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Institut pour une triarticulation sociale
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Collection: 02-L’organisme social



Sujet: L'organisme social se tient sur la tête (humaine)

 

Les références Rudolf Steiner Oeuvres complètes 188 05/11/1919





Traducteur: FG Editeur: SITE

 

Je vous ai dit hier : on a à différencier trois membres dans la nature humaine. Comment on les nomme est une chose en soi. Nous le nommons aujourd’hui l’humain nerfs et sens, l’humain du rythme, l’humain du métabolisme. Nous en avons trois à différencier en rapport à une structure sociale vraiment ordonnée organiquement : le spirituel, le pur étatique régulant, le productif-économique. L’humain se joint à cette vie sociale, l’humain se tient dedans. Mais il se tient dans une certaine mesure différemment dans sa triarticulation qu'est la triarticulation sociale.

Veillez à cela : il est toujours nécessaire d’indiquer que l’on ne construit pas, ne cherche pas d’analogie, n’ébauche pas de telles choses en concepts abstraits, mais pratique une véritable recherche spirituelle. Ainsi n’arrive aussi à rien, celui qui compare l’hiver à la nuit ou avec le sommeil, et l’été avec la veille, pendant que pour la Terre l’été représente justement le sommeil, et l’hiver la veille.

Rien n’obtient celui qui pense l’évolution de l’humanité en analogie avec l’évolution de l’humain individuel.

Pendant que l’humain individuel avance de l’enfance jusqu'à la vieillesse, l’humanité avance à reculons de la vieillesse dans l’enfance. Une véritable recherche montre justement quelque chose de tout à fait autre que ce que les humains songent de manière fantasque. Donc, ne pas filer des analogies, mais voir les choses comme elles sont ! Lorsque nous prenons en considération l’humain triarticulé, alors nous avons tout d’abord le spirituel de l’humain dans la sphère neuro-sensorielle. Alors, nous avons le médian dans la sphère rythmique, l’inférieure dans le métabolisme. Vous pouvez lire cela plus précisément dans mon livre « Des énigmes de l’âme ». Mais j’ai rendu attentif là-dessus : dans le métabolisme est en fait l’empreinte du plus haut, le spirituel. Le métabolisme exprime en cela, si nous voyons le spirituel, l’intuition, le rythmique exprime l’inspiration et la vie neuro-sensorielle l’imagination.

L’humain est un être triarticulé. Mais l’organisme social juste, vers lequel l’humanité présente conflue dans la cinquième période post-atlantéenne, est triarticulé.
Seulement, nous avons là, en ce que nous observons cette triarticulation, à ne pas perdre la chose suivante de vue.

Où réside en fait chez l’humain, ce qui est dévolu à l’organisme humain – pas dans l’humain entier, mais dans l’organisme humain entier ? Oui, là-dessus le monde a maintenant une fois une vue tout épineuse, et la véritable vue, la vraie vue, elle arrive épineuse aux humains. Le physiologue contemporain bon teint se figure, comme je le disais déjà hier : les humains mangent, enfournent ainsi les aliments ; alors, l’organisme se choisit de ces aliments, ce dont il a besoin, les autres il les pousse dehors.

Il transforme cela en lui-même, et cela va ainsi, n'est-ce pas, jour après jour. Seulement, je vous ai dit hier que ce métabolisme ne signifie ainsi de toute façon pas seulement le métabolisme quotidien, et que l’autre métabolisme ne dépend pas du tout de ce métabolisme, qui conduit l’humain des premières dents aux dents définitives, puis plus loin à la maturité sexuelle et ainsi de suite .

Ce métabolisme, qui se déploie sur les grands espaces de temps entre naissance et mort, il ne dépend pas parallèlement de lui, de l’enfourner et transformer d’aliments et ainsi de suite, mais d’autres lois et d’autres transformations de substances en sont la base.

J’ai donc déjà indiqué cela hier. Mais que signifie donc au juste cette nourriture quotidienne, que nous nous incorporons ?
Là, nous arrivons sur un chapitre, où l’on doit maintenant revenir dans une vive opposition avec la science contemporaine.

S’il vous plaît, je ne veux pas maintenant vous entraîner au « pas manger », s’il vous plaît, ne tirez pas de conclusions controversées, insensées, dites dans la volonté de connaître, pas pour que quelqu’un en tire toutes sortes de folies comme conséquences !

Mais pourquoi mangeons-nous donc en fait ? Mangeons-nous pour que nous ayons en nous ce qui est hors de nous ? Non, mais nous mangeons afin que les différents matériaux, qui parviennent en nous, produisent des expressions particulières de forces, et l’organisme se défend contre ces expressions de forces, et pour cette défense nous devons avoir l’impulsion par le manger. Vous pouvez vous le représenter en image : en ce que vous prenez l’aliment en vous, vous causez en vous de petites explosions, vous avez besoin de ces explosions, par ce qu’elles doivent vous détruire derechef, derechef vous asphyxier, vous anéantir, et dans cet anéantissement se développe en fait votre force intérieure. L’humain a besoin d’impulsion, d’excitation, et ce que nous est l’alimentation, est essentiellement excitation.
Car ce que nous sommes comme humain, cela nous le recevons d’ailleurs, de manière pleine de mystère.

Vous vous rappelez, je disais déjà souvent : la tête est en fait creuse. En cela elle peut absorber du monde entier ce qui est productif dans l’humain. Et cette production, elle est dans une certaine mesure soutirée de la tête. Ainsi, la tête vient de nouveau à son droit. La tête est donc en fait dans beaucoup de rapport la partie la moins importante : elle est le dernier reliquat de la précédente incarnation. Elle est ce qui, par exemple sans l’activité rythmique, ne pourrait pas penser. On croit toujours, la tête pense. En réalité, elle ne pense pas, mais reflète seulement les pensées.
Mais par cela, elle vient de nouveau à son honneur qu’en fait elle est le productif .
Et pour déployer cette production, l’humain est dépendant de ce qu’en dehors du rythme en lui règne encore aussi le métabolisme, qui est le continuel inspirateur. Le métabolisme est donc le continuel inspirateur, par lui, l’humain entre en rapport avec le monde extérieur.

Mais comment est-ce maintenant avec l’organisme social ? En vérité, c’est en effet l’inverse. Ce qui est interne chez l’humain, ce que l’humain porte intérieurement en lui, parce ce qu’il a sa tête creuse, qui a besoin là de la stimulation du dehors par le métabolisme, cela est la base pour l’organisme social comme pour nous les aliments. Ce qui est pour nous ce que nous mangeons, c’est pour l’organisme social ce que les humains produisent par leur vie neuro-sensorielle.

Donc l’État, ou mieux dit : l’organisme social, est un être organique, lequel, si j’ai le droit d’utiliser l’expression, mange ce que les humains imaginent, ce que les humains inventent, ce qui vient de la spiritualité humaine.

Retirez la force fondamentale originelle, la particularité fondamentale originelle de la spiritualité humaine, à savoir la liberté, c’est ainsi exactement, comme si vous vouliez laisser grandir les humains sans leur donner à manger. Les humains individuels libres, qui se placent dans une structure oppressive et font leur spiritualité stérile, laissent justement ainsi dépérir la structure sociale, comme un humain doit dépérir, si vous ne donnez pas d’aliments.

Ce que les têtes humaines introduisent dans le monde, ce sont les aliments pour l’organisme social.

Ainsi que l’on peut dire : le productif à partir de la sphère neuro-sensorielle est l’aliment pour l’organisme social. – Ce qui chez l’humain est le système rythmique, cela exprime dans l’organisme social tout ce qui en fait doit être attribué à l’État, comme je le disais déjà hier : tout ce qui se rapporte à la régulation, à la légalité extérieure, donc à la légalité d’État. Et qu'est-ce qui est maintenant le productif dans l’État ? Ce qui provient dans un sens large des fondements naturels, la vie économique.

C’est dans une certaine mesure la tête de l’État. La vie économique, les fondements naturels, tout ce qui est produit, c’est dans une certaine mesure la tête. C’est le contraire de chez l’humain individuel. Si bien que nous pouvons tout aussi bien dire : comment l’humain est productif par ses nerfs et sens, ainsi l’organisme social est productif par ses fondements naturels. Et comme l’humain reçoit son métabolisme de la nature, ainsi l’organisme social reçoit sa nourriture à partir de la tête humaine.

Vous comprenez l’organisme social en rapport avec l’humain lorsque vous posez l’humain sur la tête. Là dans la tête humaine sont en fait « fond et sol » de l’humain. L’humain pousse de haut en bas, l’organisme étatique pousse de bas en haut. Il a sa tête en bas, si l’on veut déjà bien le comparer à l’humain, et se tient sur la tête et a ses jambes en haut. Il reçoit sa nourriture des humains individuels isolés. Ainsi doit-on comprendre intérieurement ce qu’est l’organisme social.

Le jeu d’analogie ne convient pas ; mais de regard sur la réalité vraie, sur la vraie réalité, c'est de cela qu’il s’agit.

N'est-ce pas, nous avons à enregistrer dans le cours du 19e siècle, tout de suite en ce que se fit valoir cette importante coupure au milieu du 19e siècle, à vrai dire le penchant au matérialisme, la désaffection au spirituel. Ce fut les hautes eaux du matérialisme. Que s’est-il en fait passé là en rapport à la conception du monde humaine ? Oui, en rapport avec la conception humaine du monde s’est passé que les humains ont perdu l’esprit du suprasensible. Ils ont perdu justement ce qui aurait dû être fourni comme production par leur tête creuse ; ce qui doit entrer dans la tête creuse, les humains ont perdu cela.
Ils veulent seulement s’abandonner au hasard des expérimentations en rapport avec toutes les découvertes. Si fier, si orgueilleux que l’on soit sur les acquis de la deuxième moitié du 19e siècle, étudiez l’histoire : vous verrez, comment eux-mêmes, les grands acquis, ne reposent pas sur des initiatives directes de la tête, mais sur des constellations qui sont intervenues dans le déroulement de l’expérimentation. On a perdu le Dieu, on a perdu l’esprit, en ce que l’on ne tend pas à la rencontre de l’esprit avec la tête.

Qu'en serait donc la contre-image dans l’organisme social ? Là, on perdrait les fondements naturels, là on se chamaillerait justement, sans faire attention aux fondements naturels. C’est en fait le caractère du débat social dans la deuxième moitié du 19e siècle et jusqu'à aujourd’hui, aujourd’hui le plus âprement. Car aujourd’hui, les gens parlent d’institutions sociales, de socialisation de l’économie humaine et semblable : justement comme cela ils laissent de côté les fondements naturels particuliers à ce débat, l’art et la manière comment doit être produit, comment les matérialistes laissent de côté, ce que la tête doit faire dans l’humain. Si l’époque matérialiste perd l’esprit de sa conception du monde, ainsi l’organisme social correspondant perd la matière particulière de l’économie, de la cohérence sociale. Et dans le devenir social existe le grand danger qui traduit la perte de l’esprit dans la vision du monde matérialiste : la perte d’une production satisfaisant autant que possible l’humanité, la possible compréhension dans le productif.

Maintenant, pour la compréhension de la structure sociale on ne peut pas venir si on ne s’entraine pas à la triarticulation de l’humain et apprend en cela, comment on doit façonner le rapport des sciences humaines aux sciences sociales. Sinon on évalue de fait tout faux.