triarticulation

Institut pour une triarticulation sociale
(version française du site allemand)
Conditions d'utilisation.

Accueil

 

Deutsch EnglishDutchSkandinaviskFrançais ItalianoEspañolPortuguês (Brasileiro)Russisch
Recherche
 Contact   BLOG  Impressum 

Collection: 04 - LA VIE ECONOMIQUE ASSOCIATIVE
Sujet: Vie de l'économie associative peut estimer la fécondité de la vie libre de l'esprit
 
Les références Rudolf Steiner Oeuvres complètes GA340 083-085 (1979) 29/07/1922
Traducteur: Editeur: EAR

 

06021 - Il importe de voir que nous sommes devant le fait que la vie spirituelle libre jaillit avec une certaine nécessité du fait même de l'intervention de l'esprit dans la vie économique. Et cette vie libre de l'esprit — je l'ai dit tout à l'heure — conduit, considérant le passé, à la présence de purs consommateurs. Mais qu'en est-il de cette vie libre de l'esprit considérant l'avenir ? Eh bien ! elle peut être indirectement productive, mais alors extrêmement productive. Imaginez par exemple que cette vie spirituelle puisse être libérée réellement au sein de l'organisme social, de telle sorte qu'elle permette partout l'épanouissement effectif des capacités ; elle serait en mesure d'exercer une influence d'une extraordinaire fécondité sur la part de vie spirituelle semi-libre, celle qui s'applique à la production matérielle. Considérée de cette façon, la vie spirituelle acquiert tout à fait sa place parmi les éléments économiques.

À considérer la vie sans préjugé, on pourra se dire qu'il n'est pas indifférent que les hommes qui agissent dans la vie spirituelle libre, dans un domaine quelconque, soient écartés — en raison peut-être du fait qu'ils ne peuvent plus vivre, n'étant pas rémunérés, seuls l'étant ceux qui participent à l'exécution des opérations matérielles de productions — ou qu'ils puissent vraiment exister au sein de l'organisme social des hommes capables de développer une libre activité spirituelle. Ces hommes actifs dans la libre vie spirituelle disposent de la faculté de libérer chez les autres leur spiritualité, en leur donnant une pensée plus mobile et en les rendant plus aptes à intervenir dans les processus matériels. Or, il s'agit d'êtres humains. Ne réfutez pas ce que je vous dis maintenant, en citant l'exemple de l'Italie où il y a vraiment beaucoup de vie spirituelle libre sans que pour autant les processus économiques, issus de la vie spirituelle, n'en aient été particulièrement stimulés. Oui, il s'agit bien d'une vie libre de l'esprit, mais elle provient du passé, des monuments, des musées, etc. Or, celle-ci reste sans influence aucune. L'influence provient de ce qui vit, c'est-à-dire de ce qui émane des hommes dont la libre activité spirituelle agit favorablement sur les facultés de ceux qui réalisent la production. C'est cela qui agit sur l'avenir comme un élément de production économique. On peut affirmer qu'il est tout à fait possible d'améliorer la santé du processus économique en donnant leur champ d'action aux travailleurs libres de l'esprit, en permettant qu'existe un tel champ.

Admettez que vous ayez une vie associative saine dans une communauté sociale. Il relève de l'activité de cette association de régler le processus de production en répartissant judicieusement la main-d'œuvre au sein d'une branche d'activité. Voilà ce dont il s'agit, négocier avec les hommes de manière vivante, et laisser surgir tout l'ordre social à partir du discernement qui naît au sein des associations. Et si, un jour les associations commencent à comprendre quelque chose à l'influence de la libre vie de l'esprit sur les processus économiques, alors elles disposeront d'un bon moyen, que j'ai déjà indiqué dans Éléments fondamentaux pour la solution du problème social, de régulariser le circuit économique. Ces associations s'apercevront en effet que, si le libre travail de l'esprit régresse, la cause résidera dans le trop faible volume des donations. Elles établiront la relation entre la cause et l'effet, entre la faiblesse des donations et le ralentissement des prestations de la vie spirituelle libre. En cas de rareté du travail spirituel libre, on s'apercevra de la faiblesse des donations. On remarquera que le travail spirituel libre recule par manque de donations.

Il y a une très bonne occasion de porter le taux d'intérêt des biens-fonds à cent pour cent en remettant l'essentiel de la propriété foncière, sous forme de don libre, aux producteurs spirituels. Là réside une possibilité de mettre la question foncière en relation directe avec ce qui agira le plus fortement dans l'avenir, en d'autres termes : verser le capital en mal d'emploi, celui qui tend à s'investir dans des hypothèques, vers des institutions spirituelles libres. Voilà le côté pratique de la question. Laissez aux associations le soin de trouver, à l'argent qui a tendance à s'investir dans des hypothèques, un chemin vers les institutions spirituelles libres ! Voilà comment cela doit se passer dans la pratique. Laissez les associations s'occuper de diriger l'argent, qui tend à s'investir dans les hypothèques, vers les institutions spirituelles libres ! Voilà le lien entre la vie associative et la vie en général. Vous voyez, par cet exemple, qu'il suffit d'essayer de pénétrer dans les réalités de la vie économique pour découvrir ce qu'il y a lieu de faire de ses différents éléments. Je ne veux pas faire de polémique et dire de faire ceci ou cela, je ne désire qu'attirer l'attention sur ce qui se passe en réalité. Et il en est ainsi : ce que nous ne pourrons jamais obtenir par la législation, écarter le capital excédentaire de la nature, pourra être atteint par l'intermédiaire des associations, lorsqu'elles dirigeront le capital en excès vers les institutions spirituelles libres. Je ne peux dire que ceci : une chose en entraîne une autre, et la science permet de connaître les conditions qui les relient.