de volonté que l'on puisse changer quelque chose d'aussi imbriqué dans l'être humain que l'écriture ou d'autres habitudes, bref, si l'on se transforme en un humain complètement différent par une conscience intérieure, par une culture de la volonté, on peut rendre la volonté transparente. Il faut des années pour cela. En particulier, il est bon d'accepter d'assimiler certaines qualités que l'on trouve d'abord seulement belles, mais que l'on n'a pas, en se disant par exemple : "Je veux être un humain : tu vas consacrer les huit prochaines années à acquérir de force certaines qualités que tu n'as pas, certaines manières particulières de te comporter. Ce que je viens de décrire semble facile, mais on a envie de dire avec Faust : "Mais ce qui est facile est difficile". Et celui qui fait de tels exercices verra qu'il est difficile d'amener ainsi la volonté dans une autre direction par une forte discipline de soi. En bref, ce qui ne s'exprime normalement que dans les moments où la volonté devient pleine en manifestant son existence à l'extérieur par l'action, appliquée au développement de la volonté elle-même, nous amène - vous trouverez également des détails sur ces exercices dans les livres - à regarder vraiment en bas en nous-mêmes, à nous rendre complètement transparents par rapport à la volonté. Je voudrais essayer de vous faire comprendre par une comparaison ce que l'on obtient ainsi. Comment voyons-nous à travers nos yeux ? Uniquement par le fait que l'œil est désintéressé, qu'il ne fait pas valoir sa propre substantialité. Il est transparent. Dès l'instant où l'œil renonce partiellement à ce désintéressement, où il se met lui-même en valeur, il ne peut plus nous servir à voir. Il doit s'effacer lui-même.
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Maintenant, je ne vais pas prétendre que, pour la vie ordinaire, notre corps physique est malade et qu'il doit être rendu sain par des exercices. Il n'en est pas ainsi. Pour la vie et pour la science ordinaire, notre corps est bien sûr sain, mais il ne convient pas à la perception suprasensible. C'est là qu'il doit être transformé. Non pas comme s'il restait continuellement transformé. Il reste toujours l'humain avec son bon sens ordinaire à côté de lui. Il ne s'agit pas non plus d'une absorption de l'un dans l'autre, d'une disparition de l'humain ordinaire et sain. Les deux, la personnalité développée et la personnalité originelle avec le bon sens, restent côte à côte, de sorte que la seconde joue un rôle de contrôle pour la première. Mais pour la conscience supérieure, qui doit déjà être vide, nous arrivons à ce que notre corps ne soit plus là pour la perception psychique. Nous voyons en quelque sorte à travers notre corps. Nous voyons comment la volonté agit en nous.
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Dans la science ordinaire, on ne voit pas comment la volonté agit. C'est pourquoi on suppose qu'il existe des nerfs moteurs. On ne sait pas que la volonté agit directement. On a parlé aujourd'hui du fait qu'on ne peut faire la véritable découverte des faits existants ici que lorsqu'on est parvenu à se rendre soi-même transparent comme un organe des sens, de sorte que l'humain tout entier devient comme un seul organe des sens, perméable à l'âme et à l'esprit, comme l'œil est transparent à la lumière. De même que nous devenons libres d'abord par la pensée renforcée et que nous parvenons d'abord au corps de force de l'image, puis au corps astral prénatal, de même nous parvenons maintenant, en ayant ainsi formé la volonté, à connaître l'autre côté de notre être éternel. En rendant notre corps physique transparent, nous sommes en mesure d'évoquer devant notre âme l'image - je dis expressément : l'image - de ce qui se passe avec nous au moment de la mort. Nous quittons alors le corps physique. Celui-ci est remis aux éléments physiques. Le psycho-spirituel/spirituel-âme passe dans le monde spirituel. Ce moment où nous franchissons les portes de la mort pour passer dans le monde spirituel, nous le percevons au moment où notre corps physique devient psychiquement/âmiquement transparent. Dans la connaissance intuitive, cette troisième étape de la connaissance suprasensible, notre corps devient transparent. C'est pourquoi nous apprenons à nous connaître dans l'état dans lequel nous sommes après la mort, lorsque nous n'avons plus de corps physique. Car nous pouvons maintenant faire abstraction de lui, dans la mesure où, au troisième stade de la connaissance, celui de l'intuition, nous nous sommes efforcés de faire abstraction du corps physique. Nous apprenons maintenant à connaître l'autre aspect de l'éternité de l'âme. Nous apprenons à connaître l'immortalité par la contemplation directe.
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L'anthroposophie n'est pas une spéculation philosophique. Pour connaître l'immortalité, elle ne part pas de la conscience ordinaire, mais elle part du principe qu'il faut réveiller les facultés endormies dans l'âme, dont on se rend compte par la modestie intellectuelle, et s'élever ainsi à la vision du monde spirituel. On apprend à connaître spirituellement l'univers. On apprend à connaître spirituellement son propre être éternel. Et si l'on apprend à connaître ces deux aspects de soi-même, si l'on apprend à reconnaître ce qu'est l'être humain entre la naissance et la mort, lorsque son âme est cachée sous les processus corporels, et si l'on apprend à reconnaître la vie spirituelle et d'âme que nous développons lorsque nous sommes hors du corps avant la naissance ou après la mort, alors les aperçus de notre véritable moi se présentent à nous. Et nous apprenons alors à reconnaître ce qui passe par les vies terrestres répétées. J'aurai d'ailleurs l'occasion de parler demain de ce résultat important, de ce résultat important de la recherche anthroposophique, sur les vies terrestres répétées.
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Vous voyez que dans le chemin de la connaissance suprasensible, dans le chemin de la recherche anthroposophique, il s'agit d'abord d'entrer dans le monde des forces formatrices par la connaissance imaginative, de reconnaître la partie suprasensible de nous-mêmes qui est déjà en nous dans la vie physique ordinaire, mais d'une manière suprasensible, le corps des forces formatrices. Ensuite, en nous élevant jusqu'à la connaissance inspirée, nous apprenons à connaître le corps astral, c'est-à-dire le corps de l'âme, nous apprenons à connaître l'entrée dans le corps et la sortie du corps par la mort, et nous apprenons aussi à connaître le moi humain. On entre alors dans un monde spirituel concret, dans un monde d'entités spirituelles. Car ce que l'on reconnaît comme monde spirituel, pour lequel les organes sont formés, avec la conscience vide qui est pourtant éveillée, c'est un monde dans lequel des entités spirituelles se trouvent à côté de notre propre entité spirituelle, à côté de notre propre essence spirituelle-âme. De cette manière, on regarde dans un monde spirituel. Et maintenant, on se rend compte que si l'on veut explorer ce monde spirituel, il faut développer ces trois niveaux de connaissance suprasensible, il faut faire sortir de l'âme la connaissance imaginative, la connaissance inspirée, la connaissance intuitive. Elles se séparent, elles s'articulent en étapes, si l'on veut connaître le cosmos dans son contenu spirituel en soi-même, en tant qu'entité spirituelle.
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On a déjà reçu une trace d'impression lorsqu'on explore le monde moral dans son essence même. Au fond, on en vient à se trouver, ne serait-ce que pour les impulsions morales, dans le même monde que celui où l'on se trouve habituellement, quand on a devant soi le monde imaginatif, le monde inspiré, le monde intuitif. Seulement, il est en quelque sorte présent pour ce qui est moral de telle sorte que seules les impulsions morales s'y trouvent d'abord. Mais on les trouve quand on est passé par l'imagination et l'inspiration pour arriver à l'intuition. Mais il nous est donné, à nous les humains sur la terre, que seul ce monde, le monde de la moralité, dont nous avons besoin pour la vie terrestre, peut se présenter à l'œil de l'esprit dans sa nature suprasensible dès la conscience ordinaire. Et celui qui comprend la présence réelle de la nature suprasensible du moral peut, s'il développe correctement ce qu'il apprend ici de manière élémentaire comme cosmologie et anthropologie, s'élever à une véritable vision spirituelle du monde, de sorte que les formes spirituelles, puis la vie intérieure spirituelle d'autres êtres spirituels, puis l'interpénétration avec le monde spirituel, comme nous sommes ici interpénétrés avec les autres règnes, se présentent à lui, et que sa propre essence d'âme éternelle se présente réellement à ses yeux. C'est ce que l'on peut apprendre à connaître dans la "philosophie de la liberté", si on ne l'étudie pas seulement de manière théorique, mais si on en fait réellement l'expérience. C'est comme si on lisait les axiomes d'Euclide à la première page d'un livre de géométrie et qu'on se faisait une idée de ce qui va suivre. De même que toute la géométrie découle de ces axiomes, de même, de manière axiomatique, tout le monde spirituel est présent par essence dans la compréhension réelle du monde moral. Mais personne ne doit donc croire qu'il connaît la nature du monde spirituel, s'il ne connaît que la nature des impulsions morales. Il ne connaît que l'axiomatique, l'élémentaire.
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Ce qui est décrit de cette manière comme méthode de recherche pour les mondes suprasensibles est aujourd'hui quelque chose de déconcertant pour la plupart des gens. Seul celui qui se trouve justement au cœur de ces choses se dit : combien de choses dans notre vie spirituelle actuelle qui sont d'abord apparues comme déconcertantes et qui sont ensuite devenues évidentes. Il suffit de connaître réellement l'histoire spirituelle de l'humanité pour pouvoir se dire : aujourd'hui, la plupart des gens considèrent ce qui doit être dit ainsi comme quelque chose d'absurde, de ridicule, de comique. Plus tard viendra un temps où l'on trouvera cela évident, exactement comme le système copernicien du monde a d'abord été considéré comme curieux, puis est devenu une évidence. Mais on ressentira - et les sentiments sont justement ce qui doit ressortir de la vie de la vision anthroposophique du monde - que cette anthroposophie ne veut vraiment pas se présenter en opposition à ce que sont les sciences naturelles justifiées ou toute autre science de l'art contemporain. Car que veut-elle être au fond ? Cette question devrait justement ressortir de ce que j'ai expliqué aujourd'hui sur les méthodes de recherche de cette anthroposophie : Que veut-elle donc être, cette anthroposophie, également par rapport aux autres sciences, comme par rapport à la vie humaine universelle ? Que veut-elle donc être ?
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Maintenant, quand nous avons un humain devant nous, nous voyons la formation extérieure de son visage, nous voyons sa physionomie, sa démarche, ses mouvements, ses gestes. Nous ne pouvons pas nous contenter d'une simple constatation : sa démarche est ainsi, son visage est ainsi, etc. Nous considérons cela comme une physionomie extérieure, mais nous n'avons une expérience complète avec cet humain que si nous ajoutons à cette apparence extérieure une expérience avec son âme spirituelle, son âme, si nous voyons l'âme à travers la forme extérieure et les mouvements extérieurs. Mais ainsi, si nous comprenons bien les choses, nous avons aussi donné dans la science extérieure ce que nous décrit la physionomie extérieure de la nature et de l'être humain. De même que l'on ne nie pas que l'humain doive être regardé par les sens, même dans sa forme extérieure, si l'on veut vivre avec son âme, de même on ne nie pas que la physionomie extérieure de la nature et de l'être humain doive être expliquée, décrite, saisie par la science extérieure, si l'on fait valoir qu'il y a derrière tout cela quelque chose qui doit être considéré comme l'âme de la nature, l'âme du cosmos.
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Et c'est pourquoi, de même qu'un humain raisonnable qui reconnaît l'âme de l'humain ne nie pas non plus son corps, sa configuration extérieure, sa physionomie, l'anthroposophe synthétiquement raisonnable ne nie pas la science extérieure. Au contraire. Il veut se tenir pleinement à l'intérieur. Il veut seulement que, de même que l'humain total porte l'âme dans son corps physique, la science extérieure ait elle aussi une âme pour le développement de l'humanité. Et l'anthroposophie ne veut pas être une opposante à l'esprit scientifique actuel, mais elle veut devenir l'âme de cette science dans l'avenir.