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Institut pour une triarticulation sociale
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Collection: 04 - LA VIE ECONOMIQUE ASSOCIATIVE
Sujet: Rejet de l'économie mondiale conduit à la famine
 
Les références Rudolf Steiner Oeuvres complètes GA305 227-228 (1979) 29/08/1922
Traducteur: FG Editeur: SITE

 

12016 - La confiance, voilà le mot d'or qui, à l'avenir, doit régner sur la vie sociale. L'amour de ce que l'on fait, voilà l'autre parole d'or. Et à l'avenir, les actions seront socialement fécondes qui seront accomplies par amour de l'humanité.

12017 - Mais il faut d'abord apprendre à comprendre cet amour général de l'humanité. Il ne faut pas se persuader confortablement qu'il existe déjà. Et plus on se dit : il n'existe pas, mieux cela vaut. Car cet amour général des humains, il faut que ce soit un amour poussant à agir, un amour qui devienne actif, qui puisse se manifester librement. Alors, progressivement, de jugement issu du foyer familial ou du clocher, il deviendra universel, il deviendra un jugement universel.

12018 - Je vais maintenant vous demander, de ce point de vue : comment un tel jugement universel se situe-t-il par exemple vis-à-vis de ce qui est, dirais-je volontiers, la plus affreuse illustration du chaos social et nous brise le coeur, de la terrible détresse en Europe orientale, en Russie ? quel rapport a-t-il avec cela ?

12019 - Ce dont il s'agit, c'est de poser dans cette affaire la bonne question, qui est la suivante : y a-t-il aujourd'hui sur la terre — et c'est de la terre qu'il faut parler ici, car, depuis le dernier tiers du xixe siècle, nous n'avons plus une économie nationale, nous avons une économie mondiale, c'est là la chose importante dont il faut tenir compte dans la vie sociale —, y a-t-il aujourd'hui sur la terre insuffisance de vivres pour l'ensemble de l'humanité ? Personne ne l'affirmera. Il n'y a pas trop peu de vivres sur la terre pour l'ensemble de l'humanité ! Si cela arrive un jour, alors il faudra que le génie des hommes invente d'autres moyens. Aujourd'hui, il nous faut dire encore : lorsqu'en un coin de la terre des hommes sans nombre souffrent de la faim, la cause en est dans les institutions humaines des dernières décennies. Car ces institutions ne sont pas de nature telle que les vivres parviennent dans ce coin de terre
affamé en quantité convenable au moment juste. Ce qui importe, c'est que sur la terre, les hommes répartissent judicieusement et à temps ces produits alimentaires.

12020 - Que s'est-il passé ? A un moment historique, en Russie, un grand territoire s'est trouvé isolé du monde, enfermé dans des barrières qui étaient un prolongement du tsarisme issu d'un intel¬lectualisme pur, d'une abstraction pure. Un sentiment national englobant un grand territoire a isolé la Russie du monde et empêché que règnent sur la terre les institutions qui permettent à la nature, lorsqu'elle est défaillante en un lieu, d'intervenir ailleurs généreusement grâce aux mains humaines.

12021 - Il faut que les regards qui perçoivent aujourd'hui la misère sociale lorsqu'ils ont un point de vue juste conduisent les hommes à dire mea culpa, à ce que chacun dise mea culpa. Car que l'être humain isolément se ressente en tant qu'individualité, cela n'exclut pas qu'il se sente également lié à l'humanité tout entière. Dans l'évolution de l'humanité, on n'a pas le droit de se sentir une individualité si en même temps on ne se sent pas un membre de l'humanité tout entière.

12022 - C'est là, dirais-je volontiers, le ton de base, la note fondamentale qui doit jaillir de toute philosophie de la liberté, et qui doit insérer l'être humain dans l'ordre social de tout autre façon. Les questions se modifient alors totalement.