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Institut pour une triarticulation sociale
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Rudolf Steiner : la lutte contre les nerfs moteurs

Le sort d'une décision sur la vision du monde dans Karl Ballmer et Gerhard Kienle


par Peter Wyssling


Original allemand,
trad. F.G. v02-08/09/2020
Mention des droits

L'anthroposophie consiste en fait dans ce qu’on reçoive sortie à nouveau de proche en proche du corps, toute cette sagesse du monde qu’on a donnée au corps.

Rudolf Steiner


Le problème principal est le "problème je", c'est-à-dire la création à partir du rien/néant ; le cercle de problèmes du concept de Dieu de Thomas d’Aquin est maintenant combattu dans le domaine humain.

Gerhard Kienle


Il s'agit d'une vue de conception du monde et d’un fait qu'il n'y a pas de nerfs moteurs. La question des nerfs moteurs ne peut donc pas du tout être posée et traitée dans le champ de travail de l'anatomie et de la physiologie actuelles.

Karl Ballmer


Voyez-vous, avec un peu de façons de parler anthroposophique, cela n'échappe pas vraiment aux grandes tâches du monde contemporain d'aujourd'hui. Il ne s'agit pas non plus de ce qu’on trafique à la frontière entre la psychologie et la chimie, mais seulement de ce qu’on rende sérieuse la possibilité d'appliquer les possibilités découlant de l'anthroposophie spirituelle-scientifique aussi à la physique et à la chimie.

Rudolf Steiner



Extrait des notes de Rudolf Steiner sur les quatre conférences"Anthroposophie" de 1909 (cahier NB 208, archives Rudolf Steiner, Dornach)


Sensation de la vie - malaise, sensation de liberté-force

fatigue, faim, soif
satiété, anxiété -

Sang




Sens du propre mouvement (sens musculaire)

(muscles, ligaments, tendons, articulations)


Sens statique





Sens de l'odorat




sens du goût







Sommaire du livre


Contenu
Remarque préliminaire - 11

Prologue - 28

Le "problème des nerfs" : au centre d'un tournant du monde - 28

Le monde intérieur de l'homme est l'intérieur de la nature - 32

La nouvelle doctrine de la volonté se heurte au dogme du consensus dominant - 37

"Monde spirituel" - enfin, beau, mais alors au moins le monde intérieur d'un être humain réel - 41

Moi et "le moi"/Je et « le je » - 44

Le pendant polaire de l'anthroposophie : la physiologie folle du présent - 50

Le cauchemar de deux types de nerfs - Le chemin manqué vers la connaissance de l'humain et la pensée cosmique - la logique des hiérarchies - 50

Le nouveau paradigme : la volonté à force de monde - Ce qui découle de la puissance/la force de l'Atma - 56

Les corps supérieurs fluent les uns dans les autres - 59

Meier, Müller, et le lecteur - 60

Très jeune, j'ai commencé à m'occuper de la théorie des nerfs - 65

Un échange entre le Dr H. Poppelbaum, le Dr G. Kienle et Karl Ballmer - 75

Le spirituel et d’âme, et le corporel-physique sont une seule et même chose, vue de différents côtés - 82

Tu peux te développer parce que je ne t’offre aucun obstacle, parce que je fais que je ne suis pas du tout là avec ma vie - 82

« L'erreur capitale scientifique" - 93

Ce qui divise les gens – Le contexte devenant de plus en plus antisocial de l'Europe - 93

Le système nerveux : du sculpteur au présentateur - 95

Continuez à oeuvrer ! - 102

Le spirituel et d’âme se transforme en physique-corporel - 102

Novalis - un physiologiste - 115

L'humain est en fait le plus haut vis-à-vis de la divinité - 117

Vous regardez en fait votre image miroir, mais vous la confondez avec vous-même - 123

La décomposition de la substance protéique et le flux de cette substance en décomposition avec la substance éther - 125

Par la mort de l'univers, nous sommes en fait des personnes conscientes d'elles-mêmes - 130

Quelque chose de matériel doit d'abord être détruit pour que la volonté puisse s'investir - 134

Perspectives - "Je suis un autre" - 137

Copie ou original ? - 137

La fonction uniforme des nerfs en tant que vue de conception du monde et fait - 141

Si nous pensons que nous pratiquons le Goetheanisme, prendre en main les "lignes de base de l'épistémologie de la vision du monde de Goethe". - 146

Si tous les processus naturels sont des manifestations de l'idée, alors l'action humaine est l'idée agissante même - 147

L'"idée agissante" : je - 151

La prolifération de la mort et de la croissance, la vie de représentation et la volonté - 154

L'influence immédiate de l'entité-je réelle - 158

Les hypothèses d'une régulation des processus organiques directement par des influences psychologiques ne sont pas scientifiquement défendables - 161

La séparation du noyau de l'être humain de l'organisation du corps n’a pas la permission d’être pensée spatialement - 164

Un "double aspect du je" ? - Wolfgang Schad - 166

Intuition : les événements du monde se sachant être - 176

Obtenir peu à peu du corps toute cette sagesse du monde - 180

Intuition ou "action conforme au monde" ? - 182
La vie terrestre précédente dans la différenciation normale de notre organisme de chaleur, dans lequel nous vivons à l'intérieur 184

Le monde devient humain - l'humain devient monde - Gisbert Husemann - 189

Le spirituel met en action les "forces physiques" - 189

Les muscles sont-ils des "organes de perception" ? - Otto Wolff - 191

La volonté descend jusque dans l’être le plus intérieur de l'organisme - 198

Le mouvement humain comme effet magique - Le magicien intérieur - 201

... de la langue et de ses impossibilités… - 205

Regard de côté : Franz Mechsner - 205

La synthèse du sensible et du suprasensible - 208

L'activité des trônes, chérubins, séraphins entre nos mains - 208

Digression : En ce que l'humain bouge, le monde entier bouge - 211

La divinité face à l'humanité… - 214

Le "grand sacrifice" : l'abandon de la volonté à l’image miroir - 214

Les événements mondiaux dans les êtres humains endormis sont de véritables événements moraux… - 219

L'impossible problème corps-âme : - 224

Les synapses sont-elles "le lieu d'action des membres supérieurs de l'être" ? - Irene Buchanan - 224

Ignorer au lieu d'"Intervention" - 231

Insertion : Quand il n'y avait pas de "Meier et Müller" - 233

"Bilan énergétique" et "Échange d'informations" : J. W. Rohen - 241

Un regard sur Benjamin Libet - le "champ mental conscient" - 245

Sur la théorie de la substance et la véritable dimension du système des membres - 249

La lutte entre la mort et la vie nous accompagne tout au long de notre vie sur terre - 264

La pensée développe le sentiment, et du sentiment descend le développement de la chaleur, la flamme - et cette flamme veut - 264

L'humain tire de son corps ce que la plante tire du cosmos - 271

La preuve de saint Thomas que Dieu ne peut pas être un corps est dépassée - 275

La volonté dépourvue objet représente un plus élevé - 279

Chaque voie nerveuse part de la circonférence de l'être humain et retourne à la circonférence - 284

Parce que tout ce qui appartient au sentiment est en fait moitié volonté et moitié intelligence - 284

Mon propre corps est un objet du monde extérieur, comme l'arbre ou la vache ou le four - 289

Quels sont les nerfs du sens du propre mouvement ? - Gerhard Gutland - 289

La pensée et la loi de conservation de la substance et de l’énergie

La pensée et la loi de la préservation de la substance et de la puissance - 297

Les représentations sont-elles quelque chose de "réel" dans la tête ? - – E. M. Crane - 297

Sur le mythe de la "situation factuelle" - Prof. Dr. Herbert Hensel - 297

Le "problème des nerfs" comme "problème de Karl Ballmer" - L'élimination de l' "expérience" par W. Schad - 316

"In Christo morimur" - 322
Le
je et le dépassement de la gravité – la déconnexion du corps physique - 322

Lumière et obscurité - La rétrospective Kienles - 336

L’ensemble de la physiologie est construite sur la représentation fondamentale qu'on aurait à explorer les réactions de « l'humain » aux actions du monde - 339

Intuition et "culture scientifique" - but et finalité en soi - 339
"La pauvre âme" - 342
Vous pensez que vous serez contrarié. - 346

Wolfgang Garvelmann : les nerfs moteurs comme "échosondeur de la conscience" - 346

Deux raisons pour lesquelles la superstition des nerfs sensibles et moteurs
doit être éradiquée - 348

Le sang veut devenir de plus en plus spirituel, le nerf de plus en plus matériel - 351

Interruptions nerveuses : Trois troupeaux où sympathie et antipathie vont de pair/jouent l »une dans l’autre - 351

Ce qui se passe en nous inconsciemment, se passe très consciemment pour la connaissance supérieure dans le cosmos - Georg von Arnim - 353

Le système métabolique et les membres sont comme une image à laquelle est encore travaillé - 355

La chaleur morale générée par le "je" est substantiellement égale à la chaleur "physique" - 358

Le magicien des forces physiques : l'organisation -je - 358

Réflexion sur Schopenhauer - 359

Dans la conscience active de soi se trouve l'énigme de l'époque - 359

La transe profonde du somnambule - chaque action est un spectacle de magie-somnambule - 363

La pensée est un règne minéral émergent - 366

Personne ne comprend la volonté, qui ne conçoit pas l'être humain comme un être cosmique - 366

De la partie spirituelle du cosmos, c'est-à-dire du "dehors", le je déploie le vouloir - 369

Le monde personnel en tant qu'âme de sentiment apparaît individualisé dans les gens humains - 369

Dr. med. HansJürgen Scheurle 388
Le "sens d
u mouvement propre" I - Les processus internes sont des processus objectifs du monde - 394

Le "sens du mouvement propre" II - Le mouvement en tant que processus du monde : la volonté se découvrant elle-même - 402

Sentez quand même comment la volonté se répercute dans la perception des mouvements ! - 406

Le sens de l'équilibre, le sens du mouvement, le sens de la vie et le sens du toucher sont des sens de la volonté dans le sens le plus étroit – 406

Comment le processus de prolifération de croissance révèle l'élément de volonté vers l'extérieur, ainsi le processus de mort/dépérissement intérieur l'élément de l’élément de pensée/représentation - 408

L'obscurcissement psychologique une problématique anthroposophique - l'arbitraire dans la robe/l’habit du "comportement prudent et social" - 411

Les remarques de Rudolf Steiner, "parfois brusques et pointues", qui "ne se rapportent à des questions physiologiques particulières qu’apparemment" - 415

La théorie de Scheurle sur la "libération du mouvement" par les nerfs moteurs à l’intérieur le "hiérarchie du mouvement" - 417

Regarder l'âme entière en rapport avec le corps entier - 421
L'expression du métabolisme est constituée de mouvements, même dans les os - 421

Les nerfs : matière excrétée et rendue inutilisable - 426

Objection du Dr. med. Klaus Jensen - 426

Il n'y a pas d'inexactitude plus flagrante que cette distinction entre nerfs sensibles et nerfs moteurs dans le corps humain - 434

Pour les savants, la triarticulation est de la pure tôle/bêtise - 434

En tant qu'être de volonté, l'humain ne se tourne pas vers son organisme, mais vers le monde extérieur - 437

"L'avenir de l'idéalisme allemand" - 437

L'activité astrale et du je dans la formation des nerfs allant dans les muscles - 441

Johannes Grebe-Ellis - 444

L'humain est la scène du monde, où les grands événements cosmiques se jouent toujours de nouveau et de nouveau - 445

Karl Ballmer et Gerhard Kienle dans l'optique de l'auteur Peter Selg - 447

Le "désespoir évident de Kienle" - 449

Le "commun" de Kienle et Ballmer - 452

L'apologie du "tour pathique" est due - 455

Les choses de recherche spirituelle sont des expériences personnelles qui sont poussées à l'objectivité - 456

En tant que contenu spirituel, le noyau le plus profond du monde prend vie dans la connaissance de soi - 463

Vous êtes grandement dans l’erreur si vous croyez que vous vivez avec votre je dans muscle et chair - 464

Gerhard Kienle : "le problème de l'axe des sciences de la nature et de la médecine" - 467

Le cercle du problème du concept de Dieu de Thomas Aquino est combattu dans le domaine humain - 467

Le métabolisme est présent dans le nerf dans la mesure où il est pénétré par la volonté - 470

"Activité nerveuse" : tuer ou paralyser l'imagination - 471

La découverte du véritable humain - le mouvant mû - 474

La "connaissance du monde" et la "connaissance de soi" - 474

Karen Svassyan - Parce qu'une autre est une idée sans destin, mais une autre, une idée comme destin - 477

Le processus métabolique est partout une expression de l'être le plus élevé de l'humain - 482

La forteresse la plus importante qui sera prise d'assaut sera la physique "moderne" - 484

Toute véritable reconnaissance de la nature est anthropocentrique - Edgar Dacqué - 486

Elise Wolfram et Paracelsus - 490

Le monde que les vivants et les morts ont en commun - 493

Karl Ballmer en conversation avec Viktor von Weizsäcker - 496

La relation corps-âme doit être remplacée par la relation : genre-individu - 496

Nous nous sommes débarrassés de l'ignorance selon laquelle la vie a en principe plus de valeur que la mort - 502

Le "monde spirituel" : le monde que nous partageons avec les morts - 502

Muscles et sang / Harmonie des sphères et des logos - 504

Peter Selg et un petit détail - sur le contenu fatidique d’une note de bas de page - 505

Insertion : Johannes Hemleben - 506

La "question sociale" - 513

Le principe égoïste et non égoïste - 513

Un idéalisme obstiné ? - 520

Le "problème des nerfs" correspond au "problème de la question sociale" - 524

La triarticulation n'est pas un problème "politique", mais un problème de vision du monde - 524

Un récapitulatif - À l'occasion de la nouvelle publication de l'anthologie "L'organisation humaine des nerfs et la question sociale" - 531


Remarque préliminaire

Le présent document a été rédigé à l'occasion de la nouvelle publication du "Briefwechsel über die motorischen Nerven" (Échange de lettres sur les nerfs moteurs). L'auteur Karl Ballmer a compris le "Briefwechsel" - avec la brochure "Elf Briefe über Wiederverkörperung" (Onze lettres sur la réincarnation)- comme une "expérience" existentielle. La nouvelle édition, ainsi que les présents commentaires, doivent être considérés dans le contexte du champ de tension de la science anthroposophique, qui doit de toute façon - même sans cette "expérience" - lutter avec sa propre compréhension. Il s'adresse en premier lieu aux lecteurs qui s'intéressent au point de vue de Rudolf Steiner sur la physiologie actuelle. Un tel intérêt ne peut probablement être attendu que de très peu de personnes.

Ce que l'on considère aujourd'hui comme l'état des connaissances, les "faits établis" en la matière, peut laisser penser que Steiner a été victime ici d'une erreur - dans une "question technique". Dans le domaine de l'anatomie et de la physiologie universitaires, sa vision de la polarité fondamentale du mouvement du corps et de la fonction nerveuse est totalement inconnue. Dans cette optique, le rôle des nerfs est uniformément "sensible". Les nerfs soi-disant "moteurs" servent à la perception, et non au déclenchement de mouvements : grâce aux nerfs musculaires/des membres, les mouvements deviennent un événement conscient. Les perceptions véhiculées par ces nerfs sont des perceptions sensorielles objectives, qui ont pour objet les multiples mouvements du corps humain et de son métabolisme. (Les perceptions du toucher, de la vie, du mouvement et du sens de l'équilibre entraînent la perception de l'événement corporel a priori à puissance de monde comme un "propre/personnel").


Les médecins et les physiologistes anthroposophes ont du mal à accepter cette manière de voir, et le sujet est évité dans la mesure du possible. On comprend que cette attitude ambivalente ne soit généralement pas clairement articulée ; le sujet est en suspens depuis une centaine d'années. La situation n'est pas facile, car Steiner insiste ironiquement sur la validité empirique, la vérifiabilité et la fertilité de ses déclarations sur la polarité des nerfs et des processus métaboliques, des processus de conscience déconstructeurs et de volonté constructive. En revanche, l'attribution des événements de la volonté à l'organisation nerveuse est encore fermement ancrée dans la médecine orthodoxe. Une "volonté" en tant que principe d'action métaphysiologique, "physico-magique", de construction de la matière et de mouvement ne se situe pas dans le cadre des idées directrices classiques de la biologie et de la chimie, qui culminent dans la loi de conservation de la matière et de la force/énergie (loi de conservation de l'élan). Le fait fondamental de la dégradation physiologique des neurones, comme l'a déjà déclaré Fortlage au milieu du XIXe siècle, n'est pas systématiquement pris en compte.


Pour sa part, Steiner avait déjà dû lutter contre toutes sortes d'objections, notamment l'accusation de "dilettantisme" non scientifique. Cette lutte déterminée et sans compromis a été poursuivie par Karl Ballmer sous le prétexte qu'il s'agissait d'un point central dans la vision globale du monde de Rudolf Steiner. - Il serait trop naïf de supposer que Steiner lui-même n'était pas déjà pleinement conscient des risques liés à sa position frontale. Il a souligné qu'il n'a pas osé rendre ses thèses publiques avant 1917, "après avoir passé trente ans à travailler cette façon de voir". ( 1 )


Il était inévitable que sa référence implacable à une physiologie corrompue et empiriquement inadéquate l'amène à être implicitement ou explicitement accusé d'erreur, notamment aussi dans les rangs des universitaires anthroposophes. - Afin de maintenir la perspective scientifique, la critique physiologique de Steiner peut être interprétée comme une avancée métaphorique, par laquelle le contenu physiologique peut être surjoué respectivement désamorcé/expurgé/décrispé. Cette procédure n'est qu'une variante euphémique de la censure destructrice à l'adresse de Steiner. Les deux variantes de la contradiction (reproche d'erreur et éviscération par euphémisme) tirent également le sol de sous les pieds de l'humain macrocosmique-microcosmique. - La vision d'une "volonté" (ou d'un "esprit") de monde d'apparence physique et physiologique directe est si peu familière que la pensée universitaire doit y résister au début. La représentation matérialiste de l'humain en tant qu'être naturel individuel, qui se combine - également dans l'environnement anthroposophique - avec les "représentations de l'âme" classiques, ne laisse aucune place au phénomène primordial "humain" en tant que nature spirituelle cosmique décrite par la science de l'esprit, qui devient immédiatement - "physiologiquement" - tangible/saisissable dans le système métabolisme/membres.


L'impasse de la thèse de l'erreur ne peut pas non plus être évitée si le combat de Steiner contre les nerfs "moteurs" est minimisé ou dissimulé dans le cadre d'une compréhension "scientifique amicale" de l'anthroposophie - et si, dans le sillage de cette tactique, la poursuite de ce combat par Karl Ballmer doit être ignorée. Cette attitude n'est qu'un prétexte pour ne pas tourner le dos à une telle "anthroposophie" arbitraire. Une science de l’esprit qui délègue la "volonté" aux nerfs et au "ménage énergétique" est une absurdité. La vision de la volonté comme un facteur agissant directement "magiquement" signifie un tournant copernicien - ou mieux : galiléen - dans le domaine physiologique, physique et idéologique, elle a des effets sur toutes les disciplines scientifiques. Il va sans dire qu'elle initie également un changement d'attitude pour la coexistence des êtres humains à moyen et long terme.


Une partie du calme superficiel trompeur (qui au début accompagne tout mouvement tectonique) est que l'engagement de Ballmer contre la banalisation "interne" de la pertinence de science de la nature de la lutte de conception du monde n'est pas remarqué ou est consciemment ignoré. L'empirisme à la fois suprasensoriel et sensoriel de Steiner doit inévitablement entrer en collision, dans le domaine de la physiologie, avec la théorie dominante des "réseaux" neuronaux/cérébraux de "traitement de l'information". Même dans un "monde de la vie" anthroposophique coagulé entre-temps et dans son "espace scientifique", certains résultats de cette phénoménologie cohérente ne trouvent qu'une place limitée. Et ce, malgré la devise intransigeante de Steiner à l'adresse des "phénoménologues" et des "Goetheanistes" : "Si vous voulez de la phénoménologie, vous ne devez pas philosopher". L'abandon de la reconnaissance traditionnelle du sujet comme "représentation", l'abandon des "limites de la connaissance" subjectives au profit d'un concept empirique chargé de monde de la science et d'une théorie objective des sens est lié à des décisions existentielles, chacune d'entre elles signifiant un destin personnel. Selon Steiner, "l'humain" n'est pas en dehors de la nature - l'anthroposophie commence par l'observation empirique que la nature (ou "monde") atteint sa conscience de soi où elle apparaît sous la forme de l'organisme sensoriel "corps humain", et se manifeste - le monde essentiellement humain - comme un destin "chargé de corps" concret. - Les déclarations de Ballmer visent à analyser les illusions et les risques visés ou acceptés même inconsidérés associés au "corps humain",
liés au fait que l'anthroposophie est ancrée dans des conceptions du monde existantes (éthiques, religieuses, physiques, biologiques, etc.), aux symbioses paradoxales qui se produisent, aux lignes de faille symptomatiques, aux manifestations d'opposition interne, aux nombreuses
fables convenues qui se réunissent autour du mot anthroposophie et du nom Rudolf Steiner. Ses incorruptibles clarifications remettent en question les "bouts d’héritage" de provenance anthroposophique, tout un monde de vie pragmatique. Leur implantation/établissement dans le vivier "socioculturel", la structure classique de l'"individu", de la "société", de l'"histoire", etc. sous la forme des aspects financiers, juridiques, économiques, culturels, etc. qui leur sont associés, est remise en question. Les pratiques sont mises à l'épreuve. Quiconque voit le fondement de la philosophie antithéiste et anti-atomiste de Steiner n'est pas toujours à l'aise avec les "réalités" qu'il a contribué à créer ; il est automatiquement tenté de produire toutes sortes d'humeurs et de préjugés, pour lesquels l'enfant terrible Ballmer peut être utilisé avec gratitude comme paratonnerre, pour ainsi dire. Entre-temps, la "rigueur" ou "l'incorruptibilité" scientifique de l'anthroposophie (qui "pense" au sens le plus large et le plus petit) est une garantie infaillible de l'actualité croissante des pensées "authentiques" de Ballmer. - (Dans la mesure où l'on peut parler d'une "réhabilitation" de l'héritage jusqu'ici ignoré de "Ballmer", il faut n’entendre par là rien de moins que la réhabilitation [ou mieux : "l'habilitation"] de la vision du monde de Rudolf Steiner dans le domaine d'une "anthroposophie". Cette vision du monde n'est pas un "système philosophique" abstrait, elle ne peut se manifester autrement que sous la forme d'un je concret, avec le nom d'un certain "individu").


La déclaration de base de Steiner est la suivante : le postulat (matérialiste) selon lequel les nerfs "moteurs", qui déclenchent le mouvement, ont corrompu la physiologie. Cette physiologie corrompue a un effet corrupteur sur le reste de la science, et de ce point de vue autoritaire, elle sature toute la vie d'impulsions destructrices asociales. En revanche, Steiner décrit la "volonté" comme le commun constitutif entre/parmi les êtres humains qui, par le biais du chas de l'aiguille de "l'âme de la conscience", s'est arrachée à l'obscurité mystique des anciennes religions et de leurs mises en scène actuelles. La "volonté" n'est pas à rechercher dans une transcendance éloignée du monde, mais elle est directement présente dans la nature métabolique de l'humain : "Le processus métabolique le moindre et le processus métabolique le plus fort est partout l'expression de ce qui... est l'être le plus élevé de l'humain.


Vouloir "lever les yeux" sur une erreur du chercheur de l’esprit ici serait ridicule et frivole à la fois - toute forme d'hostilité/opposition ouverte est préférable à une telle "acceptation". Une fois de plus : la partialité d'une doctrine scientifique neurologique biaisée ne peut mettre en évidence aucun autre jugement que celui de l'erreur. Dans l’esquisse-monde de "l'être humain" compris biologiquement et psychologiquement, la représentation même de la distance historique avec Steiner laisse supposer que son rejet catégorique de la théorie duale des nerfs n'est pas vraiment à prendre au sérieux. Cependant, l'aspect moderne et convaincant de la physiologie et des différentes théories "neurocognitives" ne change rien au fait que des paradigmes s'affrontent ici. Cependant, la collision n'a lieu que lorsque la position de Steiner/Ballmer peut être comprise - au moins dans une certaine mesure. La reconstruction nécessite une analyse de la pensée causale, qui attribue encore aujourd'hui le déclenchement du mouvement arbitraire à des activités dans le cerveau et la moelle épinière. La représentation antérieure de la station télégraphique semble presque romantique par rapport aux modèles actuels issus des technologies de l'information ("programmes de mouvement", etc.). Mais en principe, rien n'a changé dans la représentation neuronale de la volonté, si est maintenant aussi parlé de "neurones sensorimoteurs". Selon Steiner, ces analogies sont une sorte de phénomène de mode : "... dans le domaine physiologique, on a parlé pendant un moment de nos nerfs dits sensibles qui s'étendent de la périphérie à l'intérieur comme des fils de télégraphe, qui arrivent ensuite et d'une certaine manière, transmettent par une sorte de commutation ce qui est alors des actes de volonté, des impulsions de volonté. Que de cette façon, ce qui passe par les nerfs centripètes soit transmis aux nerfs centrifuges a toujours été comparé aux lignes télégraphiques. Maintenant, peut-être, si l'on trouve quelque chose qui se présente d'une manière différente que le simple fil télégraphique, on pourra utiliser une image différente pour cette chose selon cette méthode. Et donc, comme on change dans la mode, on utilise toutes ces choses que l'on trouve à tout âge pour aider à expliquer certains phénomènes". ( 2 )


Il faut une certaine distance par rapport à l'apparition d'une "science" d'apparence dogmatique pour établir/constater la disparité entre une situation factuelle prétendument "garantie empiriquement" et les résultats de l'empirisme intellectuel de Steiner. L'évaluation de la dimension de la collision qui se produit ici suppose une volonté de s'engager directement dans la position de Steiner et les analyses éclairantes de Ballmer. Une condition préalable à cela est la capacité à sortir d'un domaine d'études limité. La preuve d'une formation de jugement indépendante ne peut pas consister à adopter des préjugés communs contre un "Rudolf Steiner historique" après un délai de grâce approprié. La référence notoire au comportement "émotionnel" de Ballmer ne peut être qu'une mauvaise excuse pour reporter des décisions attendues depuis longtemps. L'anthroposophie se considère/comprend fondamentalement comme une science, c'est-à-dire comme une science d’âme et spirituelle d’expérience, qui doit respecter les règles de fer d'une science empirique de la nature et impartiale. Steiner souligne constamment "que dans le domaine de la recherche spirituelle, nous procédons aussi précisément que seule une science externe peut procéder de manière expérimentale, et nous nous sentons également responsables, de sorte que nous nous demandons toujours : ce que nous trouvons dans la vision spirituelle correspond-il à ce qui est le résultat d'une recherche empirique, physique externe ? - Rien d'autre n'est valable dans la réalité, du moins pas en principe". Une science non dogmatique et empirique de la nature est obligée de refléter tous les éléments de base comme par ex., l'espace, le temps, l'énergie, l'information, etc. Si cela n'a pas lieu, toute idée de convergence de la science et de l'anthroposophie reste une chimère spéculative, une construction idéologique.


Si les déclarations de Steiner sur la fonction nerveuse étaient incorrectes, alors, comme je l'ai dit, toute la connaissance anthroposophique de l'évolution humaine devrait s'effondrer. Le "sujet" est suffisamment explosif pour être perçu et traité avec le plus grand sérieux dans les différents domaines de la vie et des institutions anthroposophiques. Ce serait faire preuve d'autosatisfaction avec les conséquences les plus graves que de vouloir pratiquer la politique de l'autruche compte tenu de la dimension de la "question nerveuse". Ignorer cela signifie laisser l'anthroposophie elle-même - en tant qu'empirisme scientifique - aux maximes de ces sciences spécialisées qui font autorité et qui - si l'on y regarde de plus près - doivent finalement leurs préjugés triviaux à une physiologie "gâtée" et à une "recherche sur le cerveau" populaire. Le chemin vers une vue d'ensemble fondée sur soi-même est semé d'embûches, il faut une activité intérieure pour prendre de la distance par rapport aux théories "neurocognitives" de la conscience fixées matériellement.


Lorsque la connaissance a priori comme processus matériels nerveux et cérébraux est fixée et avec cela subordonnée à l'activité cérébrale subjective et à la "certitude intersubjective" statistique, les fondements philosophiques de l'anthroposophie per definitionem n'ont aucune place. Il reste un monde de vie pragmatique anthroposophique, vestige d'un "mouvement de renouveau" historique, qui doit mesurer son droit à l'existence en fonction de critères externes (changeants), qui au cours de la décomposition interne (de conception du monde) ne peut plus être perçu comme externe non plus.


*


Ce volume accompagnant la "Correspondance" rassemble de nombreuses déclarations de Steiner sur les différents aspects du système nerveux dual courant. Bien sûr, on peut aussi les lire sans référence aux lettres de Karl Ballmer. Malgré sa taille, la collection n'est en aucun cas une anthologie complète, d'autant plus que le sujet ne peut en aucune façon être séparé de l'ensemble de l'héritage écrit de Steiner. (Il en va de même pour l'héritage écrit de Ballmer - les lettres de Ballmer et les autres passages de texte consultés ne représentent qu'une sélection). Le reproche éventuel d'une référence trop forte ou "passive" à Rudolf Steiner devient donc superflu. Le but réel est de laisser aux déclarations de Steiner, Ballmer et d'autres auteurs de s’éclairer réciproquement. L'auteur est conscient que la procédure met le lecteur à rude épreuve. Le sujet traité est à la fois complet et "existentiel", de sorte que la lecture ne peut être une réception théorique. Le contenu est adapté pour évoquer toutes les réactions dans le spectre entre le rejet, la stupeur, l'indifférence, le scepticisme, l'incertitude, l'émerveillement, l'enthousiasme et l'étonnement. Le sujet n'est pas un système théorique fermé, mais un événement : de la vie (concrète) et du destin de l'humain, à chaque seconde. Elle n'est pas prévisible/calculable, en un mot de Ballmer : toujours nouvelle, une surprise qui surgit de nulle part/rien. ( 3 )

Le concept de l'événement développé dans la "correspondance", "l'intuition" de la science de l'esprit anthroposophique, nous oblige à considérer le contexte de la correspondance, la controverse sur le concept de "volonté" par excellence, du point de vue de "l'âme du monde agissant par elle-même". Cela sonne comme une théorie abstraite et extravagante. Mais "l'âme du monde" est quelque chose qui s'exprime même dans les processus les plus triviaux, quelque chose qui est "dans" les participants individuels concrets. Elle "est" l'événement lui-même, l'embrassement de tous les processus en tant que connaissance, en tant que contenu de la conscience. Pour que cette affirmation soit plus que rhétorique, elle doit accepter la question du sujet de cette conscience. La réponse à cette question ne peut être abstraite. - Quiconque ne peut rien faire avec cette approche ne pourra comprendre la discussion actuelle sur le système nerveux/l’évènement des nerfs/le devenir des nerfs que comme un jeu de réflexion théorique et irréaliste/étranger à la vie. - Cependant, toutes les déclarations de Rudolf Steiner sur le lien entre la conscience, les évènements nerveux et la volonté seraient alors affectées par le même jugement. Le point central de ces explications consiste précisément en une nouvelle compréhension de la conscience et du mouvement. En termes anthroposophiques, l'humain est a priori un événement chargé de monde, dont la découverte par soi constitue/défini le contenu de son "existence/être-là" et de son "histoire". Quiconque contredit cela se trompe sur le cœur/le noyau de la vision du monde de Rudolf Steiner, son "monisme" ou "individualisme éthique".


Le mouvement du corps est un "secret révélé", pour reprendre ce terme paradoxal de Goethe. L’"énigme du mouvement" est liée au secret de "l'individualité" et du "destin" : dans "la solution de l’énigme", les aspects factuels et personnels coïncident. Une considération "objective" ici doit nécessairement être aussi un événement parmi des personnes concrètes, doit l'inclure comme "histoire" et cours actuel des événements. La "découverte" de la volonté et du mouvement ne peut être autre chose que le mouvement au sens le plus complet du terme. (La recherche du "vouloir" dont il est question dans ce livre est nécessairement un événement individuel, et non une "grammaire de la connaissance" ; en tant que théorème abstrait, elle est sans espoir : "On ne devrait pas vouloir renoncer au drame épistémologique/de la connaissance au profit d'une grammaire de la connaissance ; la peur de cela ne doit pas non plus empêcher de tomber dans l'abîme de l'individuel, car on s'élève de cet abîme en union avec de nombreux esprits et on fait l'expérience de la parenté avec eux ; par ce biais, on naît du monde spirituel : mais on a reçu la mort, on devient soi-même le destructeur de ce qui est devenu, on vit cela de façon spiritualisée et on est présent dans sa destruction. “ GA 40, p. 224)


La physiologie en cours part de ce que seul le système/l’évènement nerveux est responsable du fonctionnement d’âme de l'être humain, que les nerfs et le cerveau sont responsables du percevoir, du représenter, du sentir, etc. Ceci est diamétralement opposé à la déclaration de Steiner selon laquelle la totalité de tous les processus corporels permet les fonctions de l'âme. La déclaration précise plus loin que le corps n'est pas le producteur des fonctions de l'âme (de la conscience), mais qu'il représente lui-même un extrait de l'"âme" finalement autonome, qui se reflète dans les processus du corps de façon différenciée. Le corps est là pour rendre possible la connaissance de soi d'une "âme" qui est d'abord une quantité "transcendante" totalement inconnue, qui - en tant que producteur des processus corporels – n’est pas à penser comme platonique-non corporelle. C'est sur la toile de fond de ce concept idéaliste que se pose le "problème des nerfs" anthroposophique. La fonction des nerfs dans l'organisme entier est différente dans la vision du monde de Steiner que dans la physiologie classique. L'humain ne fonctionne pas grâce à son "organisation nerveuse", mais grâce aux nerfs, l'humain se perçoit comme une "âme", comme un être individuel. Les explications de Steiner sur l'activité des nerfs s'inscrivent dans le contexte d'un être humain ou d'une image de l'âme fondamentalement différente. Le "problème des nerfs" résulte du choc de compréhensions antagonistes du monde, de visions du monde.


Si l'on parle d'un "problème des nerfs" à un neuromédecin actuel, il ne peut rien commencer avec cette question, car il ne connaît pas la collision des visions du monde dans son domaine d'expertise. Seule la "médecine anthropologique" (issue de Viktor von Weizsäcker) voit un problème épistémologique fondamental dans le modèle de la machine neuronale.


La déclaration fondamentale de Steiner est la suivante : l'être humain, avec la partie qui "(re) connaît", est en fait toujours en dehors de son corps et de ses fonctions corporelles : "Il vit dans les choses, je l'ai souvent dit. Et qu'il reconnaisse quelque chose est basé sur le fait que son expérience se reflète dans les choses à son corps." ( 4 ) La base de la physiologie des sens anthroposophique est la suivante : "L'organisation sensorielle humaine n'appartient pas à l'être humain, mais elle lui est intégrée par l'environnement au cours de la vie sur terre. L'œil qui perçoit est spatial dans l'être humain, il est essentiel dans le monde.


Et l'humain étire son être spirituel dans la seule chose que le monde expérimente en lui à travers ses sens. (Directive 171, cf. également p. 474. Le lecteur est prié de s'attarder sur de telles phrases) Le neuro-médecin et physiologiste ne considère pas les processus nerveux comme des événements miroirs, parce qu’il voit l'essentiel dans les processus à l’intérieur d'un "substrat nerveux" biochimique. Il examine les processus de mise en miroir à l'intérieur du "miroir" : dans l'organisme corporel et les voies nerveuses. Un "problème des nerfs" apparaît du fait que, selon Steiner, le mouvement arbitraire humain ne commence pas dans le "miroir" des processus nerveux, mais dans l'organisation autonome suprasensible de l'âme, dont le miroir est le système nerveux, afin que l'humain puisse se sentir comme un être "libre" de conscience de jour. La représentation de nerfs "moteurs" est née de l'incapacité à considérer les processus de l'âme comme des événements autochtones. Le dogme fermement établi du système nerveux "sensorimoteur" matérialise l'état de fait extrasensoriel pour le transfert de "l'information" du système nerveux central aux "organes du résultat" ou "effecteurs" (muscles), lequel schéma de pensée vit du concept d'"information". Cette "information" est - pour pouvoir argumenter - présupposée comme une catégorie en quelque sorte sûre. L'utilisation non réfléchie de ce concept comme nouvel absolu caractérise de nombreux domaines scientifiques aujourd'hui, où une "technologie de l'information" qui fonctionne semble être une base évidente. La recherche moderne sur les organismes finit également par atteindre le Prius de l'information lorsqu'elle observe "l'auto-organisation de structures cohérentes". Seuls quelques-uns remarquent que la subordination de l'humain au concept d'information est une variante matérialisée de l'ancien théisme. De même, l'"information", comme tous les concepts de Dieu, n'est qu'une extrapolation de la vie humaine concrète - l'asservissement historique des sciences à un absolu religieux est préservé, intériorisé dans la croyance en l'"information". L'essentiel dans ce processus est l'enchaînement de l'"information" à l'axiomatique traditionnelle de la "matière" et de l'"énergie", que les visions théistes du monde transmettent sous une forme modifiée. Le concept d'information peut seulement devenir vraiment fructueux lorsqu'il rappelle son origine dans la conscience concrète, qui est le facteur primordial par rapport à toute "science" et croyance en l'autorité - en tant que source de toute conceptualité, y compris les catégories de base telles que le temps, l'espace, l'histoire, etc. - et les dérivés des mêmes.


La position militante de Steiner à l'égard du système nerveux dual ne peut être comprise sans un retour au discours de la théorie scientifique. Pourquoi cette polémique radicale au profit d'une question scientifique apparemment spécifique ? (Le médecin F. Husemann remarquait déjà en 1921 que le résultat de la nature "sensible" de tous les nerfs, prétendue spirituellement-scientifiquement, "était souvent l'objet de questionnements, de doutes et de sourires" : "Les très intelligents pensaient que Rudolf Steiner ne possédait pas les connaissances physiologiques les plus élémentaires"). ( 5 )

La polémique notoire de Steiner est basée sur l'"épistémologie" existentielle de l'humain en tant que véritable "absolu" derrière tous les concepts d'esprit, de Dieu, de matière, d'énergie et d'information. La lutte se fonde sur l'autoritaire impossibilité de la connaissance de la nature d’esprit de l'humain, qui se manifeste par l'hypothèse de deux types de nerfs. Il ne s'agit donc pas d'une question de détail à l’intérieur d'une anatomie ou d'une physiologie donnée, mais d'une révision de principe, d'une autre conception de la "science", de la physique jusqu’aux nerfs des absolus se découvrant, le "corps humain" mal interprété, une autre anthropologie par excellence. La nature d’esprit de l'humain englobe les processus physiques visibles dans le "corps" et le "monde" comme faisant partie d'eux-mêmes ; dans les nerfs se trouvent les traces ou "empreintes" de ce qu'est l'"activité nerveuse" réelle en tant qu'évènement miroir non sensoriel.

Une fois que le concept d’humain individuel naturel "piloté par des nerfs" a été exposé comme le produit de préjugés établis, une nouvelle approche inattendue de la "question sociale" s'ouvre. Cette "question sociale" influence depuis longtemps la vie des habitants de la terre, non seulement sous la forme des tragédies internationales du XXe siècle, mais aujourd'hui sous la forme des multiples "crises" et au niveau mondial sous la forme des différents "théâtres de guerre". Si la "nature d’esprit de l'humain" n'est pas un postulat de "valeurs" humanistes-esthétiques, mais s'avère être un fait et la plus haute instance, ainsi elle l’est aussi par rapport à toutes les doctrines idéologiques du salut, de l'idée d'État de Hegel à l'idée marxiste-léniniste de la "dictature du prolétariat", également par rapport à toutes les concentrations modernes de pouvoir de toutes sortes. L'expansion "sécuritaire" des instances supra-individuelles (États et super-États, institutions du capital, etc.) - bien qu'il y ait toujours des personnes concrètes derrière elles - s'exprime toujours dans des structures sociales collectivistes, même les plus subtiles (intérnalisées). Cela s'accompagne de revendications de pouvoir cachées et impitoyables de la part d'humains individuels ou de groupes d’humains. Les techniques des services secrets témoignent d'une manipulation des plus intelligentes de la dialectique hégélienne, par le biais de la construction d'images menaçantes de l'ennemi.

Les réflexions qui entourent l’énigme du mouvement poussent à éclairer par elles-mêmes toutes les "crises" voulues et non voulues dans lesquelles s'exprime la "question sociale" permanente. Ici, la question est de savoir dans quelle mesure la vision de la société et de ses "crises" systémiques correspond à la vision préconçue de l'"être humain" interprétée de manière biochimique - qui est le pendant de l'image de l'individualité-esprit libre de " chair et sang".


La signification de la vue de Steiner sur la question du système apparaît dans un contexte qui, à l'horizon des sciences sociales pragmatiques, peut seulement être qualifié de dilettantisme utopique – aussi loin que la contribution de Steiner (sous la forme d'une "physiologie" sociale) pouvait absolument être perçue. Les commentaires de Ballmer sur ce non-sujet sont précieux - ils poursuivent inlassablement le contenu impulsionnel de la théorie systémique des organismes, qui décrit les "lois naturelles" de la coexistence future. Le dépassement des vestiges des anciennes structures aristocratiques doit déboucher sur de nouvelles formes de coexistence, dans les plus petites comme dans les plus grandes, jusqu'à une adaptation aux pouvoirs organisateurs, agissant à l'échelle mondiale, qui propulsent leur être et non-être dans la construction/déconstruction de capital et le contrôle des médias.


L'aveuglement analytique vis-à-vis des "forces d'impulsion" historiques qui travaillent souterrainement correspond exactement à l'indifférence aveugle vis-à-vis de l’enseignement anthroposophique sur les nerfs comme "dilettantisme non scientifique". Dans les deux cas, une prise en compte de Steiner n’est pas à attendre pour l'instant. Avant que la "crise" n'aura pas atteint le cœur/noyau de la théorie scientifique, accompagnée d'un état de guerre (civile), on peut à peine attendre une considération pour une polémique sur nerfs et société. Les "praticiens" de tous les domaines ne s'intéressent ni à une anthroposophie "historique" ni à une anthroposophie actuelle. Les germes d'une théorie anthroposophique de l'organisme devront probablement attendre des siècles avant de pouvoir prouver leur fertilité. Le jugement ignorant du dilettantisme et de l'utopisme se laissera aussi peu influencer par les "crises" actuelles que les tragédies du XXe siècle n'ont pu modifier les convictions politiques fondamentales. - Selon Ballmer, l'"Occident" sera, moins par ses guerres que par le dogme subliminal du "mobile/mouvant immobile", l'image de Dieu du païen Aristote, dogme qui est la véritable "crise" derrière toutes les crises. L'impossibilité, soutenue par les universitaires, de reconnaître l'humain comme un être de/du monde, comme une "créature" du sol/fondement du monde se mouvant, est la source de l'attitude asociale qui prévaut. Sous l'idéologie de la vision du monde naturaliste-biologique, seuls la passivité et le cynisme peuvent s'épanouir, main dans la main avec les instincts égoïstes de groupe. (Cette paralysie sociale se reflète dans la théorie qui consiste à voir dans l'égoïsme de l'individu le seul moteur de l'ensemble social).

La prestation de la vie de Gerhard Kienle consiste en la lutte pour "le succès et la reconnaissance de la médecine anthroposophique aux yeux du public". La dimension des préoccupations qui y sont liées ne se manifestera qu'à long terme - probablement seulement lorsque l'échec d'une "authentique" médecine anthroposophique, qu'il a lui-même déploré, sera plus clair. Ce n'est qu'alors que la question de Kienle pourra émerger du brouillard des clichés anthroposophiques, sous forme existentielle : le souci d'une "anthroposophie" qui est "sociale" parce qu'elle contient le "savoir" liant de l'être humain spirituel - la science comme savoir réel/véritable, comme processus personnel impulsant de connaissance. La connaissance d'un monde dont l'essence veut se montrer comme "humain", jusqu'à la dernière fibre des processus chargés de corps et de destin. Dans le sens de l'anthropologie de V. v. Weizsäcker, on pourrait dire Kienle voulait le soin ou dans la ligne de pensée de Ballmer : Kienle voulait le soin de la sorte du monde. Ce qui est caché dans la résignation ultérieure de Kienle ne devrait pas tomber dans l'oubli. L'objectif de cet article est d'examiner le complexe "souterrain" de la signification de Kienle pour l'anthroposophie en tant qu'un contexte humain malgré toutes les réserves. Cela inclut inévitablement un regard sur la manière dont les réalisations de Kienle dans le contexte anthroposophique ont été perçues/appréciées jusqu'à présent.


Un intérêt pour l'anatomie et la physiologie nerveuses, tel que Steiner la représente, ne peut probablement être attendu que si quelqu'un est déjà familier avec des contenus anthroposophiques. Le contenu de l'"échange de lettres" et de la rencontre Ballmer/Kienle devrait naturellement être discuté différemment pour d’autres lecteurs. - Les lignes directrices/prescriptions des sciences académiques ont d'autres racines que la "science de l’esprit" de Steiner : d'une part une idée traditionnelle imprégnée ontologiquement de "l'âme" et du "corps", et d'autre part leur réduction matérialiste au "corps" biologique et à la "conscience" (en tant qu'épiphénomène des processus neuronaux). Les deux variantes poussent dans le sol d'un dualisme philosophique préconçu et profondément enraciné, qui est d'origine "catholique aristotélicienne", comme l'appelle Ballmer. Les deux impliquent des axiomes subliminaux/sous le seuil inacceptable de nature "psychique", "physique" et "biochimique", les deux sont des transfigurations doctrinales et entravent une science expérientielle impartiale. - Comme déjà mentionné ci-dessus, un véritable empirisme n'est possible qu'au prix d'une inconditionnalité absolue, qui est également prête à mettre de côté les dogmes de "l'espace" et du "temps". Le plus grand obstacle est la représentation du mouvement à l’intérieur d’un schéma spatio-temporel (représenté de façon subliminale/sous le seuil). Comme l'observateur devient lui-même l'objet de l'observation, la condition de l'exclusion de toute prédétermination pensante avec la plus grande prudence - y compris la croyance possessive en "mon" ou "ton" mouvement.


La "science de l’esprit" qui consiste en "des résultats d'observation d’âme selon la méthode de science de la nature" est une science empirique au sens premier/originel, car elle évite toute postulation dogmatique. (Les adversaires de Steiner doivent le contredire, car ils ne reflètent pas suffisamment les prémisses cachées de leur propre consensus scientifique). La formulation exacte des explications de Steiner, les subtilités du texte écrit ou parlé sont importantes. Les termes centraux (par exemple "âme" ou "je") sont utilisés dans un contexte particulier, notamment dans le cas des conférences. La signification est dérivée d'un contexte concret, et non d'une limitation logico-définitive.


Dans la mesure du possible, les réflexions sont "à l'intérieur" des déclarations de Steiner, elles tournent en rond autour du thème central d’une "sorte de nerfs". Les répétitions sont inévitables, le reproche de manque de systématique est évident. Mais ici, la systématique est - à juste titre - réservée à un événement qui doit transcender le premier niveau de la logique définitionnelle. Comme les explications le montreront, les critères de la logique elle-même font partie d'un événement supérieur - ce qui n'excuse en rien les lacunes de cette enquête. Cependant, les multiples répétitions, le "cerclage" constant du sujet "nerfs, sens, système et volonté" survient avec intention. Les références à d'autres auteurs exigent un retour constant au cœur de la théorie des nerfs et de la volonté de Steiner, les contrastes avec ses représentations sont destinés à contribuer à la compréhension, ils ne poursuivent pas de polémiques verbales stériles/infructueuses.


L'accent mis dans les citations sert à clarifier certains aspects, ils sont propres à l'auteur. Les références aux sources sont en grande partie faites avec la date et la référence à l'édition complète de Rudolf Steiner, sans indication du numéro d'édition ou de l'année de publication. Les références au "Briefwechsel über die motorischen Nerven" (Échange de correspondance sur les nerfs moteurs) sont faites sous la forme abrégée "Briefwechsel" avec la pagination de la nouvelle édition. Les références aux manuscrits non publiés de la succession de Ballmer sont faites avec les numéros de fascicules des chemises (Fz.) et les numéros des feuilles individuelles. Une grande partie du livre consiste en l’explication avec la publication parue en 1994 (mise en évidence par le traducteur) :  "Die menschliche Nervenorganisation und die soziale Frage" (L'organisation nerveuse humaine et la question sociale), à laquelle il est fait référence dans le texte par l'abréviation "Sammelband" (volume de collection). Les deux livres réunissent une multitude de points de vue sur le "problème des nerfs", qui - en ce qui concerne la "question sociale" - se terminent par l'appel à "l'action conforme au monde". L'éditeur Wolfgang Schad réunit différents auteurs anthroposophes dans les deux volumes et fait référence, dans sa propre contribution, à une "indication" de Karl Ballmer qui ne pourrait pas être plus énigmatique. L'implication spécifique de Ballmer permet de ne pas tenir compte de la "correspondance". Le sort des thèses ultérieures de Kienle, sa critique de la "phénoménologie" et du "goetheanisme" des chercheurs anthroposophes, est tout aussi inconsidéré. - Comme la rencontre entre Ballmer et Kienle n'est ni mentionnée ni discutée, le lecteur est laissé dans l'ignorance quant à la congruence entre l'"expérience" de Ballmer et le développement ultérieur de Kienle. Cette évolution - une sorte de syncope à l'"expérience", ou une résonance - ainsi que l'échange de lettres deviennent un anathema anthroposophique à travers la manière subtile du "traitement" éditorial/rédactionnel. Une perception du point de vue de Ballmer liée au contenu devient empêchée d’un côté par cette disqualification morale, de l'autre côté par une substitution raffinée : l'auteur Schad la présente au lecteur sous le couvert de sa propre interprétation psychologique des déclarations de Steiner. - Fondamentalement, la discussion sur le "problème des nerfs" est conçue comme une discussion scientifique experte - qui contredit à la fois le point de vue de Ballmer et les conséquences idéologiques tirées par Kienle (1982), selon lequel "lorsque nous pensons pratiquer le Goetheanisme, nous prenons les "lignes de base de l'épistémologie de la vision du monde de Goethe" et examinons ainsi notre propre procédure, et que lorsque nous ne réussissons pas scientifiquement et ne nous affirmons pas dans le monde, nous prenons les indications de Rudolf Steiner pour lui exposer notre propre contradiction. ( 6 )


Le fait d'antidater la "conversation anthropologico-anthroposophique" à l'état des connaissances avant la publication de la correspondance fausse le but annoncé dans la préface de l'anthologie : "le bilan intermédiaire d'un demi-siècle de travail sur la compréhension de l'humain et de son rapport au monde". Il est dommage qu'un véritable bilan intermédiaire soit non seulement falsifié par l'élimination des contributions de Kienle et Ballmer, mais aussi rendu impossible. Ce type de "bilan intermédiaire" détruit le capital intellectuel qui est disponible sous la forme des contributions de Kienle et Ballmer. La signification centrale de l'intervention journalistique de Ballmer sous la forme d'un "échange de lettres", son caractère d'"expérience" existentielle, ne devient vraiment claire que sur fond de manipulations de la rédaction. L'absence des thèses critiques ultérieures de Kienle vis-à-vis de "l'âme de groupe universitaire" ne peut être considérée comme un symptôme suffisamment important d'une entrave à la connaissance. ( 7 ) De l'avis du rédacteur, l'intelligence normale de la lutte de Steiner contre la "superstition" des nerfs "moteurs" est de toute façon surchargée - ce qui rend en principe superflu dès le départ la question de la "discussion/conversation scientifique" reliante, y compris le contexte de l'"organisation des nerfs" avec la "question sociale". La suppression/l’élimination de l'accès à l'âme de raison analytique ignore complètement la demande de Steiner de rechercher des preuves empiriques dans le domaine de la physiologie normale dans le but de réfuter le dogme des nerfs duels. - En outre, le fait que Schad ait retiré le sujet du rayon de la science normale a l'avantage de rendre également impossible une éventuelle accusation d'erreur à l'adresse de Steiner - mais au prix du fait que les explications anatomiques-physiologiques d'innombrables conférences peuvent réellement être de signification pour la conscience normale. Après que plus de trois cents pages de la lutte de Steiner aient été reformulées en "problème de Steiner", Schad note/établit : "De la "conscience objective", "le problème des nerfs moteurs de Steiner ne peut même pas être vu à ses débuts, encore moins résolu...". (anthologie, p. 305) Il n'est pas surprenant que dans le contexte de cette ignorance, il faille faire disparaître les réprimandes de Steiner et les analyses de situation de Ballmer, mais surtout les idées/vues ultérieures de Kienle concernant l'opposition interne à Steiner). - La manière de travail de Schad clarifie involontairement le sort/destin de la correspondance comme un événement social continu - bien que dans la contre-image négative du tabou. Cela est nécessairement lié au contenu et de nature personnelle. Non seulement il déforme les vues de Ballmer et de Kienle, mais il altère également les formulations de Steiner par une tendance à traiter de manière sélective les textes sources. - Ce qui est grave, c'est que la procédure implique tous les co-auteurs du projet de livre dans un certain "cours" en ce que les participants individuels ne peuvent pas voir en tant que tels. Paradoxalement, l'anthologie convient, "grâce" à ce scénario délicat, pour poser les jalons de la prise en charge du problème des nerfs. L'ampleur de l'engagement justifie l'attention que porte la présente rédaction à la forme et au contenu de l'approche de W. Schad. Il peut sembler étrange que des remarques apparemment fortuites soient discutées en détail, mais cela fait partie de l'aspect visuel/optique d'une considération qui ne prend pas la "vérité" comme une définition statique abstraite, mais comme un événement ou une "expérience/un vécu", comme "destin". Cela conduit à une "symptomatologie" qui recherche un "mouvement de base" plus profond ou un courant à ses symptômes.


En outre, des auteurs anthroposophiques qui ne sont pas impliqués dans le "cours" de l'anthologie devraient également être discutés, en particulier Gisbert Husemann MD, Wolfgang Garvelmann MD, Klaus Jensen MD et J. W. Rohen MD. Ce dernier est professeur émérite et auteur de plusieurs manuels tels que "Anatomie topographique " ( 8 ), ainsi que "Anthropologie fonctionnelle et spirituelle " ( 9 ). La discussion avec les différents auteurs se confond, de sorte que les titres des sections ne donnent qu'une orientation approximative. Les titres sont conçus non seulement comme des résumés, mais aussi (en partie) comme une sorte de "mémoire" condensée - d'où la manière quelque peu inhabituelle de fixer les titres. En général, je voudrais ajouter que le livre est conçu comme un "modèle de travail", il est moins destiné à être un recueil documentaire qu'à initier un événement (de diverses sortes).


Le terme "problème des nerfs" est généralement compris comme désignant le problème qui se pose pour une anatomie et une physiologie anthroposophiques du fait de la position frontale intransigeante de Steiner face à la double doctrine des nerfs sensibles et moteurs. Steiner lui-même ne parle nulle part d'un "problème des nerfs", mais de "bêtises", "faiblesse de sens", etc. de la double physiologie nerveuse. - Un "problème des nerfs" similaire n'existe pas en neurologie universitaire, comme le montrera l'exemple de Rohen. La situation de départ n'est pas reflétée, les fondements dogmatiques sont "ancrés", tout questionnement sceptique doit être compris comme le résultat d'une connaissance anatomique insuffisante ou d'une pensée latérale dilettante - réaction suffisamment commentée par Steiner. Contrairement à d'autres domaines scientifiques, l'anthroposophie doit ici se démarquer par sa netteté, car le thème du mouvement arbitraire rassemble tous les aspects physiques, physiologiques, psychologiques et spirituels de l'étude de l'humain.


La tentative d'éliminer la "correspondance" de la discussion scientifique est compréhensible, car Ballmer examine la situation délicate, voire embarrassante, dans laquelle se trouvent les médecins et les naturalistes anthroposophes à la suite des polémiques massives de Steiner. Sa vision de la fonction (sensitive) uniforme et constante des neurones est encore étrangère à la physiologie. L'idée de base est le "flux d'information" matériel entre les muscles et le système nerveux central. Des modèles explicatifs sophistiqués servent de support, qui sont présentés de manière beaucoup plus "plausible" qu'auparavant - l'effet suggestif des modèles et graphiques "illustratifs" ne devant pas être sous-estimé. L'influence des analogies technologiques (combinées à un concept d'"information" non réfléchi) est évidente. Les variantes modernes de l'ancien modèle télégraphique semblent si convaincantes qu'il n'y a guère de place ici pour le scepticisme et le doute - à moins de reconnaître les anthropomorphismes inévitables qui hantent tout le monde du langage et de la pensée des analogies techniques : "l'humain" est difficile à sonder à partir de l'homuncule, l'humain-machine sociologique-biochimique en réseau n'est pas une alternative à l'individualiste éthique. - Sans la volonté d'accepter une possibilité de perception métapsychologique, "visionnaire", il est impossible d'accepter la théorie nerveuse de Steiner comme base d'une "révision" de l'appareil des prémisses neurologiques. En outre, une vision "spirituelle" du monde ne nécessite pas nécessairement une révision fondamentale de la neurologie. Ce n'est que dans le cadre du dépassement d'une vision du monde dualiste au profit d'une vision du monde "trichotomique" qu'apparaît une nouvelle vision des corps organiques comme révélateurs d'un contenu de monde "spirituel" (comme la "volonté"), et donc de la fonction du système nerveux et des autres systèmes.


Dans le domaine de la neurologie, la médecine anthroposophique ne peut apparaître comme une "extension" de la médecine conventionnelle, elle en est - du point de vue de Steiner - un adversaire déclaré, jusqu'à la date d'expiration des principes "scientifiques" banals de la doctrine nerveuse valable. Cette situation paradoxale se reflète dans la tendance à l'indifférence passive face aux polémiques de Steiner dans le domaine de la médecine anthroposophique, à une accoutumance paradoxale et à une "tolérance tacite d'un inévitable". Lorsque des déclarations militantes sont absolument faites, le phénomène de neutralisation active par l'interprétation psychologique n'est pas absent, de sorte que les polémiques peuvent d'une certaine manière être accommodées dans le domaine de la pensée scientifique spécialisée. Cette réaction, pour ainsi dire de "droit naturel", est le sujet du présent document.


Ce fait est généralement occulté ; avec Ballmer, Kienle a été l'un des rares à résister à l'indifférence et à la neutralisation et à avoir eu le courage d'aborder la situation embarrassante - une chose qui avait jusqu'alors été tout aussi passivement ignorée ou activement neutralisée. Gerhard Kienle - en tant que neurologue et anthroposophe - est en quelque sorte l'"incarnation" du "problème des nerfs", controversé sur le plan existentiel. La vaste biographie de Kienle de l'auteur Peter Selg documente involontairement cette situation paradoxalement non résolue : les doutes existentiels qui y sont associés sont "désamorcés" par leur déplacement vers les problèmes pragmatiques de la fondation d'une université à Herdecke. Le traitement problématique par le biographe du complexe des difficiles doutes de Kienle est aussi un cas de neutralisation active - à la fois des polémiques de Steiner et de la critique du Goethéanisme par Kienle. Ce "cas" est également un symptôme de la nécessité compréhensible de ne pas se rendre prématurément aux événements existentiels dramatiques qui se cachent derrière la polémique. Le travail de Selg doit être discuté, car la préoccupation centrale de Kienle - la mise au jour "idéologique" des erreurs de la médecine orthodoxe - ne peut autrement émerger dans sa dimension profonde - comme un événement du destin. Une biographie anthroposophique est nécessairement plus qu'une documentation ; elle inclut l'auteur dans un "processus de volonté" constitutif, dans un événement "physiologique" de grande envergure.


Il n'est pas nécessaire de réviser l'anatomie nerveuse duale, puisque a) les deux zones de l'âme connues du représenter et du sentir sont saisies dès le départ comme des fonctions neuronales, et b) une "volonté" est inconnue en tant que zone/domaine spirituelle-émotionnelle/d’âme autonome, de sorte qu'aucun corrélat physique (aucune "manifestation") ne peut lui être attribué. Pour autant qu'un "vouloir" soit pris en compte, cela est également attribué aux processus nerveux "moteurs" et aux processus musculaires biochimiques - ce paradigme n'est touché nulle part.


Steiner représente la façon de voir, le corrélat de l'activité nerveuse ne peut être basé que sur les représentations de volonté, mais que la volonté elle-même se manifeste de manière autonome/autarcique en relation avec les processus nerveux (spécifiquement anti-vitaux), et que cela se fait exclusivement sous la forme de processus de formation de substances. - Le point de vue de la médecine orthodoxe est déterminé par la genèse des concepts qui sont revêtus de termes techniques et de sémantique académique : les approches influencées psychologiquement, l'expertise matérialiste, les visions du monde consciemment choisies ou subliminales/sous le seuil conduisent à une théorie des nerfs pour laquelle l'approche "spirituelle-physique" de Steiner est un non-sens, un postulat absurde/insensé au-delà de toute science "sécurisée". La représentation d’une volonté motrice ou de nerfs de commande a depuis longtemps imprégné tous les domaines de la vie en tant que "mentalité". Cette circonstance est d'autant plus grave que, pour Steiner, la fertilité empirique et la vérifiabilité de sa vision du système nerveux sont incontestables. - Cependant, deux brefs regards croisés sur des recherches récentes (Benjamin Libet et Franz Mechsner) visent à montrer que, compte tenu de certaines découvertes empiriques récentes, la science spécialisée pourrait se rapprocher des thèses de Steiner si le dogme du contrôle des mouvements neuronaux cérébraux ne s'y opposait pas.

D'un point de vue anthroposophique, l'organisme visible fait partie d'un être humain suprasensible, auquel sont attribuées les capacités de percevoir/représenter, sentir et vouloir. Ce concept de l'être humain découle d'un "empirisme" spirituel-scientifique, une manière de voir qui rejette a priori la physiologie matérialiste. Cet empirisme est diamétralement opposé à la physiologie dominante du système corporel matériel, "biochimique", et à sa détermination génétique. L'empirisme véritable exige le courage d'être radicalement impartial, de laisser derrière soi les représentations de base. La seule expression linguistique des formes de pensée ne laisse guère de place à l'effacement du modèle moteur-neuronal valable ; la théorie des nerfs de Steiner est donc pour l'instant littéralement au-delà des possibilités de la pensée et du langage. Ainsi, le "problème des nerfs" est un test de la maturité des participants individuels, au-delà de la responsabilité et de la compétence "scientifique". (On ne peut parler de compétence réelle que lorsque les innombrables obstacles à un véritable empirisme dans le domaine de la science de la nature ont été levés).


Parmi les auteurs réunis dans la publication de Schad, la signification du discours de Ballmer en 1953 et de la position critique ultérieure de Kienle n'est claire que pour le rédacteur en chef. Le "soin" sélectif de ces deux auteurs découle de cette circonstance et de la défense préventive contre une "solution finale" au problème des nerfs moteurs. Schad écrit dans l'avant-propos : "Un demi-siècle de travail a été accompli sur cette question, et il semble donc approprié de faire le point aujourd'hui. Il faut dire qu'il n'est pas question ici de proposer la solution finale. Cela a trop souvent été dit trop tôt. La première préoccupation est de faire le point sur l'état actuel du débat. L'"état actuel de la discussion" inclut la connaissance tacite ou la réserve de l'éditeur selon laquelle la "solution finale" proposée "trop souvent trop tôt" ne devrait pas être incluse dans l'"état de la discussion", car cela rendrait ce genre de "discussion" impossible. Les lettres de Ballmer doivent être supprimées si l'on veut épargner aux scientifiques philosophes les dangers d'une décision de vision du monde qui est depuis longtemps devenue nécessaire.


Pour la même raison, le changement de position de Kienle en 1982 ne doit pas devenir apparent. Le projet de livre à grande échelle ne révèle pas un état de la discussion, mais plutôt le brouillard épais qui doit entourer la remise des diplômes de Ballmer et la honte de la critique du Goetheanisme par Kienle. La clarification menaçante de l'ensemble du décor à partir de la correspondance est empêchée par le mythe de la "solution finale", qui est hostile à la science et s'exprime "trop souvent et trop tôt" - du chapeau magique de la "manipulation prudente" émerge la figure brumeuse du "champ de conversation dénaturé". La "théorie de la conspiration" officielle est censée empêcher le changement de temps menaçant, déclenché par le "doute de soi" pressant, dans le ciel de l'âme du groupe d'érudits. L'"opposition à Steiner" latente, le front du brouillard - courageusement abordé par Kienle - doit être protégé contre les turbulences orageuses, en particulier contre la "peur des nerfs" Ballmer. - Mais avec la publication de la nouvelle anthologie sous un autre titre, Schad lui-même est passé dans le camp des "solutions finales". Derrière ces mises en garde, il y a en fait une tentative d'établir sa propre interprétation comme définitive. Le changement de position de Schad à l'occasion de la nouvelle édition en juillet 2014 sera examiné à la fin de ce livre. Puisque Schad, pour sa part, défend désormais une théorie ultime comme vérité ultime, la critique morale précédemment exprimée contre les "solutions finales" lui retombe naturellement dessus. Ceci est d'autant plus piquant qu'il attribue sa « double nature psychologique du je » au méchant Ballmer. De l'œuf du coucou sort l'une des "solutions" qui ont été qualifiées de "trop souvent trop tôt".


Le présent livre a également pour but de réfuter l'absurdité contre-productive de "l'image de l'ennemi" de Ballmer. Le revirement de Schad conduit cette image de l'ennemi à l'absurde. Le puissant destin de la lutte idéologique de Steiner dans la vie de Ballmer et de Kienle ne parle pas de la nécessité d'une protection contre le "polémiste" Ballmer. Les déclarations de Ballmer sont nécessairement basées sur une compréhension de la dimension idéologique et chargée de monde de la lutte contre le système nerveux dualiste. La polémique aiguë de Steiner se tient avec celle de Ballmer sur une étendue.


Parmi les anthroposophes de renom, seule la professeure Karen Swassjan a eu jusqu'à présent le courage de s'aventurer dans les "bourrasques" de Ballmer en termes de contenu. Dans le livre "Esquisses d'une christologie de la science de l'esprit", qu'il a édité, il écrit : "Le souci de Ballmer est que ses correspondants ne reçoivent pas leur futur karma anthroposophique comme un cadeau, mais d'une collision intérieure profonde et sans soulagement de la douleur " ( 10 ).

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Ballmer se sentit obligé d'écrire des lettres au jeune médecin de l'époque sur la base de son essai "Questions fondamentales de la physiologie des nerfs", qu'il avait soumis en 1950 sous la forme d'un manuscrit imprimé. Les lettres de Ballmer vont au fond des "questions fondamentales", les "lignes directrices" insuffisantes de celles-ci sont mises en lumière. Steiner lui-même était conscient (malgré les polémiques simultanément féroces) de l'impossibilité et du désespoir (et donc de la pure injustifiabilité) de sa position frontale face à la théorie actuelle du nerf moteur sensible. En réponse à une question, il a déclaré qu'une autre interprétation que cette double interprétation n'était pas vraiment possible au début : « Maintenant, c'est tout à fait possible - comme je l'ai dit auparavant - tant que l'on est capable de rester à l’intérieur du factuel purement matériel

- pour se satisfaire de cette explication. Et je ne crois pas non plus qu'une interprétation différente puisse être adoptée si l'on ne veut pas passer au fait qu'il s'agit d'un suprasensible, c'est-à-dire d'une observation réelle, si l'on ne veut pas passer à ce fait ». ( 11 ) Les travaux du jeune Kienle prouvent que sans une révision fondamentale des orientations idéologiques, il n'est pas possible d'accéder aux résultats de "l'observation réelle".


Il en va de même pour les contributions anthroposophiques plus récentes. Toutes se situent dans le champ de tension entre le "fait matériel" et les faits suprasensoriels de "l'observation réelle". Comme - consciemment ou seulement en termes d'humeur - la révision nécessaire avant que la dimension du je humain en tant que "chose du monde" ne se brise trop tôt, le "système théorique" de la théorie des nerfs de Steiner est affecté dès le départ/du début. L'utilisation variée que Steiner fait des termes "je" et "âme" devant des publics différents laisse la place à des interprétations très diverses, avec des sous-entendus "psychologiques". La caractéristique de l'utilisation de ce mot par Steiner est cependant qu'il y a une démarcation claire avec les représentations-je psychologiques liées au temps. C'est ce qui ressort également de nombreux extraits sur la compréhension du système nerveux et de la volonté.


Les auteurs anthroposophes doivent se laisser mesurer, pour les besoins de leur mandat, devant la communauté scientifique par la question suivante : leurs concepts sont-ils tirés du langage et de la pensée "normaux" ? Ou sont-ils développés à partir des directives de la science spirituelle ? D'où viennent-ils, sont-ils supposés sans réflexion ? Les instruments conceptuels de Steiner sont tout autant un "problème" que le rejet catégorique des nerfs "moteurs". En adoptant les éléments conceptuels et la sémantique de Steiner, on peut facilement prétendre en maîtriser le contenu. Au "problème des nerfs" s'ajoute, si l'on regarde bien, un "problème linguistique et conceptuel".


Le ténor de Karl Ballmer est le suivant : la doctrine de la fonction de perception uniforme des nerfs est un point central de la vision du monde de Steiner, une thèse "de la plus haute importance idéologique/de conception du monde". C'est une intuition idéologique/de conception du monde et un fait que les nerfs moteurs n'existent pas. La question des nerfs moteurs ne peut donc sérieusement pas être posée et traitée dans le domaine de travail de l'anatomie et de la physiologie actuelles. Avec cette spécification, il serait plus facile de ne pas entrer dans le domaine des professionnels anthroposophes concernés en premier lieu. Néanmoins, une tentative devrait être faite ici, malgré tous les préjugés et les difficultés. La carrière de Kienle montre que les réflexions sur le "problème des nerfs" mènent sans relâche aux questions de conception du monde les plus centrales.

Le dilettantisme dans le traitement de la polémique de Steiner contre le système nerveux dual consiste à tenter de remplacer le caractère scientifique de cette lutte de conception du monde par un discours scientifique spécialisé. Les thèses de Steiner sont de la science au sens premier du terme, qui peut être vérifiée à tout moment et, de plus, comme les "événements en cours" peuvent être vérifiés à tout moment - par eux-mêmes. Nous sommes spectateurs et participants à la preuve existentielle de la philosophie de Steiner, selon la phrase : "L'anthroposophie en tant que "science de l’esprit" est la preuve existentielle de la philosophie de Steiner, et n'est de l'occultisme que dans ce sens pur et strict. " ( 12 ) La probation est un événement "social", dont les événements entourant la "correspondance sur les nerfs moteurs" sont une partie.

La compréhension de ceux-là n'est pas un processus abstrait, mais un nouvel événement et une nouvelle action : toujours une nouvelle "présence"/un nouveau présent. Cette ligne directrice se trouve dans une remarque de Ballmer tirée du manuscrit "Goethe en Allemagne" : "Toute tradition supposée est finalement basée sur une illusion. La tradition en tant que récit transmissible (en tant que religion ou science, et bien sûr aussi en tant qu'anthroposophie) serait sans valeur s'il n'y avait pas l'autre chose : qu'au présent... la vérité se créée, grâce à laquelle un passé peut devenir vrai "( 13 ).
La vision/
vue scientifique sur mouvement et nerfs "moteurs" (motoneurones) est plus qu'une "science" distincte/délimitée, elle vit aujourd’hui dans l'attitude/la mentalité des humains de par le monde entier. Le traitement du "problème des nerfs" est de la plus grande importance sociale et sociologique. La revendication de l'anthroposophie à ce sujet est considérable - la lutte de Steiner contre les "nerfs moteurs" est directement liée à une nouvelle conception différenciée de la société, l'organisme social tri-articulé. Les anthroposophes peuvent difficilement nier la nécessité d'un tel débat. La question de la symétrie de la "physiologie" organique et sociale sera un thème constant dans ces discussions, mais elle ne peut être traitée que dans les termes les plus larges. Dans l'héritage écrit de Ballmer, il y a de nombreuses références à l'organisme social comme analogue de la physiologie et de l'anatomie de l'être humain. Cela justifie une publication séparée sur la "question sociale", à partir de laquelle la dimension idéologique du "problème nerveux" sera développée plus avant.



Janvier 2016 - Peter Wyssling




(la suite est en version 00 - traduction de premier jet non relue)
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Il n'y a pas d'inexactitude plus flagrante que cette distinction entrenerfs sensibles et nerfs moteurs dans le corps humain.
RudolfSteiner


Prologue
Le "problème des nerfs" : au centre d'un revirement mondial/tournant du monde



Toutes les informations sur la physiologie et l'anatomie de l'être humain se situent dans le cadre d'une image imaginaire de l'être humain, qui en tant qu’une telle "image" n'est généralement pas consciente, mais est présupposée sans réflexion - dans un contexte temporel de nature religieuse ou scientifique, dans un paradigme, dans un "langage" appartenant à cela. Ce n'est pas le cas des représentations anthroposophiques sur l'anatomie de l'être humain, dans la mesure où elles sont basées sur une "vision" qui peut être considérée comme une nécessité pour découvrir la conditionnalité des images de l'être humain dans l'histoire des sciences, les interprétations restrictives du monde, les paradigmes (et leurs mondes linguistiques). Comme cette "vision" remonte à l'individu concret qu'est Rudolf Steiner, dont elle peut être "reçue" en termes de représentation et d'étude à partir de ce « leg », il existe un conflit fondamental avec la compréhension actuelle de la science, qui rejette fondamentalement une telle procédure, car la capacité mentale d'un être humain individuel est hors de question en tant que base et objet de la "science". La science est comprise comme quelque chose de fondamentalement différent. Steiner contredit cela ; il insiste sur le fait que le spirituel (ou "âme"), qui apparaît toujours sous une forme subjective, est la seule source de science par excellence, que tout type de science ne peut être autre chose que de la "science de l’esprit".









De la solitude d'une vision et d'un savoir sûrs et irréfutables, Rudolf Steiner affirme devant le public qu'il n'existe pas de nerfs ayant une fonction dite "motrice" et que tôt ou tard, la science de la naturel empirique buttera sur ce fait : "... l'impulsion de volonté en tant que telle intervient directement/immédiatement dans le métabolisme de l'humain, et d’ailleurs dans tous les membres du métabolisme. La différence entre l'explication qui doit être donnée ici sur la base de la recherche anthroposophique et celle qui est habituellement acceptée est que la recherche habituellement acceptée suppose que l'impulsion de volonté est d'abord transmise par le nerf et qu'ensuite seulement elle est transmise aux organes concernés, qui effectuent alors les mouvements. 14 Toutefois, l'argument fondé sur cette position semble d'emblée sans espoir, car une explication autre que celle des signaux nerveux "moteurs" (déclenchant les mouvements) ne semble pas du tout possible dans le cadre des possibilités actuelles des modèles de pensée et d'explication. Le paradigme du moteur neuronal déclenchant le mouvement ne pouvait pas être plus fermement établi.

Néanmoins, Steiner ose s'attaquer aux nerfs dits "moteurs", la double théorie des nerfs moteurs et sensibles : "Voyez-vous, il semble que, par un certain radicalisme, je dirais par une impitoyable critique, on veuille aller au fond de ce à quoi tant de gens ont consacré tant d'efforts sérieux. Mais ne croyez pas que ce soit facile ! Ne pensez pas que c'est facile.





Très jeune, j'ai commencé à m'occuper de la théorie des nerfs, et ce fut une expérience bouleversante pour moi de réaliser comment cette même théorie des nerfs









14 5. janvier 1922, Dornach, Répondre aux questions des enseignants, GA303, p.340 f
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ici s'arrête le début mis à disposition à titre d'échantillon

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ici commence la fin mise à disposition à titre 'échantillon







les fonctions "motrices". Steiner parle de sections centripètes et centrifuges de l'ensemble des voies nerveuses, qui mènent toujours "de circonférence en circonférence". Le degré de conscience associé aux sections pré et postsynaptiques est variable : "J'ai souvent parlé du non-sens selon lequel il y aurait des nerfs sensibles et moteurs. Mais l'important est qu'en fait, chaque voie nerveuse part de la circonférence de l'être humain et y retourne, mais elle est interrompue quelque part, comme un fil électrique lorsqu'il fait un saut d'étincelle..." et : "Entre [l'intelligence et la volonté] se trouve la frontière, la frontière intérieure, que vous obtenez lorsque vous connectez toutes les terminaisons nerveuses et tous les ganglions. Quand vous franchissez cette limite un peu d'un côté, de sorte que vous considérez cette limite comme un tamis - d'un côté la volonté poussée à travers les trous de ce tamis, et de nouveau l'intelligence poussée à travers les trous de ce tamis - alors vous obtenez l'âme tranquille (Gemüt), la sphère des sentiments, au milieu. Car tout ce qui appartient au sentiment est en fait moitié volonté et moitié intelligence. 560







Dans le livre "Der periphere Blick - die Vervollständigung der Aufklärung" (La vue périphérique - l'achèvement des Lumières) - publié en même temps que la nouvelle anthologie - Schad rompt prématurément une citation de la page 59 pour soutenir sa théorie, la divergence entre sa théorie et les descriptions de Steiner n'étant pas perceptible. Le 2 octobre 1923, Steiner déclare : "Tout d'abord, nous avons l'organisme humain. Nous suivons le centripète et le centrifuge, les nerfs dits sensibles et moteurs. Oui, ce fait ressort. Je peux pleinement comprendre ces raisons, je peux également comprendre comment soutenir la dualité du système nerveux par le biais du tabes dorsalis, et ainsi de suite. -quand on connaît les membres supérieurs de l’être, alors les nerfs deviennent quelque chose d’unitaire, on voit l'unité du système nerveux. Les sensibles sont conçus pour transmettre des sensations ; les moteurs n'ont rien à voir avec la volonté, mais ils ont la tache de transmettre les sensations qui sont à la périphérie, les processus chimico-physiologiques dans les jambes, et ainsi de suite. Les nerfs moteurs sont sensibles aux processus internes de l'organisme [ici, la citation est interrompue], tandis qu'en fait, aussi paradoxal que cela puisse paraître à la science actuelle, on en vient à voir la volonté directement dans l'âme et à supposer une influence directe et immédiate de ce qui est d'âme et spirituel sur le physique pour la création/l’apparition/naissance du mouvement et les effets de la volonté. (GA319, 4e conférence) - Nulle part chez Steiner il n'est fait mention de la perception soutenue par les nerfs de ce qui est d'âme et spirituel, mais toujours des mouvements et des effets de la volonté en tant que manifestations directes de ce qui est d'"âme et spirituel". Les nerfs "moteurs" servent la transmission de la sensation des processus dans la périphérie corporelle. Tous les nerfs transmettent des impressions sensorielles, qu'elles se jouentà l'intérieur ou à l'extérieur de la périphérie corporelle. (NB Schad utilise le terme "périphérie" dans un sens différent de celui de Steiner lorsqu'il parle de la "périphérie" corporelle).







Les interprétations de Schad ignorent la demande de Ballmer d'une révision des bases fondamentale de la vision du monde concernant le "sujet" se mouvant. La révision de Ballmer se lit en abrégé : "Chaque "microcosme" est une manifestation de l'"être humain macrocosmique", un "extérieur sensoriel" de l'être humain générique ou du "type", identique à celui-ci. Cette identité ou synthèse constitue le contenu central de l'"anthroposophie", lequel sait l'humain comme



560 7 décembre 1919, GA 194, p.128 f, voir p. 286
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l’origine du monde - en contraste avec toutes les formes classiques et modernes de théisme et d'absolutisme. Ce qui est spirituel et d’âme est présent dans le corps et ses mouvements "immédiatement, directement". À la place de cette synthèse spirituelle-physique, Schad met en place un dualisme. Un modèle explicatif philosophique devrait précéder la révision - ce qui conduit finalement aussi à l'obstruction d'un véritable empirisme des processus nerveux. Pour les scientifiques, l'avertissement de Steiner est le suivant :

"Si vous voulez de la phénoménologie, vous n’avez pas la permission de philosopher". Le modèle sensoriel-suprasensoriel semble séduire un public anthroposophique inexpérimenté, mais apporte la confusion à une neurologie empirique. Le double modèle sert - par analogie avec la doctrine des nerfs moteurs et sensibles - le besoin compréhensible d'éléments de représentation saisissant causalement. Le mélange de sémantique de science de la nature et de psychologie spirituelle du je est adapté au besoin de schémas explicatifs "simples". L'inadéquation de cette nouvelle réception de Steiner est particulièrement évidente dans la compréhension inadéquate de l'intuition de science de l’esprit, de la "volonté" transformée élevée au rang de connaissance : la synthèse du sensoriel et du suprasensoriel.



Dans le deuxième livre de Schad, "Der periphere Blick : Die Vervollständigung derAufklärung" (le regard de périphèrie, l’achèvement des lumières/explications), il est dit (p. 61) : "C'est le peintre suisse Karl Ballmer qui, dès 1953, a vu la solution suprasensible [du "problème des nerfs"]. Cependant, il a écrit au contre-front d'une manière si agressive qu'il a lui-même empêché l'acceptation générale de sa compréhension du même génie de la préoccupation de Steiner. Cette instrumentalisation de l'apparition "du même génie" de Ballmer (devant un "contre-front") sert en vérité à obscurcir la véritable ligne de pensée de Ballmer : sur la physiologie trichotomique dans laquelle le macrocosme, l'"HUMAIN" ou la "VOLONTÉ", se manifeste immédiatement. En fait, chez Ballmer est aussi parlé d'une "double nature", qui est cependant représentée, ou mieux : comme un seul corps humain, et ne l'affecte pas d'un point de vue spatial. L'"homme macrocosmique" de Schad, en revanche, est un double métaphysique de l'être humain individuel naturel, qui agit sur l'être humain individuel naturel isolé d'une "périphérie" supérieure représentée. Le postulat d'une "double nature du je" transmet un dualisme théiste qui comprend l'"être humain" terrestre comme une entité biologique-psychologique, comme une "réalité" naturelle. D'une part, les lois biologiques de la nature ont un effet sur cet être humain visible, d'autre part, l'"être humain environnemental périphérique". - Cette vision causale du monde passe complètement à côté de l'aspect radicalement nouveau de la théorie des sens de Steiner ainsi que de sa physiologie tri-articulée : ici, le corps humain est identique au monde ("divin"), qui - en tant que corps humain - se présente de trois manières : comme système nerveux-sensoriel, comme système rythmique et comme système métabolique des membres. Grâce aux douze événements sensoriels nuancés ("dehors" et "dedans"), les trois systèmes sont perçus à des intensités de conscience différentes. En ce qui concerne le processus/l’évènement de la volonté, la pensée directrice – difficile à saisir - est la suivante : "Le spirituel et d’âme humain plonge complètement dans le métabolisme, de sorte qu'il disparaît même en tant que de spirituel et d’âme. (26 octobre 1922, GA314, p. 94]

La double théorie de Schad est obsolète d'un point de vue empirique car les deux directions du processus peuvent être observées dans les nerfs - y compris les directions proprioceptives. Aucun biologiste humain actuel ne s'intéressera à un "être humain suprasensible", car : en tant que sujet de perception sensorielle, aussi pour la physiologie, en fin de compte seul le corps humain (entier !) vient en question, peu importe comment il est pré-interprété. Personne ne remet en cause le fait que la conscience du jour vient des
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système ner
veux-sensoriel dans l'ensemble de l'organisme. Quelle est donc la tâche des physiologistes anthroposophes, compte tenu de l'inexorable position "moniste" de Steiner ? Elle ne consiste pas à raconter des histoires/fabuler sur les perceptions afférentes "sensibles" d'un "être humain macrocosmique", mais à prouver la fonction uniforme de tous les nerfs. Avec cela est lié la mise en évidence des charges héritées de la biologie humaine, ainsi que de la croyance en des "lois de la nature" méta-humaines "données par Dieu" - aussi inviolables que ces paradigmes aimeraient agir. La nouvelle idée directrice est la suivante : le Dieu des religions traditionnelles est fixé dans le corps humain. Le nouveau nom du "plus haut" est : la volonté, c'est un système "absolu" ou autogène qui se manifeste ou "médite" dans les nombreux spécimens/exemplaires humains. En tant que système métabolique des membres, la "volonté" est responsable de la construction organique et du mouvement du corps. La "volonté" se donne (dans la sagesse des mystères, le "grand sacrifice") aux impulsions de la volonté de ses créatures "pécheresses" séparées, ses spécimens/exemplaires humains. (NB Le terme "absolu" n'est pas utilisé ici dans un vieux sens théiste, mais comme Steiner, par exemple, l'utilise le 16 janvier 1921. Il explique que dans le cas de mouvements arbitraires, "le processus métabolique se déroule de telle manière que, tout à fait indépendamment de ce qui se passe à l'intérieur de l'être humain, le renouvellement métabolique est en même temps un processus externe. J’aimerais dire qu'il se passe quelque chose pour lequel la limitation de la surface du corps humain n'est pas le seul facteur décisif. La substance est transformée, mais de telle manière que cette métamorphose de la substance qui s'y produit a lieu, pour ainsi dire, dans l'Absolu, dans le relativement absolu naturellement, de sorte qu'on ne peut pas dire que cela a seulement une signification pour l'organisation humaine intérieure. 561)

Les prémisses des enquêtes/investigations sont, après que la nature de tous les mouvements (de l'universel-cosmique jusqu’à l'humain-individuel) ait été établie comme primaire (voir ci-dessus) :

a) Les nerfs transmettent la formation de représentations, dans une intensité graduée, aussi des changements de métabolisme dans le système musculaire : le « sens du mouvement propre » vise sur des muscles, ligaments, tendons, articulation (une autre description pour ceux-ci serait « sens des muscles »).

b) Les voies nerveuses passent toujours de la circonférence/périphérie à la périphérie du corps, sont souvent interrompues, y compris/aussi dans le cerveau - ce par quoi absolument peut absolument apparaître en premier une conscience séparée/particulière , l'« être particulier».



c) La forme de base de la voie nerveuse est le lemniscate ouvert (vers le bas ou vers l'avant). Dans le lemniscate, la formation radiale (terre-centrée) du système des membres s'associe à la formation sphéroïdale de l'organisation de la tête : "... les lemniscates [sont] ... très modifié, la moitié de la boucle est extraordinairement petite si l'on suit le chemin emprunté par les nerfs centripètes à travers le centre jusqu'à l'extrémité des nerfs centrifuges "562







d) Les sensations des sens (ou des représentations) saisissent directement l'appareil moteur, ne sont pas "commutées" en impulsions dans le cerveau. Les événements corporels et l'"environnement" constituent une unité efficace/à l’oeuvre.



561 3e cours de science de la nature, GA323, p. 292
562 GA323, 3e cours de science
de la nature, 11e conférence, p. 211
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e) Les membres ne sont pas
amenés en mouvement par des nerfs, mais par "l'union immédiate de l'âme avec le monde extérieur".



f) "L'innervation" est la transition de l'activité nerveuse (formation de la pensée) dans le muscle, à la déconstruction suit immédiatement par le renouvellement de la substance et le mouvement par la volonté. Le "Métabolisme" est la transsubstantiation respectivement la transformation de substance).

g) La physiologie commune/courante comprend mal/méconnait la vraie nature de la pensée (méta-spatiale, gagnant le corps).
h) Les véritables conducteurs "moteurs" de la volonté sont les vaisseaux/
voie sanguines chaudes.





Le principal argument contre la classification usuelle des nerfs d'aujourd'hui est que des voies nerveuses de classification différente peuvent être échangées chirurgicalement. Pendant les opérations, des faisceaux de nerfs entiers sont reliés entre eux comme des "salade de câbles" sans assignation de fibres particulières. Avec ce fait, la similitude des nerfs est évidente.

Le chirurgien viennois Matthias Kux écrit à propos de cette interchangeabilité des voies nerveuses : "Impressionnants sont ... des résultats de la chirurgie reconstructive des nerfs périphériques. Après un transfert de nerf chirurgical, les nerfs dans leurs nouvelles connexions peuvent servir de médiateurs pour des mouvements qui sont topographiquement et fonctionnellement en contraste exact avec leur fonction d'origine : Les fléchisseurs deviennent des extenseurs, le bras droit est déplacé arbitrairement et indépendamment du bras gauche lorsqu'il est relié à un nerf du bras gauche. Une impulsion pour le bras gauche provenant du générateur d'impulsions du cerveau devrait être dirigée vers le bras droit. Inversement, l'impulsion provenant du bras droit par le biais de la nouvelle connexion paradoxale au cerveau devrait être localisée dans le cerveau d'une manière qui soit distinguable du centre pour le bras gauche ; mais toujours en tant que causalité agissant de la périphérie vers le centre. Il existe également des observations cliniques concrètes à ce sujet : Si un nerf sectionné du bras droit est relié latéralement au nerf moteur du diaphragme, alors, après une physiothérapie intensive et un entraînement continu de la représentation du patient, après une période de latence appropriée, la flexion du bras réussit à nouveau indépendamment du mouvement diaphragmatique qui se produit simultanément pendant la respiration Si l'on abandonne l'idée du générateur d'impulsions, le fait est simple : Tout à fait comparable à une impression sensorielle, le cerveau a reçu une nouvelle impression sensorielle d'un "organe qui n'est plus représentable" perdu de vue... Les phénomènes décrits ici s'expliquent en neurologie par l'introduction de centres moteurs toujours nouveaux, "supérieurs" ou "supplémentaires" et leur interconnexion (multipliée par un milliard) dans le cerveau. Cependant, les phénomènes indiquent que la périphérie physique agit de façon centrale par le biais des organes sensoriels.... Ici, la gravité universelle agit continuellement, le plus souvent inconsciemment, comme une impulsion physique uniforme sur la posture et la position de l'être humain ...". 563 Du point de vue de Steiner, il faut ajouter que dans l'homme (de jour), à la loi naturelle de la "gravité universelle" s'oppose la loi universelle de l'esprit appelée "organisation du moi/je". Cette volonté autogène est en dernière instance un pouvoir sur l’étendue de la loi de nature extérieure au corps. La volonté n’est pas nature personnelle-physique, mais nature créant physique. Dans le métabolisme, la "vieille" matière est échangée, remplacée par de la "nouvelle" matière. Par cela, l'être humain se sent/se vit à la mesure d’un sentiment sourd/ ??? comme je voulant souverain.
563 Info3, sept. 2011
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La théorie de Schad place le contenu fondamental de la science de l’esprit sur la tête. La nature spirituelle ultime/de dernière instance ("semblable/égale à dieu"), l'ego/le je ou la "volonté", cède la place à une spéculation psychologique. Au lieu de chercher la preuve d'une fonction unifiée en neurologie - comme Kienle a tenté de le faire - le dogme des nerfs doubles est renforcé dans la croyance à un sujet cérébral. Le point de vue ultérieur de Kienle sur la "lutte de la cercle de problème du concept de Dieu de Thomas d'Aquin", qui se trouvant au jour d’aujourd'hui dans le domaine humain, persiste ici au niveau du problème du corps et de l'âme. A l’'idéalisme allemand est refusé de déboucher dans la tri-articulation organique et sociale.



Rudolf Steiner : "...avec un peu de façons de parler anthroposophique, cela ne va vraiment pas vis-à-vis des grandes tâches du temps. Il ne s'agit pas non plus de trafiquer un peu à la frontière entre la psychologie et la chimie, mais seulement de prendre au sérieux la possibilité d'appliquer les possibilités offertes par l'anthroposophie spirituelle-scientifique aussi à la physique et à la chimie.564 Le problème des nerfs moteurs, la génération supposée d'impulsions, l'innervation musculaire, est dans le noyau un problème de façon de voir le monde qui se révèle dans les découvertes paradoxales "mystérieuses" de la neurologie reconstructive.







La percée vers la découverte de la volonté universelle/individuelle a lieu dans la découverte des processus nerveux comme décomposition/déconstruction de la substance : "Ce sera le grand moment dans le développement/de l’évoltion de la science de la nature correctement comprise, où elle reconnaîtra le contraire de ce développement,/cette évolution à l'endroit correspondant, en continuant ce développement, où elle reconnaîtra non seulement la construction mais aussi la décomposition/déconstruction, où elle reconnaîtra la dévolution à l'évolution. 565 La garantie des données spirituelles-scientifiques consiste dans les résultats empiriques de la médecine humaine, à condition qu'ils ne soient pas idéologiquement pré-imprégnés.

L'héritage du langage scientifique est un obstacle qui ne doit pas être sous-estimé. En règle générale, la "folie" de l'interprétation neuronale de la volonté est déjà apparente dans les termes : "potentiel d'action", "impulsion neuronale", "innervation", "excitation d'impulsion", voire l'adjectif "moteur" etc : La terminologie est biaisée/pré-chargée, conduit dans l’erreur.

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Le "moi/
je supérieur" de l'humain est directement présent dans la partie endormie/dormante de l'humain, l’humain de mouvement ou de "volonté". Pendant la journée aussi, les humains sont, dans une certaine mesure, des somnambules bien camouflés, ou mieux : des dormeurs agissants. A l'humain de volonté se place (pédagogiquement-"karmiquement") à disposition les représentations et les intentions de la conscience du jour éveillée, dans un don total de soi - la conscience vit dans l'illusion de l’'"être propre". Les nerfs proprio et viscéroceptifs servent la perception de l'acteur caché, de l’"humain de volonté", le véritable metteur en mouvement (NDT le français ne permet pas de parler de « mouveur »). Le nombre gigantestque non représentable de nerfs "moteurs" et leurs centres servent à la conscience sourde de l'univers intérieur des muscles, des ligaments, des tendons, des articulations.


564
Le moment de l'apparition de la science de la nature dans l'histoire du monde, 6 janvier 1923
565 Arnhem,17 juillet 1924, GA319, p.155
543





Ballmer couvre/ferme l'arc allant des premières investigations scientifiques-théoriques de Steiner (dans les introductions aux écrits scientifiques de Goethe) jusqu’aux représentations de l'humain comme l’"œuvre commune/de communauté" universelle de toutes les hiérarchies. Il sait "l'humain" comme la fondement originel révélé du monde, qui - en tant qu'"auto-moteur/mouveur" - n'a besoin d'aucun "moteur de l’extérieur", d'aucune "force extérieure de la nature" et du genre. Il écrit contre le jeté ensemble matérialiste du corps humains et de ses "habitants", des consciences-je troublée (NDT non limpides). Il analyse l'appropriation luciférienne du je à travers la conscience-je isolée, la représentation ancrée/enracinée (NDT pour ne pas dire incorporée à la viande) de "l'être humain individuel naturel". Comme Steiner, son combat est dirigé contre les conséquences dévastatrices de cette image de l'humain pour le vivre ensemble, pour la forme sociale. La physiologie "gâtée" se reflète dans l'"organisme social" malade, qui est construit sur un monde conceptuel/de concepts survivant - sur la fausse croyance dans le générateur d'impulsions dans le cerveau humain.

Encore une fois : pour autant que l'on puisse parler de "double nature" - en ce qui concerne la construction de la pensée de Ballmer - il s'agit de la double nature à l’intérieur de l'être humain individuel supposé. Comme on peut l'apprendre, par exemple, dans les livres Science secrète/de l’occulte et Theosophie, chaque "être humain" est toujours un entrelacement dynamique de deux entités ultimes : à savoir, une individualité ou un humain spirituel/esprit (en termes spirituels, chaque être humain est "un genre pour lui-même" !) et un humain générique/de genre, le type "être humain" (en termes physiques, les humains sont un. Ces deux entités doivent être clairement distinguées, elles forment la polarité de base derrière la "tri-articulation" physiologique. Dans la Théosophie, il est dit : "Le développement des formes humaines et le développement des destinées des âmes, la connaissance suprasensible doit les rechercher sur deux chemins entièrement séparés ; et un mélange des deux dans la vision du monde serait un reste de disposition/mentalité matérialiste qui, si elle était desponible, s'insinuerait de manière préoccupante dans la science du suprasensible. Le manque de courtoisie polémique de Karl Ballmer consiste à attirer l'attention des scientifiques anthroposophes de la nature sur ces vestiges de disposition matérialiste. La "double nature" pensée par Ballmer vise sur l'imbrication de genre et d'individu, en manière de parler théologiques : du Créateur et de la créature. En tant qu'êtres humains individuels, nous sommes des "sous-locataires" dans le corps du genre "divin", le "type" humain, ce chef d’œuvre d’ensemble des douze effets sensoriels à puissance de monde. - Le point de transition entre spirituel et d'âme et corporel est à chercher dans la configuration de chaleur du corps. (La volonté – vécue trouble - est l'essence extérieure des phénomènes de chaleur.) Les véritables conducteurs de la volonté ne sont pas les nerfs musculaires, mais les vaisseaux sanguins chauds. Dans les nerfs musculaires et leurs centres cérébraux, on trouve les "empreintes de pieds" du corps astral et du je, de la "volonté". C'est là que se trouve d'un côté, le représenter (pour l’instant sourd/trouble) des impulsions de mouvement "propres". De l'autre côté, les changements métaboliques atteignent là, dans les muscles, la perception. Le nom pour ces perceptions est : "sens du mouvement propre". Celui-ci laisse vivre les processus à puissance de monde de l'activité motrice du corps comme "propres". - L'être humain se perçoit comme "je" parce que les processus "cognitifs" de décomposition/déconstruction ou de dégradation dans l'ensemble du corps sont en permanence équilibrés par la re-substantiation (métabolisme ou échange métabolique).

La "double nature" pensée par Schad, la dualité de Je "cérébrocentrique" et "sphérique", fausse la "double nature" spirituelle-scientifique d'une manière qui laisse la conscience-je à l'illusion matérialistement imprégnée que l’être-là du corps serait une unité naturelle "biologique". Au lieu que le corps unique et le système nerveux soient à concevoir comme une imbrication de l'humain spirituel et
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de l’humain espèce, cette dualité dynamique (respectivement tei-articulation) est remplacée par la dualité académique classique ("psychosomatique") corps-esprit, qui sépare l'esprit (métapsychique) de son activité/évènement physique. Ici, l'"esprit" devient un phénomène "psychique", c'est-à-dire un phénomène au-delà du corps. Cette conpréhension traditionnelle de l'esprit, résultat de la philosophie "idéaliste grecque" qui sous-tend la théologie et la psychologie, embrouille le fait que dans le corps individuel a) le "Très Haut" est immédiatement, en tant qu'"assemblage/rassemblement de toutes les hiérarchies", et b) que ce Très Haut corporel (l'"Absolu relatif", voir ci-dessus) se laisse différencier en un mourant et un toujours en devenir. >>>>>>>>Le mourant est le pôle corporel-terrestre nerveux-sensoriel, le toujours devenant est le pôle corporel-cosmique métabolique. Ces "pôles" se rencontrent dans le corps humain trichotomique, ils sortent/proviennent l'un de l'autre par "inversion/retournement". Dans le dernier le "moi supérieur" ou "l'individualité" vit vers l'incarnation à venir ; ici, la "pensée des hiérarchies" est immédiatement active/efficace.

Que le "moi sphérique" de Schad, drapé anthroposophiquement verbalement, ait besoin de nerfs spécifiques pour satisfaire un "intérêt" à l’être-là du corps est la conséquence d'une vision du monde duale, qui place en vis-à-vis de l’humain physiquement visible un hypothétique "monde spirituel", comme c’est habituel/usuel dans la tradition d'Église. Le noyau de l'anthroposophie consiste cependant dans le savoir que toute "évolution" vise à l'éveil progressif du Je humain supérieur dans le corps sensoriel, lequel "Je supérieur" dans de nombreuses incarnations se procure le corps "correct"et le destin "correct" (karma). Cet Je supérieur "s'organise" corps et destin. L'essence de la vision de Steiner consiste en ce que la "volonté" édifiante-mouvante - dans sa manifestation physique – est opposée polairement à tout devenir/évènement nerveux. Tous les événements de volonté signifient construction organique ("trans- respectivement resubstantiation"), tous les évènements nerveux, dégradation/déconstruction, l'excrétion interne du corps, sédimentation. Le processus de mort partielle intérieure permet à la conscience et à la conscience de soi d'émerger de l'événement de la volonté "à puissance de monde". Cette conscience séparée/particularisée est, dans le langage imaginatif des contes, un enfant perdu et disparu. L'enfant qui a grandi en tant que scientifique interprète d'abord "son" corps comme un "objet naturel". Selon l'arrogant défaut de présentiment luciferien-ahrimanien, les mouvements du corps jaillissent de "circuits/connexion" neuronaux/ales ou de "programmes de mouvement".



Une percée dans les sciences de la nature aura en premier lieu lorsque non seulement la construction organique mais aussi la déconstruction seront découvertes, lorsque l'évolution sera rejointe par la dévolution - à commencer par la déclaration de Carl Fortlage de 1869 : « La conscience est une petite mort partielle, la mort est une grande et totale conscience, un éveil de l'être entier dans ses profondeurs les plus intimes. »



Dans le cliché dualiste du Je "cérébrocentré" et "soudé au monde", manque, comme nous l'avons vu plus haut, une explication plausible de l'origine du mouvement corporel conscient arbitraire. Comment une pensée consciente (une "impulsion de volonté" imaginée) devient-elle un mouvement perçu ? Si - selon Schad - le "je supérieur" s'"intéresse" juste pour le corps, d'où viennent - par causalité - ses mouvements ? - La théorie de la volonté de Steiner serait une fiction s'il ne voulait pas voir les résultats de la recherche spirituelle confirmés par les faits empiriques de la physiologie. L'anthroposophie se veut empirique à chaque niveau. Le discours de "l'être humain suprasensible" est susceptible/approprié de rendre impossible ce strict empirisme par des illusions ésotériques.





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Depuis Steiner, le dogme anatomique ne s'est pas éloigné d'un millimètre de la théorie de l'innervation. Le déclencheur neural est le granit. - La "solution su
prasensible" de Schad n'offre aucune alternative parce qu’elle ne peut pas expliquer le déclenchement. Elle laisse passer l'essence de l'empirisme anthroposophique : la synthèse du sensoriel et du suprasensoriel (qui est donné à l'"intuition"), le passage du "supérieur" dans la matière et le mouvement. Le je "supérieur" n'a pas besoin de nerfs pour percevoir le corps, car il est le créateur de ce corps et de ses mouvements, le "primaire" ou "absolu". Depuis le début de l'"anthroposophie", le théisme et l'idéalisme de l'Absolu éloignés du monde, les représentation de Dieu de l'au-delà, appartiennent au passé. Le monde sensoriel est la révélation de Dieu : "Le monde est Dieu" (philosophie de la liberté, première édition). Déjà dans les introductions aux écrits scientifiques de Goethe, se trouve la déclaration que dans l'action humaine, se donne à connaître l'action originale et inconditionnelle de la base du monde - contrairement à la croyance selon laquelle la base du monde ne se refléterait juste dans l'humain (chapitre X/5 Science éthique et historique). L'image du corps comme un "temple de la divinité" est à comprendre de telle sorte que ce temple est la "divinité" ou le "monde spirituel". A leurs actions, les "sujets secondaires" s'éveillent à eux-mêmes au cours de nombreuses incarnations. L'éveil est notre évènement/devenir quotidien : il consiste en l'action magique des "individualités" ou "humains spirituels". Les humain sont "pensés" par le cosmos : leur "action dépend des mouvements du corps physique", elle consiste dans le sacrifice de la "divinité". La "frontière" dynamique entre l'expérience physique et spirituelle est physiologiquement tangible dans la ligne de connexion des synapses, des ganglions, etc.







Les nerfs sont là pour que le "bas" puisse émerger/provenir du "haut", afin que les hiérarchies rassemblées ou le "monde spirituel" puissent se découvrir en tant qu'être humain et - en forme individualisée - continue à créer, dans le sens de l'invitation : Continuez à œuvrer ! En laissant le "supérieur" déterminer ses mouvements corporels à partir de la conscience du jour "inférieure", il doit d'une part contrôler ses intentions de mouvement, et d'autre part également : prendre le relais - ou si nécessaire ne pas prendre le relais. En ce que ça crée le "libre arbitre", cela assume la "culpabilité/faute" pour ses actes. Cette relation (karmique) est un problème de conception du monde, aucun problème physiologique au sens actuel du terme. - Avec cela, le problème du "mal" est donné, parce que la régie pour les actions réalisées repose en fin de compte chez le "supérieur". - La lutte contre les nerfs "moteurs" est la lutte pour la découverte de l'humain comme l'être primordial qui se multiplie dans ses créatures destinées à la liberté, qui se crée en permanence à nouveau. La physiologie empirique - aussi banale que soit son activité - signifie une contemplation immédiate de la "création du monde". La psychologie et la biochimie tâtonnent dans le brouillard face à la dimension morale immédiate des processus musculaires, dimension que la conscience de jour ne pressent pas.





Chez Karl Ballmer, peut être appris que le "problème nerveux de Steiner" est avant tout une question de façon de voir le monde qui ne peut être traitée/maitrisé par les normes des sciences spécialisées actuelles. Si le corps n'est pas conçu comme un phénomène primaire, ou "primordial", alors la "tri-articulation" anthroposophique s'effondre également - dans le sillage de la pensée classique corps-âme. Le problème de conception du monde de la "volonté" et des nerfs est alors gâché. La physiologie matérialiste est rejointe par une "tri-articulation" corrompue. Les contenus anthroposophiques sont constamment exposés au danger de se perdre dans le chaos pragmatique de la routine et des méthodes "scientifiques" actuelles. Dans le cas des nerfs "moteurs", une variante délicate de leur disparition a été examinée ici. La cible centrale d’attaque de la polémique des nerfs de Steiner,
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la
représentation charnelle d'un sujet localisé dans le cerveau, repose à la base de ce déclin. Il ne reste rien de la demande de Steiner de vérifier la fonction nerveuse uniforme. Cela efface également les conséquences d'une nouvelle vision de l'organisation sociale. Il n'y a plus rien pour la "question sociale" - alors qu'elle revient bruyamment dans tous les domaines. C'est une erreur de croire que la question du système est un problème "politique". Le "politique" n'est qu'un miroir du monde chaotique des concepts, dont la catégorie la plus élevée est le sujet unique naturel, dont le problème le plus important est la domination ou - plus décemment exprimé - le leadership/la direction de ce dernier. La situation n'est pas encourageante, car la pensée antisociale a depuis longtemps pénétré toutes les couches de la population. Une analyse de la situation donnée par Steiner en 1921 met en lumière l'importance centrale de la théorie des nerfs :

"Je suis convaincu que la fausse hypothèse des nerfs sensibles et moteurs, qui est entrée dans la science comme le serviteur du matérialisme, s'est déjà emparée de la façon de penser des gens bien plus qu'on ne le croit et deviendra une attitude/opinion dans la prochaine ou la deuxième génération. Oui, je suis convaincu que cette doctrine matérialiste des nerfs est déjà devenue une opinion dans l'humanité, et que ce que nous disons comme théorie en physiologie ou en psychologie est déjà dans nos esprits aujourd'hui, et qu’en fait ces mentalités séparent les humains. Quand on a le sentiment - et les gens d'aujourd'hui en ont déjà le sentiment - que l'autre personne nous fait en fait face ainsi que nous lui faisons nous-mêmes une impression sensorielle, qu'il nous fait sentir qu'il est fermé à nous et qu'il a en lui sa propre vie émotionnelle, qui doit d'abord être transmise par les nerfs, alors nous érigeons un mur de séparation entre humain et humain. C’est donc vraiment ainsi que ces cloisons ont donné lieu à des opinions étranges quand on entend des gens disent aujourd'hui : "Oui, quand je regarde un autre humain, je vois qu'il a le nez au milieu du visage, qu'il a deux yeux à l'endroit où je sais que j'ai aussi deux yeux. Il a un visage formé comme moi, en ce que je vois tout cela, je tire la conclusion dans l’inconscient : là est justement tel je dans l’organisme comme moi. - Il y a déjà des gens aujourd'hui qui représentent aussi cette théorie et qui saisissent la relation d'humain à humain de façon si externe qu'ils pensent que ce n'est qu'à partir de la forme de l'humain qu'il faut tirer une conclusion inconsciente pour arriver à la conclusion que l'autre personne a un je qui est le même que le sien. La façon de voir, qui réunit seulement la vie nerveuse avec la vie de représentation, mais qui réunit la vie circulatoire et respiratoire avec la vie émotionnelle, toute la vie métabolique avec la vie de la volonté, qui, lorsqu'elle devient attitude, lorsqu'elle devient une fois une expérience réelle, réunira à nouveau les humains. Aujourd'hui, je peux seulement d’abord utiliser une seule image pour ce rassemblement.

















Vous voyez, nous serions vraiment séparés spirituellement et émotionnellement les uns des autres en tant qu'êtres humains, si nous nous tenions en vis-à-vis d’esprit et d’âme les uns aux autres de telle manière que nous développions réellement tous les sentiments et les désirs par le biais de nos nerfs en nous et que l'être humain tout entier devait être pensé comme un tout enfermé dans sa peau. Là, l'âme devient très isolée. Et j’aimerais dire : ainsi les humain se sentent aujourd'hui, et un véritable reflet de ce sentir est l'état antisocial et de plus en plus antisocial de l'Europe. “566



566 R. St. à Bâle, 21 avril 1920, GA301, p.35 s.
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Il est important que les prescription pensante pour la preuve empirique de la vie métabolique "autonome" soient élaborées, en partant de la polarité de la "volonté" et de la "conscience". La position centrale de ce travail de réflexion a toujours été mal comprise. Aussi la "tri-articulation" en tant que question systémique ne peut se passer d'une courageuse prévision d'une "vie autogène de l’esprit" - en tant que nouveauté absolue. Le concept de vie de l’esprit est flou et coloré de façon pragmatique, comme celui de la volonté. Là où l'indépendance nerveuse de la volonté n'est pas correctement perçue, la fonction de construction sociale de la vie spirituelle "volontaire" par rapport à la "vie de l’économie" (déconstruisante) doit également rester incomprise.
La clarification a lieu
sur le champ des réalités pensantes/pensées. Ce sont des créations ex nihilo, issues de la "volonté de penser". Ni la pertinence pratique descriptive, ni les postulats spirituels n'aident. Le traitement de ces sujets ("volonté" / "vie de l’esprit") est la "vie libre de l’esprit" en status nascendi.



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La citation de tous les textes de Karl Ballmer contenus dans le livre est faite sous une large considération des Archives d'État du canton d'Argovie/Suisse (lettres de différentsexpéditeurs, manuscrits, notes, etc.).


Les droits de disposition de la succession écrite de Karl Ballmer(1891-1958) sont
aux archives de l'État à Aarau. L'éditionLGC
s’occupe de l'enregistrement et du développement de l'édition.

Troisième édition, étendue et améliorée, 2016
© Edition 2016 LGC, Siegen/ Sancey le Grand- Tous droits réservés.
ISBN 9783930964260


Le présent volume accompagne la nouvelle édition étendue du livre :
Karl Ballmer : Correspondance sur les nerfs moteurs
Siegen / Sancey le Grand : Edition LGC, 2013 - ISBN 9783930964222


Pour des informations sur les textes de Karl Ballmer, voir aussi :www.editionlgc.de Contactez l'auteur : wyssling@gmx.ch


( 1 ) - 3 sept. 1, 1923, Londres, Connaissance anthroposophique de l'être humain et médecine, troisièmeconférence, GA319, p. 59 s.

( 2 ) - Stuttgart, 8 janvier 1921, 3e cours de sciences naturelles, GA323, p.156f.

( 3 ) Cf. K. Ballmer, à la suite d'/en rattachement à une remarque sur James Joyce, Ed. LGC 1996, p.7

( 4 ) - Dornach, 30 août 1915, GA163, Chance, nécessité et providence

( 5 ) - F. Husemann, Zur Frage der motorischen Nerven, 1921 (réimprimé dansÄrzte Rundbrief Nr.9/10, p.15-20, février/mars 1948)

( 6 ) - G. Kienle in : Nouvelles du travail anthroposophique enAllemagne, Pâques 1983
( 7 ). La collusion évidente ne pouvait plus compter sur l'accord de Kienle,qui à l'époque a remis en question ses propres méthodes de travail antérieures et a exclu toute participation au projet de livre, auplus tard à partir de 1982.

( 8 ) - J. W. Rohen, Anatomie topographique, Schattauer Verlag 2008

( 9 ) - J. W. Rohen, Une anthropologie fonctionnelle et spirituelle, Maison d'édition Urachhaus, 2009
( 10 ) - Esquisses d'une christologie de la science de l'esprit, Éditeur auGoetheanum 1999, p.225

( 11 ) - Dornach, 5 janvier 1922, Réponse aux questions des enseignants, GA303, p. 340 s.
( 12 ) - K. Ballmer, lettre au pasteur Asmussen du 17 juin 1933,Fz.331001

( 13 ) - Manuscrit "Goethe en Allemagne",1949, Fz.075002