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Collection: 07 - LES IDEAUX SOCIAUX
Sujet: Enfant - égalité, adulte - fraternité, vieil vieillard - liberté
 
Les références Rudolf Steiner Oeuvres complètes GA187 (012-052) 1979 22/12/1918
Traducteur: FG Editeur: SITE

 

À présent, la nouvelle révélation chrétienne nous entraîne à regarder ce cours de la vie humaine comme, on peut bien le dire, le Christ veut qu’il soit regardé par les hommes au 20e siècle. Aujourd’hui, où nous voulons nous plonger dans la pensée de Noël, nous pensons à une parole prononcée par Christ-Jésus, laquelle peut nous renvoyer à cette pensée de Noël. La remarque est : « Et si vous ne devenez pas comme les petits enfants, vous ne pourrez entrer dans les royaumes du ciel. »

« Et si vous ne devenez pas comme les petits enfants...  ( 1 ) », ce n’est en vérité pas un appel à rayer tout caractère de mystère de la pensée de Noël, et à la rabaisser dans la banalité du gentil petit Jésus, comme l’ont fait au cours de l’évolution matérialiste du christianisme beaucoup de chants, d’ailleurs plus artistiques que populaires. Tout de suite cet appel : « Et si vous ne devenez pas comme les petits enfants, vous n’entrerez pas dans les royaumes du ciel » il nous fait lever les yeux vers de puissantes impulsions qui bouillonnent par/à travers l’évolution de l’humanité. Et à notre époque où les événements mondiaux ne donnent en vérité pas une occasion de tomber dans des pensées de Noël banales, où tant de douleur traverse le cœur humain, où ce cœur qui doit contempler des millions d’hommes ayant trouvé la mort ces dernières années, doit contempler d’innombrables personnes qui meurent de faim, dans cette époque donc, il ne convient pas de faire autre chose que de tourner nos regards vers des pensées historiques puissantes qui mettent l’humain en mouvement ; pensées vers lesquelles on peut être conduit par cette parole : « Et si vous ne devenez pas comme les petits enfants... » et qu’on peut compléter par cette autre : « Et si vous ne passez pas votre vie dans la lumière de cette pensée, ainsi vous ne pouvez pas entrer dans les royaumes du ciel ».

En ce que l’être humain comme enfant arrive sur terre, il vient immédiatement à partir du monde spirituel. Car cela qui s’accomplit dans le monde physique, la procréation et la croissance de son corps physique, c’est le vêtement de cet événement qui ne peut être désigné qu’ainsi qu’on dit : l’essence la plus profonde de l’humain sort du monde spirituel. L’humain sera de l’esprit dedans le corps. Et quand le rosicrucien dit : Ex deo nascimur, il veut dire l’humain aussi loin il pose pied dans le monde physique. Car ce qui enveloppe l’humain en premier lieu, ce qui le fait tout physique, ici, sur notre globe terrestre, c’est ce qui sera atteint avec les paroles : Ex deo nascimur. Si l’on regarde sur le centre de l’humain, sur le noyau central intérieur véritable alors on doit dire : l’humain chemine hors de l’esprit dedans ce monde physique . À travers ce qui se joue dans le monde physique qu’il a contemplé du haut des régions spirituelles avant sa conception ou sa naissance, il sera changé avec son corps physique pour vivre dans ce corps physique des choses qui ne peuvent être vécues que justement dans un corps physique. Mais, pour ce qui est du noyau de son être, l’humain vient du monde spirituel. Et, pour celui qui veut regarder les choses comme elles sont dans le monde, qui n’est pas ébloui par l’illusion du matérialisme, l’être humain révèle encore dans ses premières années comme il est venu à partir de l’esprit. Cela qu’ont vit/expérimente à l’enfant, s’avère ainsi pour le vraiment sensé qu’on peut vraiment ressentir en lui l’effet des expériences vécues dans le monde spirituel.

 Des récits comme celui de Nicolas de Flue veulent attirer notre attention sur ce secret. Une façon de voir banale, qui est fortement influencée par la manière de penser matérialiste, dit dans sa naïveté que l’être humain développe peu à peu son Moi dans la vie, de la naissance jusqu’à la mort ; que ce Moi devient de plus en plus puissant, de plus en plus fort, et qu’il s’affirme de plus en plus distinctement. C’est une façon de penser naïve ; en effet, si l’on regarde le véritable Moi de l’humain, ce qui à la naissance vient du monde spirituel dans un vêtement physique, on parle alors autrement de toute l’évolution terrestre de l’être humain. En effet, l’on sait que le Moi véritable de l’humain, alors que ce dernier grandit dans son corps physique, disparaît justement peu à peu de ce corps, qu’il devient de moins en moins distinct, et que ce qui se développe dans le monde physique entre la naissance et la mort n’est qu’un miroir d’événements spirituels, un reflet mort d’une vie plus élevée. L’expression est juste quand on dit : toute la plénitude de l’être humain disparaît peu à peu dans le corps, elle devient de plus en plus invisible. L’humain vit sa vie physique ici sur terre en se qu’il se perd au corps pour, dans la mort, se trouver de nouveau dans l’esprit. Ainsi parle celui qui connaît les conditions.

En revanche, celui qui ne connaît pas les conditions parle ainsi qu’il dit : l’enfant est imparfait et peu à peu développe son Moi à une perfection plus grande, il croît en partant des profondeurs confuses de l’être-là humain. La connaissance de ce que voit le chercheur spirituel doit, précisément dans ce domaine, s’exprimer autrement que la conscience sensible empêtrée dans les illusions extérieures de notre époque, dont la manière de ressentir est aujourd’hui encore matérialiste.

Et ainsi donc alors, l’humain pénètre dans le monde en tant qu’être spirituel. En ce qu’il est enfant, son être de chair est encore indéfini. Il s’est encore peu servi du spirituel qui est comme endormi dans l’être-là physique, mais il nous paraît si insignifiant uniquement parce que nous le percevons aussi peu dans la vie quotidienne que nous percevons le Moi dormant et le corps astral dormant lorsqu’ils sont séparés du corps physique et du corps éthérique. Mais ce n’est pas parce que nous ne voyons pas un être qu’il devient pour autant plus imparfait. Cela, l’être humain doit payer avec son corps physique qu’il s’enfouit toujours plus et plus dans le corps physique pour recevoir par cet enfouissement des facultés qui ne peuvent être acquises que de cette manière, que l’être psycho-spirituel de l’être humain se perde durant un temps à l’être-là physique dans le le corps physique. Que nous nous souvenions à jamais notre origine spirituelle, que nous nous renforçons dans la pensée : nous nous avons cheminé hors de l’esprit dans le monde physique -, c’est pour cela que se dresse la pensée de Noël, comme une puissante colonne de lumière au sein du sentiment chrétien du monde. Cette pensée comme pensée de Noël doit devenir de plus en plus vigoureuse au cours de l’évolution spirituelle future de l’humanité. Alors, cette pensée de Noël deviendra de nouveau forte pour cette humanité, alors les humains pourront à nouveau vivre au-devant de la fête de Noël qu’ils créent force pour l’être-là physique de cette pensée de Noël qui peut les rappeler en un sens correct à leur origine spirituelle.Aussi fortement que sera alors éprouvée cette pensée de Noël, aussi peu est-elle ressentie aujourd’hui par les humains ; car c’est un fait étrange, mais en soi fondé dans les lois de l’être-la spirituel, que ce qui entre dans le monde pour faire avancer les humains, les faire progresser, n’y entre pas dans sa forme achevée, mais entre devant les humains d’abord de manière tumultueuse, comme trahie par des esprits illégaux de l’évolution du monde. Nous comprenons l’histoire de l’humanité dans le sens juste, quand nous savons que les vérités ne doivent pas forcément être prises telles qu’elles entrent parfois dans l’histoire, mais que doit être regardé aux vérités au bon moment dans lequel elles peuvent rentrer sous leur vraie lumière dans l’évolution de l’humanité.

 Parmi les maintes pensées qui sont entrées dans l’évolution récente de l’humanité – très certainement animées par l’impulsion-Christ, mais tout d’abord dans une silhouette prématurée -.y a la pensée profondément chrétienne, susceptible d’être toujours approfondie, de l’égalité des humains devant le monde et devant Dieu, l’égalité de tous les humains. Mais on n’a pas le droit de placer cette pensée dans une telle universalité devant l’âme humaine (NDT ici Menschengemüt) , comme l’a placée d’abord tumultueusement la Révolution française dans l’histoire de l’humanité. On doit être conscient du fait que cette vie humaine est en évolution depuis la naissance jusqu’à la mort, et que les impulsions principales sont réparties sur toute la vie. Saisissons l’humain d’un œil spirituel, comment il pénètre dans l’être-là sensible : il pénètre pleinement habité par l’impulsion de l’égalité de l’être humain de tous les humains.

Et on ressent l’être-là enfantin le plus intensément lorsqu’on regarde sur enfant qui est pénétré dans son être/entité de la pensée de l’égalité de tous les humains.
Encore rien dans la vie de l’enfant de ce qui mène les humains à l’inégalité, encore rien de ce qui organise les humains ainsi qu’ils se sentent comme différents des autres humains encore rien de tout cela se montre tout d’abord dans l’être-là enfantin. Tout cela sera donné à l’humain d’abord au cours de sa vie humaine physique. C’est l’être-là physique qui fabrique l’inégalité ; de l’esprit l’être humain chemine en égal devant le monde et devant Dieu et devant d’autres humains. C’est ce qu’annonce le mystère de l’enfant. Et à ce mystère de l’enfant se rattache la pensée de Noël qui trouvera son approfondissement dans la nouvelle révélation chrétienne. Car celle-ci comptera avec la nouvelle trinité : l’humain, comme il représente immédiatement l’humanité, le luciférien et l’ahrimanien. Et en ce qu’on reconnaîtra comment l’humain est placé dans l’être-là du monde comme dans la situation d’équilibre entre l’ahrimanien et le luciférien, on comprendra ce que cet humain est, en réalité, dans l’être-là physique.

Avant toutes choses doit tomber la compréhension, tomber la compréhension chrétienne d’un certain côté de cette vie humaine. À l’avenir, la pensée chrétienne sera annoncée haut et fort, ce qui s’est annoncé chez des esprits isolés déjà depuis le milieu du 19e siècle, j’aimerais dire avec une connaissance bredouillante, quand néanmoins clairement. Lorsqu’on saisit ce qui est un fait, que l’enfant rentre dans le monde avec des pensées d’égalité, mais que plus tard se développent en l’être humain des forces d’inégalité, comme si elles venaient du devenir-né, qui ne sont apparemment pas de cette terre,ainsi s’approche de l’humain avec cela, tout de suite vis-à-vis de la pensée d’égalité, un nouveau mystère puissant. Pénétrer ce mystère et, au travers de cela, obtenir une façon de voir juste de l’humain, cela fera partie dès maintenant des besoins importants et nécessaires de l’évolution future de l’âme humaine. La question est là, angoissante, devant l’être humain : oui, les êtres humains deviennent différents, quand aussi ils ne le sont pas encore dans l’enfance, à travers quelque chose qui est apparemment né avec eux, qui repose dans le sang, à travers leurs dons et leurs facultés différents.

La question des dons et des facultés qui entraînent tant d’inégalités parmi les humains, elle se présente à l’humain en rapport avec la pensée de Noël. Et la fête de Noël de l’avenir rappellera toujours à l’humain de manière sérieuse l’origine de ses dons, ses facultés, ses talents, peut-être même de ses facultés géniales qui le différencient des autres sur la terre. Il devra s’interroger sur cette origine.

Et il atteindra seulement le juste équilibre à l’intérieur de l’être-là physique quand il peut rendre attentif de manière juste sur l’origine des facultés qui le distinguent des autres. La lumière ou les lumières de Noël doivent donner à l’humanité se développant des éclaircissements au sujet de ces facultés, doivent résoudre la grande question : existe-t-il une inégalité au sein de l’ordre du monde pour l’humain individuel entre la naissance et la mort ? Qu’en est-il avec les facultés, avec les dons ?

Maintenant, mainte chose deviendra autre dans la façon de voir humaine quand les humains seront traversés du nouveau sentir chrétien. Avant toutes choses, on comprendra pourquoi la conception ésotérique de l’Ancien Testament avait une vue particulière sur les prophètes. Qui étaient-ils, les prophètes apparaissant dans l’Ancien Testament ? C’étaient des personnalités sanctifiées par Yahvé ; c’étaient ces personnalités-là qui avaient la permission d’utiliser en toute légitimité des dons spirituels particuliers qui les élevaient au-dessus de la foule. Yahvé devait d’abord sanctifier ces facultés qui sont innées dans l’humain, comme portées par le sang. Et nous savons que Yahvé agit sur l’humain de l’endormissement jusqu’au réveil. Nous savons que Yahvé n’agit pas dans la vie consciente. Chaque connaisseur véritable de l’Ancien Testament se disait dans son âme (NDT Gemüte) : ce qui différencie les humains quant à leurs dons et facultés, ce qui dans la nature des prophètes s’élève même à une hauteur géniale, cela est certes né avec l’humain, mais l’humain ne l’emploie pas pour le bien s’il ne peut pas, en s’endormant, couler dans ce monde dans lequel Yahvé guide les impulsions et transforme, à partir du monde spirituel, ce qui est don physique, don lié au corps. Nous attirons l’attention ici sur un mystère très profond de la façon de voir de l’Ancien Testament. Celle-ci, de même que la façon de voir que nous avons des prophètes, doit disparaître. De nouvelles façons de voir doivent rentrer dans l’évolution historique du monde pour la guérison de l’humanité. Ce que les anciens Hébreux croyaient, à savoir que les dons étaient sanctifiés par Yahvé dans l’inconscience du sommeil, l’humain des Temps modernes doit devenir capable de le sanctifier pendant qu’il est éveillé, en pleine conscience.

Mais cela, il le peut seulement quand il sait que d’un côté tout cela que sont peut-être dons, facultés, talents, voire génies naturels, sont des dons lucifériens, qui agissent dans le monde de manière luciférienne tant qu’ils ne sont pas sanctifiés et traverses par tout cela qui comme impulsion-Christ peut entrer dans le monde. On touche un mystère de l’histoire moderne d’une importance considérable quand on saisit le germe de la nouvelle pensée de Noël, et indique sur cela que le Christ devra être compris et ressenti par les humains ainsi que les humains se tiennent dorénavant devant le Christ en tant qu’humains du Nouveau Testament et disent : J’ai reçu, outre la prétention à l’égalité, l’aspiration à l’égalité de l’enfant, divers dons, facultés et talents. Mais ils conduisent à la longue seulement au bien, à la guérison de l’humanité ces dons, facultés et talents seront mis au service du Christ Jésus, quand l’humain aspire à christifier tout son être afin que soient arrachés à Lucifer les dons, les talents, les génies humains.

L’âme (NDT Gemüt) christifiée arrache à Lucifer ce qui sinon agit de manière luciférienne dans l’être-là physique de l’humain. Cela doit être une pensée forte qui traverse l’évolution future de l’âme humaine. C’est la nouvelle pensée de Noël, la nouvelle annonciation de l’efficacité du Christ dans notre âme à la transformation du luciférien, qui ne rentre pas en nous aussi loin que nous cheminons hors de l’esprit ; mais que nous trouvons en nous par cela que nous serons habillés autrement d’un corps physique, irrigué par le sang qui nous donne les facultés à partir de l’hérédité. C’est à l’intérieur du courant luciférien, au sein de ce qui agit dans le courant héréditaire physique, qu’apparaissent ces particularités ; mais celles-ci veulent être gagnées, conquises durant la vie physique par ce que l’humain peut ressentir, non au travers des inspirations-Yahvé pendant le sommeil, mais en pleine conscience, par utilisation de ses expériences au contact de l’impulsion-Christ.

Tourne-toi, ô chrétien, vers la pensée de Noël, ainsi parle le nouveau christianisme, et apporte sur l’autel qui sera dressé à Noël toutes les différences humaines que tu reçois à partir du sang et sanctifie tes facultés, sanctifie tes dons, sanctifie même ton génie en ce que tu le vois éclairé par la lumière qui provient de l’arbre de Noël.

C’est avec des mots nouveaux que doit parler la nouvelle annonciation de l’esprit et il ne faut pas que nous soyons blasés et sourds aux nouvelles révélations de l’esprit qui nous parlent en notre temps pénétré de gravité. Alors, si nous ressentons ainsi, nous vivons aussi cette force avec laquelle l’humain doit vivre aujourd’hui pour résoudre les grandes tâches qui, justement à notre époque, sont assignées à l’humanité. Toute la gravité de la pensée de Noël doit être ressentie : à notre époque doit pénétrer dans la conscience pleinement éveillée ce que le Christ voulait dire aux humains par ces paroles : « Et si vous ne devenez pas comme les petits enfants, vous n’entrerez pas dans les royaumes du  ciel. » La pensée de l’égalité que manifeste l’enfant quand nous l’observons dans un sens juste, celle-là ne sera pas punie comme mensonge par ces paroles que l’Enfant dont nous célébrons le souvenir de la naissance dans la nuit de Noël annonce, révélant aux humains dans leur évolution à travers l’histoire du monde des pensées toujours nouvelles, annonçant clairement et distinctement que dans la lumière du Christ qui a traversé d’âme cet enfant devra être touché ce que nous portons en nous de dons différenciant ; que sur l’autel de doit être apporté à cet enfant ce que de ces dons différents font de nous des humains.

[…]

Conférence du 25/12/1919

[…]

 Nous distinguons deux points de vue. L’un : ce qui est à faire avec les différences qui apparaissent entre les humains au travers les rapports du sang, de la naissance. Et l’autre : que le noyau véritable de l’humain, au début de sa vie terrestre, porte en lui essentiellement l’impulsion d’égalité. Avec cela est indiqué que l’humain n’est correctement considéré que lorsqu’il l’est dans sa vie entière, lorsque son évolution dans le temps, entre la naissance et la mort, est vraiment regardée en face. Dans un autre contexte, nous avons justement montré ici, comment les motifs d’évolution se transforment au cours de la vie entre la naissance et la mort. Et d’une autre manière, vous trouvez des remarques sur ces motifs d'évolution dans l’article que j’ai écrit dans le dernier numéro de Das Reich  ( 2 ) au sujet des tendances ahrimaniennes et lucifériennes pendant la vie humaine. On y montre comment l’élément luciférien joue un certain rôle dans la première moitié de la vie, l’élément ahrimanien dans la deuxième moitié, comment ces impulsions d’Ahriman et de Lucifer agissent à travers toute la vie, mais d’une manière différente.

À côté de l’idée d’égalité, d’autres idées, comme je le disais dimanche, se sont frayé avec tumulte un chemin dans les temps récents, anticipant en quelque sorte l’évolution calme de l’avenir, anticipant d’abord l’idée de ce qui doit lentement cesser de vivre dans l’évolution de l’humanité, si cela doit conduire à son salut et non à sa perte. À côté de l’idée d’égalité, d’autres idées se sont mises en place ; mais ces autres idées aussi, on ne peut, quant à leur signification pour la vie, les comprendre et les estimer à leur juste valeur que lorsqu’on les place de la manière juste dans le cours de la vie humaine.

À côté de l’idée d’égalité résonne en quelque sorte à travers le monde moderne l’idée de liberté. Je vous ai parlé de la liberté il y a quelque temps en m’appuyant sur la nouvelle édition de ma Philosophie de la liberté  ( 3 ). Nous sommes donc en mesure d’apprécier toute l’importance et la portée de cette idée de la liberté en rapport avec le noyau le plus intérieur de l’être humain. Mais peut-être quelques-uns d’entre vous savent-ils qu’il est souvent devenu nécessaire ici et là d’attirer l’attention, par des questions, sur ce qui est tout à fait particulier dans la conception de la liberté, telle qu’elle domine dans ma Philosophie de la liberté. J’ai toujours ressenti la nécessité de souligner principalement un aspect quant à l’idée de liberté, à savoir celui que les Temps modernes, les diverses conceptions philosophiques de la liberté, ont à vrai dire fait l’erreur, si on veut appeler cela une erreur, de formuler ainsi : l’être humain est-il libre ou non ? Peut-on attribuer à l’humain une volonté libre ou peut-on seulement lui attribuer le fait qu’il se trouve au sein d’une nécessité naturelle considérée comme absolue et accomplit alors ses actions, ses décisions volontaires à partir de cette nécessité ? La manière de poser la question n’est pas juste. Il n’y a pas une telle alternative. On ne peut pas dire que l’humain est libre ou dépendant, mais qu’il est intégré dans une évolution allant de la dépendance vers la liberté. Et la manière dont vous trouvez interprétée l’impulsion de liberté dans ma Philosophie de la liberté vous montre que l’être humain devient de plus en plus libre, qu’il se dégage de la nécessité, et que croissent toujours davantage en lui les impulsions lui donnant la possibilité d’être une personne libre au sein de l’ordre du monde.

Ainsi donc, l’impulsion d’égalité est à son point culminant à l’être-né, même si ce n’est pas dans la conscience, celle-ci ne pouvant pas encore être développée, ensuite cette impulsion décline. L’impulsion d’égalité a par conséquent une évolution descendante. Nous pouvons faire le schéma suivant :

 

À la naissance l’idée d’égalité est à son apogée, et l’égalité amorce alors une courbe descendante. Avec l’idée de liberté, nous avons le phénomène inverse. La liberté suit une courbe montante et arrive à son sommet à la mort. Je ne veux pas dire par là que l’être humain, en franchissant les portes de la mort, atteint le plus haut degré d’un être actif libre. Mais c’est d’une manière toute relative, en rapport avec la vie humaine, que l’humain développe, à l’approche de la mort, de plus en plus l’impulsion de la liberté, et c’est d’une manière toute relative qu’il est le plus en mesure d’être un individu libre au moment où il entre dans le monde spirituel, en franchissant les portes de la mort. Donc, alors qu’à son entrée dans l’existence physique à la naissance, il apporte du monde spirituel l’égalité qui ensuite décroît au cours de la vie terrestre, il développe, justement au cours de cette vie terrestre, l’impulsion de liberté et, après avoir franchi les portes de la mort, il entre dans le monde spirituel avec cette impulsion de liberté qui a atteint son plus haut degré dans la vie physique.

Vous voyez une fois de plus combien l’être humain est souvent considéré sous un seul aspect. On n’inclut pas le temps dans cet être humain. On parle de l’humain en général, dans l’abstrait, parce qu’on n’est pas enclin aujourd’hui à entrer dans des réalités. Mais l’humain n’est pas un être immobile, c’est un être en devenir. Et plus il devient, plus il est lui-même en mesure de devenir, plus il remplit déjà, dans une certaine mesure, sa tâche véritable, ici dans la vie physique. Les humains qui restent figés, qui répugnent à traverser une évolution, développent peu ce qui est à vrai dire leur mission terrestre. Ce que vous étiez hier, vous ne l’êtes plus aujourd’hui, et ce que vous êtes aujourd’hui, vous ne le serez plus demain. Il s’agit bien entendu de petites nuances. Heureux celui chez qui ce sont en somme des nuances, car l’immobilité est ahrimanienne. Des nuances devraient être là. En quelque sorte il ne devrait pas se passer un jour dans la vie de l’humain sans qu’il reçoive en lui au moins une pensée qui change un peu son être ; qui lui donne la possibilité d’être en devenir, pas simplement d’être statique.

Et c’est ainsi qu’on peut véritablement considérer l’humain d’après sa nature propre, que si l’on ne dit pas dans un sens absolu : l’humain a dans le monde la prétention à la liberté, à l’égalité ; mais si l’on sait comment l’impulsion d’égalité parvient à son point culminant au début de la vie, comment l’impulsion de liberté parvient à son point culminant à la fin de la vie. On commence à pénétrer dans la vie sur terre ces chemins compliqués du devenir humain seulement lorsqu’on prend en considération de telles choses, lorsqu’on ne regarde pas simplement l’humain d’une manière abstraite en disant : il a le droit de voir réalisées dans la structure sociale la liberté, l’égalité, etc. Ce sont les choses négligées par l’évolution moderne tendant vers l’abstraction et, par là, vers le matérialisme qui doivent au travers de la science spirituelle côtoyer à nouveau l’âme humaine.

Venons-en à la troisième des impulsions : la fraternité. Il lui est propre d’avoir son point culminant en un certain sens au milieu de la vie. Sa courbe monte (voir dessin page 57) et retombe. On ne peut en effet exprimer ce fait qu’en disant : au milieu de la vie, quand l’humain est dans sa condition la plus fragile, c’est-à-dire chancelant dans sa relation entre l’âme et le corps, c’est là qu’il a la tendance la plus forte à développer la fraternité. Il ne la développe pas toujours, mais il en a les capacités. Pour l’évolution de la fraternité, les conditions les plus favorables sont pour ainsi dire données au milieu de la vie. ( 4 )  Ainsi, ces trois impulsions se répartissent sur toute la vie humaine. À l’époque vers laquelle nous allons, il sera nécessaire, pour la compréhension de l’être humain, et bien entendu aussi pour ce qu’il est convenu d’appeler la connaissance de soi-même, de prendre cela en considération. On ne pourra pas arriver à des idées justes sur la cohabitation des humains si on ne sait pas comment les impulsions se répartissent dans la vie humaine. D’une certaine manière, on ne pourra pas vivre concrètement si on ne veut pas acquérir cette connaissance ; en effet, l’on ne saura pas de quelle manière concrète un jeune humain se tient aux côtés d’un vieillard, une personne plus âgée aux côtés d’un humain dans la force de l’âge, si on ne considère pas la configuration particulière de ces impulsions intérieures de l’être humain.

Mais mettez en rapport ce que nous venons d’expliquer avec des considérations que nous avons faites ici il y a quelque temps au sujet du rajeunissement progressif de tout le genre humain.  ( 5 ) Souvenez-vous comment j’ai expliqué que la dépendance du corps par rapport à l’évolution de l’âme, qui est propre à l’humain, et que celui-ci n’a plus aujourd’hui que dans ses toutes premières années de vie, que cette dépendance donc était ressentie, vécue dans les temps anciens, nous parlons là seulement des périodes postatlantéennes, jusqu’à un âge avancé. Jusqu’à la cinquantaine l’être humain, dans la civilisation de l’ancienne Inde était, disais-je, aussi dépendant de son évolution physique, dite physique, qu’il l’est actuellement seulement dans ses premières années. L’être humain, dans ses premières années de vie, est dépendant de son évolution physique. Nous savons quel moment décisif représente le changement de dentition dans le développement physique, ensuite la puberté et ainsi de suite. Dans les premières années du développement, nous voyons un parallélisme net entre le développement de l’âme et celui du corps. Il cesse ensuite, il disparaît. Et j’ai attiré votre attention sur le fait que ce n’était pas le cas dans les anciennes civilisations de la période postatlantéenne. Cette possibilité d’arriver à une sagesse donnée par la nature simplement par le fait qu’on était humain, de parvenir à cette sagesse élevée qu’on honorait chez les anciens Hindous, qu’on pouvait encore honorer chez les anciens Perses, etc., cette possibilité était donnée par le fait que les choses n’étaient pas comme maintenant, où l’humain est un être fini vers la vingtaine, où il ne reste plus dépendant de son organisme physique. Celui-ci ne lui donne alors plus rien. Cela n’était pas le cas dans les temps anciens, disais-je. L’organisme physique lui-même répandait la sagesse dans l’âme de l’humain jusque vers la cinquantaine. On était alors en mesure, dans la deuxième moitié de la vie, même sans évolution occulte particulière, d’aspirer de manière élémentaire les forces hors de l’évolution physique pour arriver à une certaine sagesse et à un certain développement de la volonté. J’ai attiré votre attention sur ce que cela signifiait dans l’ancienne Inde ou à l’époque perse, même encore à l’époque égypto-chaldéenne où, lorsqu’on était jeune, garçon ou fillette, on pouvait recevoir les indications suivantes : quand tu seras vieux, tu dois t’attendre à ce que pénètre dans ta vie, simplement parce que tu vieillis, ce qui t’est donné par le fait même que tu suis une évolution jusqu’à la mort. Il était naturel aussi de lever les yeux vers la vieillesse avec respect parce qu’on se disait : avec l’âge agit, dans la vie, quelque chose qu’on ne peut pas encore savoir, pas vouloir quand on est jeune. Cela donnait à toute la vie sociale une certaine structure qui, à vrai dire, ne cessa que lorsque cette faculté recula pendant la période gréco-latine jusque dans les années du milieu de la vie humaine. Jusqu’à la cinquantaine, l’humain était capable d’évolution dans la civilisation de l’ancienne Inde. Ensuite, l’être humain rajeunit, par conséquent l’âge du genre humain, c’est-à-dire cette capacité d’évolution, recula jusqu’à la fin de la quarantaine dans l’ancienne Perse, et elle agissait seulement entre la trente-cinquième et la quarante-deuxième année pendant la période égypto-chaldéenne. Pendant la période gréco-latine, l’humain n’était capable d’évoluer que jusqu’à la vingt-huitième et la trente-cinquième année. À l’époque où eut lieu le mystère du Golgotha, l’humain était capable d’évoluer précisément jusqu’à la trente-troisième année. Ce sont les choses merveilleuses qu’on découvre dans l’histoire de l’évolution de l’humanité : l’âge du Christ Jésus franchissant la mort au Golgotha coïncide avec cet âge jusqu’auquel l’humanité avait reculé.  Et ensuite nous avons encore montré comment l’humanité devient de plus en plus jeune, c’est-à-dire reste capable d’évoluer durant un nombre d’années de plus en plus restreint. Nous avons montré que cela signifie quelque chose de particulier lorsque l’humain, aujourd’hui, entre dans la vie publique justement pendant l’année caractéristique dans laquelle se trouve l’humanité actuellement, dans la vingt-septième année vous ai-je dit, et n’a rien appris d’autre que ce qu’il a reçu de l’extérieur jusqu’à sa vingt-septième année. J’ai mentionné comment Lloyd George ( 6 ) est précisément, sous cet aspect, l’humain représentatif de notre temps parce qu’il est entré à vingt-sept ans dans la vie publique. Il en résulte des conséquences considérables. Vous pouvez lire cela dans la biographie de Lloyd George. Ces choses rendent possible de pénétrer de l’intérieur les rapports du monde.

Mais alors quelle est pour vous la chose principale quand vous reliez ce point de vue, que nous avons considéré à propos du rajeunissement continuel du genre humain, avec les points de vue que nous avons fait résonner ces derniers jours dans notre âme en rapport avec la pensée de Noël ? Ce qui est caractéristique pour notre évolution présente, après le mystère du Golgotha, c’est le fait que, dès la trentaine, nous ne pouvons à vrai dire plus rien acquérir par ce qui est attribué à l’humain naturellement, par notre organisme. Si le mystère du Golgotha n’avait pas eu lieu, nous serions en quelque sorte en train d’errer ici sur la terre dès notre trentaine et nous nous dirions alors : en vérité nous ne vivons vraiment que jusqu’à la trente-deuxième année, au plus la trente-troisième. Jusque-là notre organisme nous donne la possibilité de vivre. Ensuite nous pourrions tout aussi bien mourir. En effet, le cours naturel, les événements naturels élémentaires, les impulsions de notre organisme ne peuvent plus rien nous donner pour notre évolution psychique. C’est cela que nous devrions dire si le mystère du Golgotha n’avait pas eu lieu. Si le mystère du Golgotha ne s’était pas produit, la terre devrait être remplie des plaintes des humains mourants et disant : à vrai dire qu’ai-je de la vie à partir de la trente-troisième année ?
Jusque-là,
il est possible que mon organisme me donne quelque chose. Après je pourrais tout aussi bien être mort, car en réalité j’erre ici sur la terre tel un cadavre vivant. Beaucoup d’humains se ressentiraient en train d’errer sur terre comme un cadavre vivant si ce mystère du Golgotha n’avait pas eu lieu.

Cependant, ce mystère du Golgotha devrait justement aussi encore être rendu fécond. Nous ne devrions pas simplement de manière inconsciente recevoir en nous l’impulsion du Golgotha, comme c’est le cas pour les humains, mais nous devons la recevoir consciemment. Nous devons la recevoir consciemment de sorte que par l’impulsion du Golgotha, nous gardions en quelque sorte la fraîcheur de la jeunesse jusque dans la vieillesse. Et cette impulsion peut conserver notre santé et notre fraîcheur si nous la recevons consciemment de la manière juste. Nous serons alors conscients de la vertu rafraîchissante du mystère du Golgotha sur notre vie. Et cela est important, mes chers amis !

Vous voyez donc, ce mystère du Golgotha peut être compris comme quelque chose de très, très vivant à l’intérieur de notre cours de vie terrestre. Je disais tout à l’heure que les humains, autour de la trente-troisième année, dans le milieu de la vie, sont le plus disposés à la fraternité. Mais ils ne développent pas toujours cette fraternité. Vous avez ici la raison de ce que je viens de dire. Ceux qui ne développent pas la fraternité, chez qui il manque quelque chose dans le domaine de la fraternité, sont précisément trop peu christifiés. C’est parce que l’humain meurt en quelque sorte au milieu de sa vie par les forces de l’évolution naturelle qu’il ne peut pas développer comme il faudrait, tant l’impulsion, l’instinct de fraternité que l’impulsion de liberté, s’il ne vivifie pas en lui des pensées venant directement de l’impulsion-Christ, que les êtres humains accueillent si peu aujourd’hui. C’est pourquoi l’impulsion-Christ, dès lors que nous nous tournons vers elle, est une exhortation directe à la fraternité. Dans la mesure où on ressent la nécessité de la fraternité, on se christifie/christianise. Cependant, l’humain n’arriverait pas seul durant le reste de la vie terrestre à développer toute la force de l’impulsion de liberté, cela sera différent dans les évolutions futures. C’est là que pénètre dans notre évolution terrestre humaine ce qui s’est répandu à la mort du Christ Jésus et s’est uni à cette évolution de la terre. C’est pourquoi le Christ est en substance aussi le guide de l’humanité actuelle vers la liberté.

Nous devenons libres dans le Christ si nous comprenons l’impulsion-Christ de telle sorte que nous puissions aborder le fait qu’en vérité le Christ ne pouvait pas vieillir davantage dans son corps physique, ne pouvait pas vivre, dans son corps physique, au-delà de la trente-troisième année. Supposons qu’il ait vécu plus longtemps, il aurait vécu dans un corps humain au moment où ce corps physique selon l’évolution terrestre de l’époque était en réalité destiné à s’éteindre. Là il aurait tout de suite accueilli les forces de la mort (NDT Ersterbekräfte) comme Christ. S’il avait atteint l’âge de quarante ans, il aurait alors éprouvé dans le corps les forces de la mort. Or il ne pouvait vouloir les vivre/expérimenter. Il ne pouvait vouloir vivre que ce que sont encore les forces rafraîchissantes de l’humain. C’est jusque-là qu’il agit, c’est jusqu’à sa trente-troisième année, jusqu’au milieu de la vie qu’il stimule en tant que Christ la fraternité, qu’il transmit alors ce qui devrait reposer de force dans l’humain, en ce que laisse s’écouler dans l’évolution de l’humain l’Esprit, l’Esprit-Saint. Par cet Esprit-Saint, cet Esprit guérissant, l’humain évolue dans la fin de sa vie vers la liberté. Ainsi s’articule l’impulsion-Christ dans cette vie humaine concrète.

Une telle pénétration intérieure de l’être humain par le principe-Christ, c’est cela que doit être accueillir comme une nouvelle pensée de Noël de la connaissance humaine. On doit savoir comment l’humain vient du monde spirituel avec l’égalité. C’est quelque chose qui lui sera donné, qui est dans une certaine mesure de Dieu le Père. Alors, le point culminant de sa fraternité peut entrer dans l’évolution de l’humanité de la manière juste seulement avec l’aide du Fils, et l’évolution vers l’impulsion de la liberté aux alentours de la mort ne par le Christ uni à l’Esprit.

C’est cette participation de l’impulsion-Christ dans l’organisation concrète de l’humanité c’est cela qui doit être accueilli à partir de maintenant dans la conscience des âmes. Cela seul sera vraiment salutaire lorsque les exigences des humains deviendront de plus en plus pressantes et brûlantes quand on devrait former la structure sociale.

Mais dans cette structure sociale vivent des enfants, des personnes jeunes, moyennement jeunes et âgées et on ne pourra trouver une structure sociale les englobant toutes que si l’on sait qu’un être humain n’est pas tout bonnement égal à un autre être humain. L’enfant de cinq ans est humain, le jeune de vingt ans, la jeune fille de vingt ans sont humains, l’humain de quarante ans est humain, tous sont des humains. Mais ce pêle-mêle chaotique ne mène pas à une connaissance de l’humain telle qu’elle est nécessaire si l’on veut répondre aux exigences du futur, et aussi du présent. Ce pêle-mêle chaotique mène au plus à l’opinion suivante : l’humain est un humain, donc à vingt ans environ doit-il être élu au Parlement. Ces choses sont destructrices pour la structure sociale réelle. Elles reposent sur le fait que l’humain, à l’heure actuelle, ne veut pas s’engager dans l’observation humaine et la conscience de l’humanité qui en résulte : considérer l’humain concrètement, tel qu’il est. Mais, prise dans un sens concret, l’abstraction humain, humain, humain n’est pas du tout présente, c’est toujours un humain concret avec certaines impulsions dans une certaine tranche d’âge. La connaissance de l’humain doit être acquise ; mais elle doit être acquise en considérant l’évolution du noyau intime qui vit en lui de la naissance à la mort. Ceci doit arriver ! Et l’humanité sera vraisemblablement disposée à recevoir de telles pensées dans sa conscience lorsqu’elle sera de nouveau en mesure de jeter un regard rétrospectif sur l’évolution de l’humanité.



( 1 ) « Et si vous ne devenez pas comme les petits enfants... » : Matthieu, 18, 3

( 2 )    Dans l’article que j’ai écrit : publié dans le volume Philosophie et Anthroposophie, GA 35 (EAR).

( 3 )    Il y a quelque temps : le 27 octobre 1918 ; voir Symptômes dans l’histoire, GA 185 (T).

( 4 )    Arrière-plans spirituels de l’histoire contemporaine :  conférence du 2-10-1916. GA 171 (EAR).

( 5 )     Les Mythes antiques et leur signification, les forces rajeunissantes à l’œuvre dans la nature humaine, conférence du 11 janvier 1918, GA 180 (T).

( 6 )    David Lloyd George (1863-1945), ministre britannique depuis 1905, Premier Ministre de 1916 à 1922.